Il y a quand même pas mal de choses dans le texte qui ne me semblent pas bon.
J’espère que cette explication cloue aussi définitivement le bec aux idées absurdes comme le fait que les cyclistes contribuent également au réchauffement climatique en respirant et en mangeant des côtelettes. Que vous mangiez un steak ou une salade de pois chiche, tout le carbone que vous consommez était encore dans l’atmosphère il y a quelques jours. Vous n’ajoutez aucun atome au système de la surface. Par contre, allumez la flamme d’un briquet et vous êtes littéralement en train d’envoyer dans l’atmosphère du carbone qui n’y était plus depuis des milliards d’années.
Sachant qu'une bonne part de l'agriculture dépend d'engrais qui proviennent notamment de gaz naturel fossile, c'est faux. Le fait aussi que l'agriculture a un impact sur l'affectation du sol et que certaines pratiques remettent du carbone du sol vers l'atmosphère enfonce le clou. C'est pourquoi réduire la consommation de viande a un impact sur les émissions : produire de la viande demande beaucoup de surface agricole et d'engrais pour nourrir les bêtes.
Alors bien sûr dans le contexte d'opposition cycliste / automobiliste la question de la bouffe du cycliste n'a pas vraiment d'importance, mais dire que le carbone de l'agriculture était dans l'atmosphère il y a quelques jours est juste faux.
Intuitivement, vous vous dites qu’il suffit de ne pas utiliser de briquet et de passer à une énergie dite « renouvelable », des joules propres produits sans carbone fossile. Qu’il faudrait consommer « intelligemment » pour savoir combien de grammes de CO2 ont été produits pour tel ou tel objet.
Mais c’est à la fois très compliqué à calculer et complètement inutile.
Compliqué à calculer, c'est vrai, même si on peut avoir des ordres de grandeur raisonnables. Dire que c'est inutile par contre c'est absurde, c'est par exemple cette évaluation qui permet de définir à partir de quand par exemple utiliser une voiture électrique émet moins sur son cycle de vie qu'une voiture thermique. De visualiser aussi l'impact de sa consommation, si tu achètes un produit ou un service qui se chiffre en tonnes équivalent CO2, on sent bien que l'impact sera important et qu'il faut réfléchir à son usage ou non.
Tout le pétrole, charbon et gaz déjà extrait sera consommé, quoi que vous fassiez. Une fois extrait, le carbone fait littéralement partie du système de la surface. À moins d’arriver à convaincre 100% des humains de ne plus utiliser de pétrole ou de charbon et de laisser intactes les réserves mondiales, ce dont je doute fort, il sera brûlé. Même si le pétrole devenait soudain beaucoup trop cher, il serait revendu à perte (vu que déjà extrait). Et il restera toujours un atout stratégique essentiel des armées, ce qui lui confère une valeur intrinsèque importante (le jet supersonique, le missile balistique et le char d’assaut sont difficilement imaginables en version électrique)
Je ne comprends pas l'argument, le stock mondial de fossile extrait est relativement faible, de l'ordre de quelques mois. Si 50% de l'Humanité réduit significativement sa consommation de produits qui en dépendent, l'impact sera visible très très rapidement. Et de fait aussi l'extraction future se réduira car ça ne sert à rien d'extraire si on n'arrive pas à l'écouler.
La seule mesure réaliste et efficace pour lutter contre le réchauffement climatique est d’arrêter l’extraction de carbone fossile. Point à la ligne. Tout le reste n’est que poudre aux yeux malhonnête ou confondante naïveté.
Et pour arrêter l'extraction, on peut s'attaquer à la consommation finale. Ce qui est d'ailleurs visible dans les sociétés qui se décarbonent : ils en importent moins.
Entendons-nous bien : toutes les mesures « écologiques » sont généralement positives et procurent bien des avantages (moins de particules fines, moins de pollution dans les océans ou les sols ...). Je les encourage fortement. Mais, quand on parle du réchauffement climatique, elles nous distraient de l’essentiel.
