Si tu accepte d'être dominé par les personnes qui ont l'anglais (ou plutot « l'américain », car lorsque deux mots diffèrent dans chacune des deux langues, c'est plutot la version américaine qui domine) comme langue maternelle, alors oui, c'est une excellente idée de prendre des mots anglais dans tous les sens (surtout comme ici, ou le terme « ingéniérie inverse » ou « ingéniérie à rebours » et connu et non ambigu).
Un anglais natif comprendra toujours mieux l'anglais qu'une personne ayant passé 10 ans à l'école à l'apprendre, quand bien même il aurait effectué des séjours en immersion, qui de plus impliquent une selection par l'argent importante.
Accepter cette domination de la langue anglaise, c'est accepter à terme une domination technologique de la part des anglophones. La recherche et l'industrie se basant sur l'état de l'art, si ce dernier est en anglais, son accès et sa compréhension sont grandement facilités pour les anglophones natifs par rapport à quelqu'un ayant appri l'anglais scolairement et tentant de maintenir un niveau sur le tas. Ainsi, il est navrant de voir la recherche non anglophone publier des articles en anglais : c'est garantir un accès facile à toute cette litérature aux anglophones, et un accès tout de même non aisé aux personnes du même pays, qui parlent la même langue (et qui ont surement financé la recherche par leurs impots !). Certes, cela permet d'être compris internationalement...
Certains pourraient se réjouir de voir l'émergence d'une langue internationale comme l'anglais : c'est sur, si on continue comme ça, afin de ne pas laisser les prochaines générations complètement largués, on aurait plutot interet à les faire parler anglais dès le berceau (c'est d'ailleurs ce qui se fait déja il me semble en Corée du Sud, pays largement dominé par la culture des USA). Mais «l'exemple du latin est, sous ce point de vue, décisif. Porteur à la fois d'une culture littéraire et scientifique dominante, et langue d'un pouvoir politique à son tour dominant, le latin a détruit in radice [jusqu'à leurs racines] toutes les langues et cultures de l'Europe antique, de la péninsule Ibérique jusqu'à la Dacie, y compris la langue et la culture d'un peuple aussi civilisé et développé que le peuple étrusque. L'anglais, le français, l'espagnol, le portugais ont eu le même effet destructeur dans les deux Amériques. Il est donc certain que l'anglais produira, qu'on le veuille ou non, les mêmes. résultats. Faut-il les accepter et se résigner à la disparition a terme de toutes les autres langues et ways of life [modes de vie]? » [1]
C'est pour cette raison qu'il est indispensable de promouvoir l'utilisation des langues nationales, et utiliser comme langue internationale une langue neutre (ne donnant aucun avantage à un groupe de locuteurs) et facile. Facile, l'anglais ? « Une langue au 283 verbes irréguliers, aux groupes de consonnes difficiles à articuler, aux lettres changeant de prononciation suivant le contexte, une langue à l'accès laborieux, qui ne brille ni par la clarté, ni par la simplicité, ni par la logique. Un nid d'ambiguïté. » On veut nous faire croire à cette facilité, alors que « dans les pays de langue d'origine latine, les rudiments de la lecture sont assimilés en une année alors qu'il en faut deux et demi à un petit britannique pour atteindre le même niveau et ce sont les pays anglo-saxons qui ont le plus grand nombre de dyslexiques. C'est cette langue que l'on veut nous imposer comme langue de communication ? » [2].
Et c'est pourquoi l'utilisation d'un langue comme l'Espéranto[3] est urgente en tant que langue internationale, et c'est réellement avec déception que l'on assiste, au sein de l'Union Européenne, à un consensus quasi général pour que l'UE se laisse berner par cette solution de "facilité" qu'est l'anglais. Elle considère l'usage de l'Espéranto en tant que langue de travail avec dédain[4], malgré les imenses bénéfices et économies qu'elle pourrait apporter. L'UNSECO a recommandé, par deux fois en 1954 et en 1985 (à l'occasion du centième anniversaire de la langue), l'usage de l'Esperanto et noté des déclarations d'intentions de la part de certains états membres afin de développer l'apprentissage de cette langue.
Pour terminer, j'ai du mal à compendre ce manque d'interêt pour l'Espéranto au sein de la communauté du logiciel libre, qui, à mon avis est particulièrement bien placée pour comprendre les raisons d'en promouvoir l'utilisation.
[^] # Re: Efficace !
