• [^] # Re: Lisez-bien...

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Le brevet de Microsoft sur le double-clic sur PDA est accepté !. Évalué à 2.

    > Tu ne fais pas la différence entre une idée, un cahier des charges, voire un
    > algorithme, et un procédé matériel, un plan détaillé ?

    Un procédé n'est jamais matériel. Un procédé c'est une notion abstraite. Un algorithme *est* un procédé. C'est même uniquement ça.
    Quand à un procédé il n'est jamais "créé", il est tout au plus découvert (ce qui est la définition réelle d'une invention). La seule chose qui démarque l'inventeur c'est d'avoir été le premier à avoir eu l'idée de procéder ainsi.

    > Regarde les définitions, que veux-tu que je te dise, je ne vais pas le faire pour
    > toi...

    en gros "mais si c'est différent, c'est tellement évident que non je ne vais pas l'expliquer". Ça me fait penser aux enfants avec le "mais si je le sais mais je ne vais pas te le dire" quand on leur pose une question qui leur pose problème. Si tu fais une différence avec des critère concret vas y , expliques, moi je ne demande qu'à comprendre. Mais dire "vas voir ailleurs" en prenant de haut ça n'aide rien, et ça ne crédibilise en rien ton opinion.

    > mais pas l'idée, l'objectif

    La modification prévue pour les brevets et les logiciels, ou l'exception actuelle, ne changent *en rien* le fait que ce soit un procédé qui soit prevetable et pas un objectif.
    Il y a là deux choses :
    - les opposants anti-brevets qui ne savent pas de quoi ils parlent, et se basent sur l'"abstract" du brevet en croyant que c'est cette déclaration seule fait foi
    - le fait que certains brevets complètement foireux passent (logiciels ou non d'ailleurs), mais ils passent déjà en dehors de la législation et même avec ce changement de règles ils resteront en dehors de la législation.

    > Le code source est le plan, le procédé. Le copyright le protège déjà.

    Le code source est en même temps bien plus et bien mieux que ça. Le code source c'est donner non seulement le procédé mais en plus la manière dont on le met en application (pour faire une analogie foireuse avec la cuisine, dans le procédé on te donne les composant et la manière de les intégrer et cuisiner, dans le code source on te dit aussi que le chef a un tablier vert pomme et que là il a mis 37 secondes 6 dixièmes pour tourner la sauce). Le copyright protège la mise une mise application spécifique du procédé, pas le procédé lui-même.
    Je ne cherche là même pas à savoir s'il est bien ou pas de protéger le procédé (je serai plutot contre les brevets dans leur ensemble, logiciels ou pas) mais non, le copyright n'a pas le même champ d'application que le brevet.

    > C'est comme si un brevet sur un procédé utilisé dans un moteur de
    > voiture interdisait à tous les autres constructeurs de voiture d'utiliser un
    > moteur (même un moteur sans le moindre rapport avec celui breveté).

    Le copyright c'est comme si tu avais le droit de reprendre tout le principe d'injection et de combustion breveté mais pas avec les mêmes couleurs ou avec la même forme / enrobage.

    Notes d'ailleurs que le premier à avoir fait un moteur à explosion aurait très bien pu le breveter dans son ensemble. Si actuellement on ne peut breveter que des sous ensembles ou des choses spécifiques c'est que le moteur en lui même n'est plus innovant (ce qu'il était au départ).

    > Le copyright apporte ce que les brevets apportent ailleurs

    Je ne pense pas, ce qui est protégé n'est pas la même chose. Les industriels non plus d'ailleurs, sinon ils ne feraient pas de brevets.

    > Les brevets logiciels vont contre l'innovation, et ne servent que les plus
    > riches, ceux qui peuvent se payer une batterie d'avocats.

    On est d'accord sur cette constation. D'ailleurs je n'ai pas assez de connaissances sur les autres industries mais je me demande sérieusement si le concept de brevet lui même est encore adapté à notre époque. Maintenant ça ne remet pas en cause mes interrogations et mes réflexions. Le problème majeur ici est que d'un coté les offices laissent passer n'importe quoi sans qu'il y ai réellement d'innovation ou de technicité, et que d'un autre coté l'historique fait que les brevets servent plus d'échange ou de moyen d'oppression plus que l'innovation. Mais ça à priori je ne vois pas en quoi ça découle du fait que ce soit logiciel ou pas. C'est à mon avis purement historique et lié à des manques de compétences ou vérification des offices dans le milieu informatique.

    > Breveter un logiciel, c'est aussi breveter un algorithme

    En quoi un algorithme est différent d'un procédé chimique ? Il s'agit dans les deux cas de décrire un plan d'action inventif et technique pour obtenir quelque chose d'utile. Je ne vois aucun critère vraiment important qui me permet de différencier les deux.

    > c'est se présenter comme prédateur dans la société, pas comme participant

    C'est bien ce qui me fait dire que le problème dans "brevet logiciel" c'est plus "brevet" que "logiciel". Le concept même de brevet est de réserver le monopole d'une façon de faire à quelqu'un, donc de réduire la diffusion d'une connaissance à court et moyen terme pour en assurer la divulgation à long terme. Et dans une société qui communique énormément je ne sais pas si le concept de brevet est encore nécessaire à cette divulgation sur le long terme.