Personnellement, je ne pense pas. Car déjà la décarbonation sera un processus forcément long, il faut rénover des bâtiments, changer le système de chauffage, la mobilité, l'urbanisme, la manière de manger, certains produits et services devront probablement disparaître. Et ce à l'échelle de l'Humanité. On ne peut pas décréter de tout stopper d'un coup sans réfléchir à comment s'en passer d'abord et l'impact que cela aura sur la population.
C'est un peu aberrant de voir la question de la décarbonation uniquement sous le prisme de la production des hydrocarbures sans considérer la question de leur usage final. Les deux sont imbriqués, et il est plus facile de réduire la consommation pour ensuite fermer progressivement les puits ou mines que de faire l'inverse.
Prétendre que planter des arbres contrebalance l’extraction fossile est une escroquerie pure et simple, car, en pourrissant ou en brûlant, le carbone de l’arbre va bientôt revenir dans l’atmosphère
Ce n'est pas une solution miracle, mais stocker le carbone dans des arbres qui sont ensuite utilisés dans des objets ou des constructions qui durent des décennies ça a du sens. Bien plus que de ne pas en planter et de produire du béton et du plastique pour rendre le même service.
Il faut critiquer le solutionnisme à base de compensation carbone et de plantation des arbres, mais dire que planter des arbres ça ne sert absolument à rien ne semble pas correct non plus.
C’est également la raison pour laquelle les tentatives d’extraction industrielles du carbone de l’atmosphère sont vouées à l’échec. Il faudrait non seulement extraire plus de carbone qu’on en produit, mais aussi arriver à le fossiliser, à faire en sorte que celui-ci ne puisse plus jamais revenir dans l’atmosphère.
Ce qui est possible. La principale difficulté d'extraire le carbone de l'atmosphère n'est à priori pas le stockage sur le temps long, c'est que le CO2 est très diffus et demande beaucoup d'énergie ou de technologie pour être isolé de par sa nature chimique et la composition de l'air. D'où le fait que les projets se focalisent d'ailleurs pour essayer de récupérer ce CO2 en sortie de cheminée des usines émitrices où c'est plus concentré. Mais ça ne permet que de limiter les émissions futures et non réduire la quantité actuelle de l'atmosphère.
Il semble clair que ce n'est pas une technologie miracle mais ça peut avoir son intérêt dans quelques cas.
Il n’en reste pas moins que chaque litre de pétrole, chaque kilogramme de charbon extrait contribue au réchauffement climatique. Que les entreprises qui se livrent à cette activité sont criminelles, que leurs cadres devraient être traduits en justice pour tous les morts et toutes les catastrophes climatiques. Bref, pour crime contre l’humanité.
Les états devraient en prendre la mesure et interdire toute importation de produits issus de l’extraction du carbone fossile.
C’est la seule solution réelle si nous voulons efficacement ralentir puis stopper le réchauffement climatique. Il n’y a pas de demi-mesures possibles. Et, en plus, c’est techniquement assez simple. Il « suffirait » d’une résolution de l’ONU suivie d’un Nuremberg du climat.
Je n'ai aucune sympathie pour les entreprises pétrolières, ni les États pétroliers par ailleurs. Et je pense qu'il y aurait de quoi utiliser la justice à leur encontre car ils ne font pas des efforts suffisant sur ces questions, au contraire ils ont saboté plutôt les possibilités d'améliorer la situation. Je pense qu'il faut les condamner sur cette base, car ils savaient ce qu'ils faisaient.
Mais condamner pour une extraction actuelle du pétrole, et dire qu'il faudrait ne plus extraire dès demain le moindre litre de pétrole est absurde. Décarboner est un processus long, et on dépend du pétrole / gaz / charbon pour tellement de choses qu'un arrêt brutal tel qu'il le souhaite serait probablement bien plus mortifère que les solutions de transition élaborées entre autre par le GIEC et autres organismes.
# Je ne suis pas vraiment d'accord
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 10 (+18/-1).
Il y a quand même pas mal de choses dans le texte qui ne me semblent pas bon.
Sachant qu'une bonne part de l'agriculture dépend d'engrais qui proviennent notamment de gaz naturel fossile, c'est faux. Le fait aussi que l'agriculture a un impact sur l'affectation du sol et que certaines pratiques remettent du carbone du sol vers l'atmosphère enfonce le clou. C'est pourquoi réduire la consommation de viande a un impact sur les émissions : produire de la viande demande beaucoup de surface agricole et d'engrais pour nourrir les bêtes.
