• [^] # Re: plop

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 6 (+4/-0). Dernière modification le 06 août 2026 à 10:21.

    Merci pour ton commentaire !

    c'est énormément de boulot et souvent peu de ventes. Raison pour laquelle beaucoup de petites maisons d'édition ne durent pas longtemps, donc je te souhaite que ton entreprise soit pérenne.

    C’est vrai, et c’est un gros problème, y compris pour les auteur·ices qui ont bossé des mois (voire des années) sur un bouquin qui se retrouve d’un coup plus édité, plus éditable, et dont les droits ne sont jamais payés. Pire, en admettant que l’auteur·ice arrive à récupérer ses droits (ça peut prendre longtemps), si le livre était déjà arrivé en rayon, personne d’autre ne va accepter de le publier, en considérant que le gros des ventes a déjà été fait.

    Les autres fournisseurs ont aussi le problème, mais ont souvent des partenaires davantage diversifiés.

    Les avantages que j’ai ici, c’est :

    • Je ne dois pas vivre de l’édition ; donc au pire j’arrête de publier de nouveaux textes et les textes en place restent disponibles. En fait, tant que je m’amuse et que je ne perds pas (trop) d’argent (idéalement, je rentre dans mes frais), je continue.
    • Surtout qu’avec l’impression à la demande, je n’ai pas de stocks à financer.
    • Si jamais je ferme quand même, les ouvrages sont libres donc toujours disponibles légalement.

    Ouvrir le robinet à tapuscrits est courageux. De nombreuses personnes écrivent, souvent mal (mais ne veulent pas l'entendre), et lire leurs textes est long et pas forcément intéressant. On ne manque pas d'anecdotes sur les délais en années pour avoir un retour sur un texte (ou, plus souvent, ne pas en avoir).

    Pour l’instant, ça va :)

    Blague à part : c’est la raison derrière la procédure inhabituelle de soumission que j’utilise, laquelle est repiquée du monde de la BD ; et j’avoue ne jamais avoir compris pourquoi depuis si longtemps les maisons d’éditions acceptent des manuscrits complets, étant donné qu’ils ne seront jamais publiés en l’état et vont demander un gros travail, eh bien, d’édition. Ça continue à entretenir le mythe qu’on écrit un livre, qu’on le soumet à un éditeur, et que celui-ci le publie moyennant des « petites » corrections, comme l’orthographe et la grammaire. Du coup des gens écrivent ce qui est de fait un premier jet, l’envoient en édition, et ne comprennent pas les refus et non-réponses.

    À l’époque où l’envoi se faisait en papier et les manuscrits étaient retournés, des petits malins mettaient un point de colle entre deux pages quelque part au milieu du manuscrit pour savoir s’il avait été entièrement lu (la plupart du temps, non) ; une éditrice d’un grand groupe expliquait que non seulement c’est grillé, mais en plus pour la plupart des envois, le point de colle aurait pu être entre les pages 4 et 5 sans être atteint.

    L’intérêt du dossier est double :

    • Pour l’auteur·ice, le dossier oblige à prendre un peu de recul sur le texte et à le formaliser ; si le texte est maitrisé, c’est très rapide à faire ; s’il ne l’est pas, ça permet de se rendre compte d’éventuels problèmes.
    • Pour l’éditeur·ice, ça permet d’éliminer les gens qui ne savent pas lire des instructions, et d’avoir très vite une idée de où le texte veut aller et comment, ce qui pour moi est prioritaire sur le style.

    On imagine mal la volonté qu’ont certaines personnes à (faire) publier un livre.

    Et, alors qu’objectivement il n’y a pas d’argent à se faire dans le domaine, on trouve plein de vendeurs de pelles : des gens qui ne sont ni auteurs ni éditeurs, mais qui vont vendre – parfois très cher – des formations & cie pour « améliorer son texte », comme des « bêta-lectures professionnelles ». C’est ainsi qu’on voit des personnes très satisfaites des « excellents conseils » qu’elles ont eu pour près de 1000 ,ドル conseils qui s’avèrent au mieux être des trivialités ; au pire des conseils directement pris du monde anglo-saxon mais inapplicable en francophonie (au point où je suppose une relecture par IA...), voire des hypercorrections directement tirées du site de l’Académie Française.

    On trouve aussi des cas d’« auto-édition premium » où des gens ont investi des milliers d’euros (voire près de 10 000 €) dans un stock de bouquins auto-édités avec bêta-lecture pro, correction pro, couverture pro, maquette pro, impression luxe avec moult fioritures (dont l’indispensable jaspage – les motifs sur tranche – très à la mode)... et découvrent que le stock de plusieurs centaines d’exemplaires qui trône sur une palette dans un garage ne pourra jamais rentabiliser les frais et que, pire, n’a aucune chance se s’écouler un jour. (C’est triste pour les sommes perdues, mais j’ai infiniment plus de respects pour ces gens que pour ceux qui font tout faire par IA).

    Bref, y’a pas d’argent à se faire en écrivant, éditant et vendant des bouquins ; mais y’en a pas mal à profiter des auteur·ices en mal de publication. Faites super gaffe à ce que vous achetez : normalement, c’est l’éditeur qui vous paie pour écrire, corriger et publier un livre, pas l’inverse.

    Il est difficile d'expliquer en quoi un livre est meilleur qu'un autre livre sur un critère autre que la qualité du texte. Et je ne suis pas convaincu que les personnes utilisant des logiciels libres le fassent souvent pour cette raison.

    Je suis assez d’accord avec la seconde partie : je ne suis pas convaincu que les gens se mettent au libre grâce à la qualité. Ce qui intéresse dans le logiciel libre – en particulier son utilisation massive en entreprise – c’est plutôt sa gratuité.

    Certaines banques en ligne proposent des comptes professionnels gratuits, par exemple celle dont le nom commence par Bourso (mais c'est récent).

    Exact, ça a changé entre le moment où j’ai pris mon compte et maintenant.

    Comme tu attaches de l'importance à l'orthographe : le féminin de décrépit (adjectif) est décrépite ; sans t c'est le participe passé.

    Faudrait que je confirme avec Lisa, mais de mémoire c’est un jeu volontaire sur les deux version de « décrépi » et « décrépit » – et là de but en blanc je ne sais plus lequel on avait décidé de garder ici. Sachant qu’on a beau relire un texte des tas de fois, y’a toujours des erreurs qui traînent.

    Par contre le double « cité » est clairement une erreur !

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