Un exemple, peut-être : le protocole de Montréal, qui a conduit à éliminer en grande partie l’émission atmosphérique de de chlorofluorocarbures.
A-t-on attendu, pour agir face aux enjeux et à leur urgence, que les citoyens s’en emparent et décident de modifier leurs équipements, leurs pratiques ? Non, bien sûr. C’est au niveau des états et entre les états que, sous l’impulsion des constats scientifiques, et contre les industriels producteurs, l’action collective a été concertée et organisée. Heureusement.
Les enjeux et l’urgence d’aujourd’hui sont incommensurablement plus grands.
Et pourtant il y a selon moi des différences fondamentaux pour montrer que le protocole de Montréal, s'il montre un espoir possible, n'est pas applicable aujourd'hui.
Le problème de la couche d'ozone était essentiellement technique. Des gaz de réfrigération étaient néfastes, on a trouvé des alternatives moins néfastes, on a décrété une interdiction globale des anciens gaz.
Les différences avec le réchauffement climatique sont :
Le problème n'était pas systémique, seules quelques applications étaient un problème ;
Pour le citoyen moyen la différence avant / après est nulle, les usages problématiques pouvaient continuer sans adaptation car on a trouvé une solution purement technique (avec une mise en oeuvre politique) ;
L'impact économique était par ailleurs faible, pas besoin d'investissements colossaux, pas d'industries de pays entiers qui dépendent des gaz problématiques, pas des grands producteurs à mettre au ban, etc.
Bref, le cas parfait où un parlement et des réunions étatiques peuvent gérer le problème sans trop de difficultés avec succès. C'est chouette, mais on sent bien que reproduire le même scénario pour le réchauffement climatique n'a rien d'évident.
Il doit être possible d’avoir une action politique de planification de moyen terme, de légiférer sur la fiscalité, de réguler les échanges internationaux, de nationaliser, même (soyouns fous), de manière démocratique, c’est à dire en rendant des comptes.
Ce que tu proposes, c’est de confier au marché (la demande, et la réponse de l’offre) le soin gérer la catastrophe1. Comme si le marché se souciait d’intérêt général : ça ne marchera pas. Une catastrophique perte de temps.
Tu vois que tu n'as finalement pas compris mon propos finalement.
Pour que la planification de long terme fonctionne il faut une adhésion citoyenne à minima. Les gens ne vont pas voter pour des candidats qui sont favorables à une telle politique s'ils ne sont pas un minimum d'accord avec. Il faut donc que le citoyen considère que l'enjeu soit important pour exiger une action politique et que ce dernier rende des comptes à ce propos. Sans cela, tu ne l'auras pas.
D'où le fait que je plaide que cela vienne d'en bas, du citoyen et non de l'État qui l'impose au citoyen (dans le sens majorité suffisante, évidemment). Je ne vois vraiment pas comment tu pourrais faire sans.
Cela n'a rien à voir avec le marché. Mais pour que le marché soit régulé, faut aussi une adhésion citoyenne minimale. Si tout le monde est convaincu que le marché doit tout réguler comme c'est le cas dans certains pays, la réglementation sera faible ou inexistante. La régulation n'arrive que s'il y a un minima de consensus au sein de la population.
Et pour cela il faut éduquer le citoyen et l'inciter aussi à agir de son côté. Car c'est également un peu aberrant de prôner une transition écologique drastique urgente quand dans le même temps tu n'actives aucun levier à ta disposition pour ceux qui en ont.
[^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 4 (+1/-0).
Et pourtant il y a selon moi des différences fondamentaux pour montrer que le protocole de Montréal, s'il montre un espoir possible, n'est pas applicable aujourd'hui.
Le problème de la couche d'ozone était essentiellement technique. Des gaz de réfrigération étaient néfastes, on a trouvé des alternatives moins néfastes, on a décrété une interdiction globale des anciens gaz.
Les différences avec le réchauffement climatique sont :
Bref, le cas parfait où un parlement et des réunions étatiques peuvent gérer le problème sans trop de difficultés avec succès. C'est chouette, mais on sent bien que reproduire le même scénario pour le réchauffement climatique n'a rien d'évident.
Tu vois que tu n'as finalement pas compris mon propos finalement.
Pour que la planification de long terme fonctionne il faut une adhésion citoyenne à minima. Les gens ne vont pas voter pour des candidats qui sont favorables à une telle politique s'ils ne sont pas un minimum d'accord avec. Il faut donc que le citoyen considère que l'enjeu soit important pour exiger une action politique et que ce dernier rende des comptes à ce propos. Sans cela, tu ne l'auras pas.
D'où le fait que je plaide que cela vienne d'en bas, du citoyen et non de l'État qui l'impose au citoyen (dans le sens majorité suffisante, évidemment). Je ne vois vraiment pas comment tu pourrais faire sans.
Cela n'a rien à voir avec le marché. Mais pour que le marché soit régulé, faut aussi une adhésion citoyenne minimale. Si tout le monde est convaincu que le marché doit tout réguler comme c'est le cas dans certains pays, la réglementation sera faible ou inexistante. La régulation n'arrive que s'il y a un minima de consensus au sein de la population.
Et pour cela il faut éduquer le citoyen et l'inciter aussi à agir de son côté. Car c'est également un peu aberrant de prôner une transition écologique drastique urgente quand dans le même temps tu n'actives aucun levier à ta disposition pour ceux qui en ont.