• [^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 4 (+1/-0).

    Chaque gramme de carbone extrait aujourd’hui de la croûte terrestre restera sous forme de dioxyde dans l’atmosphère pendant des centaines d’années. Il y a une réelle incapacité, dans beaucoup de discours ambiants, à saisir la dynamique réelle, patente, des changements en cours : nous n’avons plus, parmi les options possibles, celle de changer « doucement » de modèle.

    Je pense que c'est une question de point de vue derrière ces mots. Ici je m'oppose au discours de ploum qui parle d'un changement réellement abrupt, bien plus sévère qu'une crise type COVID en fait. Donc à côté une transition telles que préconisées pour une trajectoire 2°C d'ici la fin du siècle paraît "douce" même si dans le fond ce n'est pas non plus si doux que ça.

    Ça reste bien plus doux d'investir pour se passer progressivement du carbone et faire des projets sur 20-25 ans que de tout stopper sur une fenêtre bien plus courte en tapant uniquement sur la production.

    Parmi celles-ci, tu persistes à en passer une sous silence : le fait que des forces puissantes et extrêmement concentrées aient un colossal intérêt à ce que rien ne change, parce qu’elles s’enrichissent s’empiffrent aujourd’hui massivement sur la catastrophe à venir en cours, qu’elles sont, comme le disait en 2017 Bruno Latour, parfaitement convaincues qu’il n’y aura pas de futur pour tout le monde1, et qu’elles ont la bride sur le cou.

    Je ne nie pas ça non plus, mais une fois qu'on a dit ça, on fait quoi ? C'est ça la vraie question.
    Oui il y a du lobbying économique et politique autour du pétrole, quoiqu'on fasse il y en aura, ça ne disparaîtra pas par magie. La question est donc comment faire en sorte de décarboner nos sociétés malgré cela. Et à mesure qu'on décarbone par ailleurs, le lobbying pétrolier aura moins de force et ces entreprises devront se reconvertir ou disparaitront.

    On a beau tourner et retourner la question,sensibiliser le citoyen sur cet enjeu est une clé fondamentale :

    • Le citoyen européen moyen émet trop directement et indirectement, donc des changements dans sa vie sont à attendre et il doit souhaiter que la société suive ;
    • Les sociétés européennes sont globalement démocratiques (imparfaits mais tout de même), si les citoyens ignorent la question et les enjeux, les politiques ne changeront rien, les entreprises ne changeront rien, et rien ne changera ;
    • La France et l'UE montrent qu'en changeant côté consommation il y a moins d'importations sans introduire une interdiction soudaine de celles-ci.

    On est face à un problème systémique, la réponse sera systémique et impactera de fait tout le monde. Et donc commencer par agir sur ce qu'on a sous notre contrôle est une première étape et une étape essentielle. On ne peut pas espérer un changement spontanée du reste de la société si les citoyens n'en font pas une de leurs priorités.