Alors bien sûr dans le contexte d'opposition cycliste / automobiliste la question de la bouffe du cycliste n'a pas vraiment d'importance, mais dire que le carbone de l'agriculture était dans l'atmosphère il y a quelques jours est juste faux.
Compliqué à calculer, c'est vrai, même si on peut avoir des ordres de grandeur raisonnables. Dire que c'est inutile par contre c'est absurde, c'est par exemple cette évaluation qui permet de définir à partir de quand par exemple utiliser une voiture électrique émet moins sur son cycle de vie qu'une voiture thermique. De visualiser aussi l'impact de sa consommation, si tu achètes un produit ou un service qui se chiffre en tonnes équivalent CO2, on sent bien que l'impact sera important et qu'il faut réfléchir à son usage ou non.
Je ne comprends pas l'argument, le stock mondial de fossile extrait est relativement faible, de l'ordre de quelques mois. Si 50% de l'Humanité réduit significativement sa consommation de produits qui en dépendent, l'impact sera visible très très rapidement. Et de fait aussi l'extraction future se réduira car ça ne sert à rien d'extraire si on n'arrive pas à l'écouler.
Et pour arrêter l'extraction, on peut s'attaquer à la consommation finale. Ce qui est d'ailleurs visible dans les sociétés qui se décarbonent : ils en importent moins.
Personnellement, je ne pense pas. Car déjà la décarbonation sera un processus forcément long, il faut rénover des bâtiments, changer le système de chauffage, la mobilité, l'urbanisme, la manière de manger, certains produits et services devront probablement disparaître. Et ce à l'échelle de l'Humanité. On ne peut pas décréter de tout stopper d'un coup sans réfléchir à comment s'en passer d'abord et l'impact que cela aura sur la population.
C'est un peu aberrant de voir la question de la décarbonation uniquement sous le prisme de la production des hydrocarbures sans considérer la question de leur usage final. Les deux sont imbriqués, et il est plus facile de réduire la consommation pour ensuite fermer progressivement les puits ou mines que de faire l'inverse.
Ce n'est pas une solution miracle, mais stocker le carbone dans des arbres qui sont ensuite utilisés dans des objets ou des constructions qui durent des décennies ça a du sens. Bien plus que de ne pas en planter et de produire du béton et du plastique pour rendre le même service.
Il faut critiquer le solutionnisme à base de compensation carbone et de plantation des arbres, mais dire que planter des arbres ça ne sert absolument à rien ne semble pas correct non plus.
Ce qui est possible. La principale difficulté d'extraire le carbone de l'atmosphère n'est à priori pas le stockage sur le temps long, c'est que le CO2 est très diffus et demande beaucoup d'énergie ou de technologie pour être isolé de par sa nature chimique et la composition de l'air. D'où le fait que les projets se focalisent d'ailleurs pour essayer de récupérer ce CO2 en sortie de cheminée des usines émitrices où c'est plus concentré. Mais ça ne permet que de limiter les émissions futures et non réduire la quantité actuelle de l'atmosphère.
Il semble clair que ce n'est pas une technologie miracle mais ça peut avoir son intérêt dans quelques cas.
Je n'ai aucune sympathie pour les entreprises pétrolières, ni les États pétroliers par ailleurs. Et je pense qu'il y aurait de quoi utiliser la justice à leur encontre car ils ne font pas des efforts suffisant sur ces questions, au contraire ils ont saboté plutôt les possibilités d'améliorer la situation. Je pense qu'il faut les condamner sur cette base, car ils savaient ce qu'ils faisaient.
Mais condamner pour une extraction actuelle du pétrole, et dire qu'il faudrait ne plus extraire dès demain le moindre litre de pétrole est absurde. Décarboner est un processus long, et on dépend du pétrole / gaz / charbon pour tellement de choses qu'un arrêt brutal tel qu'il le souhaite serait probablement bien plus mortifère que les solutions de transition élaborées entre autre par le GIEC et autres organismes.