• [^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 6 (+5/-0).

    il faut rénover des bâtiments, changer le système de chauffage [...], certains produits et services devront probablement disparaître.

    il est plus facile de réduire la consommation pour ensuite fermer progressivement les puits ou mines que de faire l'inverse.

    Cette dernière affirmation paraît très, très fragile.

    À moins d’être extrêmement naïf, on ne peut pas imaginer que les changements systémiques que tu appelles de tes vœux au dessus sont possibles tant que 1. la proximité des pouvoirs politiques avec l’industrie pétrolière restera aussi symbiotique1 , et 2. l’investissement dans l’extraction du carbone fossile restera si peu risqué.

    Nier que l’investissement crée ou, au moins, entretient activement la demande relève de la cécité.

    Les actionnaires des firmes pétrolières et les dirigeants qu’ils mandatent ne s’en cachent pas2 : leur business plan, c’est un monde très bientôt inhabitable pour des centaines de millions de personnes, dont beaucoup en mourront. Ils connaissent — depuis longtemps — les conséquences de leurs choix (mais ont toujours tout fait, comme de vulgaires cigarettiers, pour fabriquer le doute). Ils sont déterminés à en récolter les dividendes. Ils agiront en ce sens dans toute la mesure de leurs possibilités et, en particulier, pour que « la consommation » ne faiblisse pas.

    On pourrait donc, sans doute un peu trop facilement, retourner ta proposition : quand ces investissements deviendront suffisamment risqués, l’action sur la demande deviendra possible.


    1. Confer, par exemple, le financement des campagnes présidentielles états-uniennes et, subséquemment, la dérégulation agressive du pouvoir élu, résolument favorable à l’industrie extractive.

    2. « J’ai sous les yeux, je ne sais pas si on le publiera, notre scénario à nous. Il ne fait pas six degrés. Il ne fait pas deux degrés non plus parce qu’on ne peut pas être trop pragmatique. Il doit plutôt faire trois degrés, trois degrés et demi. » — Patrick Pouyanné, PDG de Total (devenu TotalEnergies en 2021), conférence « Géopolitique du climat », Sciences Po Paris, octobre 2015.]