Une autre façon d’envisager la question est de se dire que « le catholicisme » ou « l’islam », ça n’existe pas réellement (ce sont des notions qui n’ont pas de contours fixes, qui changent de sens en fonction de la personne qui parle et selon les contextes géographiques et historiques).
Ce qui existe en revanche incontestablement, ce sont des gens qui se revendiquent catholiques ou musulmans, et des gens qui pensent détenir la vraie définition du catholicisme et de l’islam, et qui sont parfois prêts à entrer en guerre (figurativement ou littéralement) pour défendre leurs définitions de ces notions, et qui disposent parfois de la puissance nécessaire pour mener ces guerres (il y a par exemple beaucoup à penser de la mondialisation du Wahabbisme, l’une des formes les plus littérales des interprétations du Coran, liés aux revenus du pétrole dans la péninsule arabique).
Quand arnaudus parle de « la nature même de l’Islam », ou relaie la vision de l’Islam d’évangélistes chrétiens par l’intermédiaire du site Institut pour les questions relatives à l’Islam, il communique sa vision particulière de l’Islam, finalement assez proche du wahabbisme par son littéralisme, qui ne ressemble pas à la vision de l’Islam de bon nombre de personnes vivant en France (tradition plutôt malikiste, du fait de l’émigration marocaine et algérienne, mais pas uniquement, et modulé en pratique par des traditions familiales particulières, et par des individus particuliers).
Plutôt que de chercher la vraie nature ou le vrai esprit du catholicisme ou de l’islam, qui n’existe probablement nulle part car toute interprétation peut toujours être réinterprétée, je crois qu’il serait plus intéressant de regarder concrètement comment se comportent les personnes qui se disent musulmanes ou catholiques, dans toute la variété possible de ces actes, et de regarder quels rôles jouent leur connaissance de textes religieux dans leurs actes (comment la connaissance d’un texte peut avoir une influence sur les gestes du quotidien, et sur la manière de se comporter avec les autres, c’est ça qui m’intéresse le plus pour ma part). Arnaudus disait ailleurs que pour un musulman le cherry-picking est impossible. En réalité, dans la fréquentation des textes religieux comme dans la lecture de n’importe quel texte, le cherry-picking est toujours possible à un certain degré : on ne s’attache pas tous aux mêmes parties du texte, on n’en connaît pas les mêmes parties par cœur, certaines parties du texte trouvent des résonances dans notre vie et d’autres pas, etc. Comme les interprétations, l’attention à certaines parties du texte plutôt qu’à d’autres dépend aussi des différentes traditions qui revendiquent l’usage de ces textes (il suffit pour s’en convaincre de voir à quels points les juifs et les chrétiens aiment en général citer des passages différents de l’ancien testament). Peut-être pourrais-tu demander aux musulmans autour de toi quels versets du Coran les aide à vivre au quotidien, ou les aide à bien se comporter ?
Les critiques de l’islam et du catholicisme eux-mêmes ont leurs passages préférés du coran et de la bible. Ce sont les passages qui présentent ces religions sont leurs jours les plus négatifs, comme on peut s’en douter. À ceux-là aussi j’aimerais demander quels textes les aide à essayer de devenir meilleur, puisque sans doute que cette question leur importe aussi.
[^] # Re: Modération
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au journal Rachat d'Electronic Arts finalisé. Évalué à 3 (+2/-0). Dernière modification le 10 août 2026 à 18:49.
Une autre façon d’envisager la question est de se dire que « le catholicisme » ou « l’islam », ça n’existe pas réellement (ce sont des notions qui n’ont pas de contours fixes, qui changent de sens en fonction de la personne qui parle et selon les contextes géographiques et historiques).
Ce qui existe en revanche incontestablement, ce sont des gens qui se revendiquent catholiques ou musulmans, et des gens qui pensent détenir la vraie définition du catholicisme et de l’islam, et qui sont parfois prêts à entrer en guerre (figurativement ou littéralement) pour défendre leurs définitions de ces notions, et qui disposent parfois de la puissance nécessaire pour mener ces guerres (il y a par exemple beaucoup à penser de la mondialisation du Wahabbisme, l’une des formes les plus littérales des interprétations du Coran, liés aux revenus du pétrole dans la péninsule arabique).
Quand arnaudus parle de « la nature même de l’Islam », ou relaie la vision de l’Islam d’évangélistes chrétiens par l’intermédiaire du site Institut pour les questions relatives à l’Islam, il communique sa vision particulière de l’Islam, finalement assez proche du wahabbisme par son littéralisme, qui ne ressemble pas à la vision de l’Islam de bon nombre de personnes vivant en France (tradition plutôt malikiste, du fait de l’émigration marocaine et algérienne, mais pas uniquement, et modulé en pratique par des traditions familiales particulières, et par des individus particuliers).
Plutôt que de chercher la vraie nature ou le vrai esprit du catholicisme ou de l’islam, qui n’existe probablement nulle part car toute interprétation peut toujours être réinterprétée, je crois qu’il serait plus intéressant de regarder concrètement comment se comportent les personnes qui se disent musulmanes ou catholiques, dans toute la variété possible de ces actes, et de regarder quels rôles jouent leur connaissance de textes religieux dans leurs actes (comment la connaissance d’un texte peut avoir une influence sur les gestes du quotidien, et sur la manière de se comporter avec les autres, c’est ça qui m’intéresse le plus pour ma part). Arnaudus disait ailleurs que pour un musulman le cherry-picking est impossible. En réalité, dans la fréquentation des textes religieux comme dans la lecture de n’importe quel texte, le cherry-picking est toujours possible à un certain degré : on ne s’attache pas tous aux mêmes parties du texte, on n’en connaît pas les mêmes parties par cœur, certaines parties du texte trouvent des résonances dans notre vie et d’autres pas, etc. Comme les interprétations, l’attention à certaines parties du texte plutôt qu’à d’autres dépend aussi des différentes traditions qui revendiquent l’usage de ces textes (il suffit pour s’en convaincre de voir à quels points les juifs et les chrétiens aiment en général citer des passages différents de l’ancien testament). Peut-être pourrais-tu demander aux musulmans autour de toi quels versets du Coran les aide à vivre au quotidien, ou les aide à bien se comporter ?
Les critiques de l’islam et du catholicisme eux-mêmes ont leurs passages préférés du coran et de la bible. Ce sont les passages qui présentent ces religions sont leurs jours les plus négatifs, comme on peut s’en douter. À ceux-là aussi j’aimerais demander quels textes les aide à essayer de devenir meilleur, puisque sans doute que cette question leur importe aussi.