• [^] # Re: Public visé

    Posté par . En réponse au journal Non, Netanyahou, la BD "Panique à Londres" n'est pas un documentaire sur l'érection de la République Islamique de Grande-Bretagne 🙄. Évalué à 4 (+3/-2).

    Netanyahu, c'est le Trump d'Israël, en un peu moins con.

    J'ai l'impression que le problème de la lutte contre les stratégies Trumpistes, c'est bien qu'on n'arrive jamais à déterminer le niveau d'inception dans la connerie : est-ce que c'est un con premier degré, est-ce que c'est quelqu'un d'intelligent qui n'a aucune moralité et qui utilise une telle communication de manière cynique, est-ce que c'est un semi-con qui se croit intelligent et qui pense utiliser la stratégie précédente sans être assez malin pour se rendre compte qu'il se ridiculise... Pour moi ce niveau 3 est mon hypothèse préférée pour Trump, auquel cas ça serait un simple con qui n'a aucune limite morale, ce qui lui permet d'oser passer pour un méga-con et donc d'outrepasser toutes les règles de bienséance de ceux qui ne peuvent décemment pas aller jusque là. Mais pour Netanyahu, c'est peut-être juste du niveau 2, il est dans la maitrise.

    Ce genre de déclarations [...] ne nous sont pas destinées.

    Ça, ça n'est pas très original. C'est le propre du discours politique de calibrer les prises de position, la rhétorique, les arguments, en fonction du public visé. Tu ne t'adresse pas à tes militants de la même manière qu'à un public à conquérir, à des députés de l'opposition, à un journaliste, ou à des chefs d'État étrangers... Et c'est même parfaitement accepté par les militants, ça fait partie du jeu. Ils comprennent très bien que le discours de leur candidat préféré à la télé va "moins loin" que ce qui est raconté en interne, mais c'est le jeu pour attirer les électeurs. Même les outrances ou les débilités sont assumées, "c'est pour la com", "il faut savoir faire en sorte qu'on parle de lui", "les autres disent aussi des trucs faux". D'ailleurs, il y a un cas marrant, c'est quand tout le monde sait que c'est faux : le gars qui a pondu les éléments de langage sait que c'est du pipeau, celui qui lit le discours aussi, les militants qui l'écoutent savent que c'est "pour la com", les journalistes savent que c'est du flan, les gens qui écoutent et ne sont pas d'accord savent que c'est faux, et ceux qui sont d'accord savent que c'est probablement faux mais que c'est ce qu'ils ont envie d'entendre. Une sorte d'énorme duplicité collective, quoi : l'importance c'est que ça soit dit, pas que quelqu'un croie que c'est vrai. Par exemple, un ex-président qui a commencé en avance l'écriture de son tome 2 de "Ma vie à la Santé", et qui raconte partout qu'il est innocent. Est-ce qu'il existe une seule personne qui le croit innocent? (y compris lui-même et ses avocats?). Vu sa stratégie, il doit le dire, même si tout le monde sait que c'est faux.