Oui, il y a de plus en plus de modélisation, y compris avec une approche systémique en économie, mais comme je l'avouais aussi dans mon poste initial, c'est très compliqué d'y voir clair, car il n'y a pas non plus de consensus en économie. il y a des tas d'écoles différentes, l'école classique, dites orthodoxe ou mainstream, les autres qui se retrouvent chez les hétérodoxes, ou dans l'éconophysique, et j'en passe. Et même au delà de ces problèmes de chapelles et donc d'approche y compris méthodologique, il y a toujours une trés forte influence des idéologies politiques sur ce domaine de la connaissance.
Ce qui a pour conséquence directe que l'on ne peut pas vraiment appuyer son argumentation quand on discute économie comme on le ferait en science physique sur un socle solide.
Et à propos de modèle, si on prend celui qui nous intéresserait dans le cadre de notre discussion, on irait chercher celui de Nordhaus qui est censé modéliser l'impact du changement climatique sur le PIB. Le modèle DICE pour lequel il a eu le prix de la banque de suède 2018 (l'équivalent du Nobel).
Ce modèle est loin d'être satisfaisant selon de nombreux autres économistes et il a été très critiqué, en particulier par Steve Keen. Alain Grandjean a publié une traduction de cette critique sur son blog : Le prix Nobel de Nordhaus n’est pas menacé : notre monde, lui, l’est.
Ce modèle estime par exemple que la température moyenne n’aura augmenté de 4°C qu’en 2140, l’érosion du PIB sur la période ne serait qu’un négligeable 0,03% par an. Ce n'est pas du tout compatible avec les modélisations climatologique. Un monde à +4°c n'a simplement plus rien avoir avec le monde dans lequel on vit et même la banque mondiale n'arrive pas à se projeter dans un monde à +4°c
Mais l'on peut reconnaitre a Nordhaus, d'avoir esquissé une approche un peu plus systémique de la modélisation économique. Depuis, il y a eu d'autres modèles, l'actualité est toujours assez difficile à suivre dans ce domaine, surtout quand on en est pas expert, mais recement un jeune économiste a été primé pour ces travaux sur l'impact du climat Adrien Bilal et il est beaucoup plus pessimiste que Nordhaus sur l'impact du réchauffement climatique sur l'économie mondiale. (c'est de l'ordre de -50% de PIB à horizon 2100 selon lui)
Le FMI a aussi récemment publié une étude qui a une approche systémique assez marquée :
Mais comme je le disais initialement, on trouvera toujours des économistes pour nous dire ce que l'on a envie d'entendre, chiffres et modèles à l'appui, et c'est bien ça encore et toujours le problème en économie.
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.
[^] # Re: Pensée systémique.
Posté par Big Pete . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 4 (+3/-1).
Je répond juste sur la modélisation en économie.
Oui, il y a de plus en plus de modélisation, y compris avec une approche systémique en économie, mais comme je l'avouais aussi dans mon poste initial, c'est très compliqué d'y voir clair, car il n'y a pas non plus de consensus en économie. il y a des tas d'écoles différentes, l'école classique, dites orthodoxe ou mainstream, les autres qui se retrouvent chez les hétérodoxes, ou dans l'éconophysique, et j'en passe. Et même au delà de ces problèmes de chapelles et donc d'approche y compris méthodologique, il y a toujours une trés forte influence des idéologies politiques sur ce domaine de la connaissance.
Ce qui a pour conséquence directe que l'on ne peut pas vraiment appuyer son argumentation quand on discute économie comme on le ferait en science physique sur un socle solide.
Et à propos de modèle, si on prend celui qui nous intéresserait dans le cadre de notre discussion, on irait chercher celui de Nordhaus qui est censé modéliser l'impact du changement climatique sur le PIB. Le modèle DICE pour lequel il a eu le prix de la banque de suède 2018 (l'équivalent du Nobel).
Ce modèle est loin d'être satisfaisant selon de nombreux autres économistes et il a été très critiqué, en particulier par Steve Keen. Alain Grandjean a publié une traduction de cette critique sur son blog : Le prix Nobel de Nordhaus n’est pas menacé : notre monde, lui, l’est.
Ce modèle estime par exemple que la température moyenne n’aura augmenté de 4°C qu’en 2140, l’érosion du PIB sur la période ne serait qu’un négligeable 0,03% par an. Ce n'est pas du tout compatible avec les modélisations climatologique. Un monde à +4°c n'a simplement plus rien avoir avec le monde dans lequel on vit et même la banque mondiale n'arrive pas à se projeter dans un monde à +4°c
Mais l'on peut reconnaitre a Nordhaus, d'avoir esquissé une approche un peu plus systémique de la modélisation économique. Depuis, il y a eu d'autres modèles, l'actualité est toujours assez difficile à suivre dans ce domaine, surtout quand on en est pas expert, mais recement un jeune économiste a été primé pour ces travaux sur l'impact du climat Adrien Bilal et il est beaucoup plus pessimiste que Nordhaus sur l'impact du réchauffement climatique sur l'économie mondiale. (c'est de l'ordre de -50% de PIB à horizon 2100 selon lui)
Le FMI a aussi récemment publié une étude qui a une approche systémique assez marquée :
Embedded in Nature: Nature Related Economic and Financial Risks and Policy Considerations
Mais comme je le disais initialement, on trouvera toujours des économistes pour nous dire ce que l'on a envie d'entendre, chiffres et modèles à l'appui, et c'est bien ça encore et toujours le problème en économie.
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.