• # L'économie du troc

    Posté par . En réponse au journal Émancipation numérique, comment convaincre ?. Évalué à 3 (+1/-0).

    Pour ma part j'explique que dorénavant (enfin depuis déjà de nombreuses années), nous sommes amenés à payer le service avec nos données personnelles (et donc notre vie privée).

    Pire nous pouvons même être amené à payer deux fois : une fois au travers de nos impôts puis ensuite par l'installation et l'usage de telle ou telle application contenant un voir plusieurs pisteurs.

    Mon analyse est que cela constitue un renversement anthropologique. D'où l'incompatibilité du droit US avec le droit de l'UE (et donc le droit français) : nos données personnelles et notre vie privée sont elles des marchandises ? Si oui peuvent elles servir légitimement / légalement à payer, même indirectement, un service ?

    Alors si nos données personnelles sont des marchandises (qui, j'en suis intimement convaincu sont valorisées dans les comptes financiers des entreprises mettant en oeuvre ce moyen de paiement), à quel moment dans ce troc payons nous la TVA (service par service, bien entendu) ?

    Alors parfois je pose la question à mes interlocuteurs : ta vie privée est elle une marchandise ? Certain ne sont pas vraiment gênés pour me dire oui.

    Parfois j'explique que ce modèle économique est complètement à bout de souffle: notre planète étant en train de "brûler". Mais non l'appât de cette gratuité apparente, ou plutôt ce mode de paiement, est plus fort que tout. Ne s'agit il pas pourtant d'une fraude fiscale monumentale ?

    En attendant je souris quand j'entends que des personnes se seraient fait arnaquer sur les réseaux sociaux avec des publicités proposant des climatiseurs qui n'en sont pas.

    Bref nous devenons des commerçants sans nous en rendre compte en commercialisant ce que nous avons d'intime. Pour ma part je tâche de résister du mieux que je peux en fonction de ma compréhension des choses en essayent de n'utiliser que des logiciels libres ou répondant à une certaine éthique.

    Alors oui, je me coupe de beaucoup de monde. Mais au moins j'ai le sentiment d'être "droit dans mes bottes" ;-)