Quelques minutes, donc, suffiraient à simuler une écriture qui aurait duré quarante ans, à simuler un chemin sinueux que personne n’a parcouru.
Imaginons un écrivain qui écrit une phrase, puis, quelques jours ou quelques années plus tard le rature, le remplace par une autre : ce repentir a été possible uniquement parce qu’entre-temps l’écrivain a vécu, s’est transformé, a jeté un regard rétrospectif sur ce qu’il a écrit et sur ce qu’il a été. À quoi bon feindre l’hésitation quand le but final peut être atteint dès le départ, quand rien ne s’est transformé au cours de cette errance qui n’a pas eu lieu ?
Il manque donc peut-être simplement à ce texte la chance d’errer (de faire des erreurs), chance propre à l’expérience d’écrire, et à l’expérience de vivre.
# Repentirs
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au journal Repentirs — un poème dont l'historique git est l'œuvre. Évalué à 5 (+5/-1).
Quelques minutes, donc, suffiraient à simuler une écriture qui aurait duré quarante ans, à simuler un chemin sinueux que personne n’a parcouru.
Imaginons un écrivain qui écrit une phrase, puis, quelques jours ou quelques années plus tard le rature, le remplace par une autre : ce repentir a été possible uniquement parce qu’entre-temps l’écrivain a vécu, s’est transformé, a jeté un regard rétrospectif sur ce qu’il a écrit et sur ce qu’il a été. À quoi bon feindre l’hésitation quand le but final peut être atteint dès le départ, quand rien ne s’est transformé au cours de cette errance qui n’a pas eu lieu ?
Il manque donc peut-être simplement à ce texte la chance d’errer (de faire des erreurs), chance propre à l’expérience d’écrire, et à l’expérience de vivre.