Posté par icyfemur . En réponse à la dépêche Support des webcams Philips: pilotes en GPL. Évalué à 8.
Un anglais natif comprendra toujours mieux l'anglais qu'une personne ayant passé 10 ans à l'école à l'apprendre, quand bien même il aurait effectué des séjours en immersion, qui de plus impliquent une selection par l'argent importante.
Accepter cette domination de la langue anglaise, c'est accepter à terme une domination technologique de la part des anglophones. La recherche et l'industrie se basant sur l'état de l'art, si ce dernier est en anglais, son accès et sa compréhension sont grandement facilités pour les anglophones natifs par rapport à quelqu'un ayant appri l'anglais scolairement et tentant de maintenir un niveau sur le tas. Ainsi, il est navrant de voir la recherche non anglophone publier des articles en anglais : c'est garantir un accès facile à toute cette litérature aux anglophones, et un accès tout de même non aisé aux personnes du même pays, qui parlent la même langue (et qui ont surement financé la recherche par leurs impots !). Certes, cela permet d'être compris internationalement...
Certains pourraient se réjouir de voir l'émergence d'une langue internationale comme l'anglais : c'est sur, si on continue comme ça, afin de ne pas laisser les prochaines générations complètement largués, on aurait plutot interet à les faire parler anglais dès le berceau (c'est d'ailleurs ce qui se fait déja il me semble en Corée du Sud, pays largement dominé par la culture des USA). Mais «l'exemple du latin est, sous ce point de vue, décisif. Porteur à la fois d'une culture littéraire et scientifique dominante, et langue d'un pouvoir politique à son tour dominant, le latin a détruit in radice [jusqu'à leurs racines] toutes les langues et cultures de l'Europe antique, de la péninsule Ibérique jusqu'à la Dacie, y compris la langue et la culture d'un peuple aussi civilisé et développé que le peuple étrusque. L'anglais, le français, l'espagnol, le portugais ont eu le même effet destructeur dans les deux Amériques. Il est donc certain que l'anglais produira, qu'on le veuille ou non, les mêmes. résultats. Faut-il les accepter et se résigner à la disparition a terme de toutes les autres langues et ways of life [modes de vie]? » [1]
C'est pour cette raison qu'il est indispensable de promouvoir l'utilisation des langues nationales, et utiliser comme langue internationale une langue neutre (ne donnant aucun avantage à un groupe de locuteurs) et facile. Facile, l'anglais ? « Une langue au 283 verbes irréguliers, aux groupes de consonnes difficiles à articuler, aux lettres changeant de prononciation suivant le contexte, une langue à l'accès laborieux, qui ne brille ni par la clarté, ni par la simplicité, ni par la logique. Un nid d'ambiguïté. » On veut nous faire croire à cette facilité, alors que « dans les pays de langue d'origine latine, les rudiments de la lecture sont assimilés en une année alors qu'il en faut deux et demi à un petit britannique pour atteindre le même niveau et ce sont les pays anglo-saxons qui ont le plus grand nombre de dyslexiques. C'est cette langue que l'on veut nous imposer comme langue de communication ? » [2].
Et c'est pourquoi l'utilisation d'un langue comme l'Espéranto[3] est urgente en tant que langue internationale, et c'est réellement avec déception que l'on assiste, au sein de l'Union Européenne, à un consensus quasi général pour que l'UE se laisse berner par cette solution de "facilité" qu'est l'anglais. Elle considère l'usage de l'Espéranto en tant que langue de travail avec dédain[4], malgré les imenses bénéfices et économies qu'elle pourrait apporter. L'UNSECO a recommandé, par deux fois en 1954 et en 1985 (à l'occasion du centième anniversaire de la langue), l'usage de l'Esperanto et noté des déclarations d'intentions de la part de certains états membres afin de développer l'apprentissage de cette langue.
Pour terminer, j'ai du mal à compendre ce manque d'interêt pour l'Espéranto au sein de la communauté du logiciel libre, qui, à mon avis est particulièrement bien placée pour comprendre les raisons d'en promouvoir l'utilisation.
[1] http://perso.wanadoo.fr/enotero/chitibat.htm(...)
[2] http://collard.pierre.free.fr/(...)
[3] http://tribunelibre.org/2004/07/01/319.html(...)
[4] http://bertin.ifrance.com/bertin/uepos.htm(...)
[5] http://fetesperanto.lautre.net/article.php3?id_article=65(...)
PS : Désolé, je me suis un peu emballé, le post est (un peu) long !