Le sociologue Bernard Lahire développe cette grille de lecture sur 972 pages dans son ouvrage Les structures fondamentales des sociétés humaines. Il a laissé sur HAL un grand résumé (plus détaillé qu'une simple quatrième de couverture), où l'on y lit par exemple :
Enfin, et c’est le point central de la démarche scientifique déployée dans l’ouvrage, la prise en compte des grandes propriétés biologiques de l’espèce (bipédie, symétrie bilatérale, altricialité secondaire, plasticité cérébrale, relativement grande longévité, poursuite de la vie après la ménopause, partition des sexes, reproduction sexuée, absence de période de rut, viviparité, uniparité, gestation féminine et longue, allaitement féminin, etc.) permettent de mettre au jour des caractéristiques centrales de la structuration des sociétés humaines. Plutôt qu’une explication biologique des faits sociaux par les gènes (déterminisme génétique développé notamment par la génétique du comportement) ou par des traits psychologiques universels dont on imagine – mais avec très peu de preuves empiriques – qu’ils ont pu être sélectionnés au cours de l’évolution du genre Homo (e.g. psychologie évolutionniste), je cherche à mettre en évidence les conséquences, les implications d’emblée sociales ou les corrélats sociaux de propriétés biologiques de l’espèce (par exemple, les conséquences sociales de l’altricialité secondaire en matière de rapports de domination). En procédant de cette manière, on ne déroge pas à la règle durkheimienne d’« expliquer le social par le social », mais on évite ainsi de nier la réalité des contraintes que notre biologie fait peser sur nos structures sociales, comme a trop tendance à le faire un certain constructivisme culturel. Chassée par la biologie, la théologie refait son apparition dans les sciences humaines et sociales sous la forme inédite d’une libre création culturelle de l’Homme par l’Homme.
C'est moi qui ai graissé, et l'altricialité secondaire est le fait que l'enfant humain reste longtemps dépendant de ses parents pour sa survie, comme tu le soulignes. Et cela a une incidence sur les rapports de dominations, dont le patriarcat n'est qu'un cas particulier.
Après c'est comme le racisme. Dans un certains sens, c'est triste à dire mais c'est "naturel".
Autre extrait du résumé :
parmi les dix-sept lois formulées, liste provisoire et révisable, je mentionnerai la loi de la conservation-reproduction-extension, la loi de différenciation tendancielle, la loi d’accroissement démographique tendanciel, la loi de la succession hiérarchisée ou de la prévalence de l’antérieur sur le postérieur, la loi du rapport eux/nous et de la préférence donnée au « nous », la loi de l’objectivation cumulée et la loi de la lutte entre groupes ou individus
Voilà, s'il y en a qui cherchaient des idées de lecture. Il se peut que dans deux siècles, ce livre sera devenu un classique des classiques (petit clin d'œil à serol ;-).
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: comment cette idée nous vient elle en tête ?
Posté par kantien . En réponse au lien Les femmes qui utilisent l’IA sont vues comme incompétentes, les hommes comme pragmatiques. Évalué à 7 (+5/-0). Dernière modification le 03 juillet 2026 à 21:53.
Le sociologue Bernard Lahire développe cette grille de lecture sur 972 pages dans son ouvrage Les structures fondamentales des sociétés humaines. Il a laissé sur HAL un grand résumé (plus détaillé qu'une simple quatrième de couverture), où l'on y lit par exemple :
C'est moi qui ai graissé, et l'altricialité secondaire est le fait que l'enfant humain reste longtemps dépendant de ses parents pour sa survie, comme tu le soulignes. Et cela a une incidence sur les rapports de dominations, dont le patriarcat n'est qu'un cas particulier.
Autre extrait du résumé :
Voilà, s'il y en a qui cherchaient des idées de lecture. Il se peut que dans deux siècles, ce livre sera devenu un classique des classiques (petit clin d'œil à serol ;-).
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.