Je ne pense pas que ces personnes soient réellement conscientes des conséquences de la collecte de données massive.
Dans ce cas, il y a de l'espoir, même si peut-être pas à court terme. En partageant les anecdotes des conséquences sur l'exposition de la vie privée, en discutant tranquillement de tout ceci à l'occasion (sans braquer, sans harceler, en écoutant les besoins et limites réelles), les gens finissent généralement par accepter d'essayer d'autres choses. Si ce n'est sur Whatsapp, peut-être sur d'autres trucs. Mais c'est long, généralement en terme d'années. C'est compliqué d'abandonner le confort d'un truc qu'on connait, même quand on sait que c'est pour le mieux. Donc, ça ne résoud pas non plus le problème immédiat, mais ce n'est pas perdu.
limiter les relations avec les personnes qui ne sont pas sensibles ou pas conscientes du problème, j'ai du mal à comprendre : ça doit représenter 99% de la population, non ?
Ça, c'est un truc hyper-intéressant.
Quand j'étais gamine, la communication à distance était difficile (oui, je suis vieille). Donc on pouvait passer des mois, voir plus, sans nouvelles d'amis pourtant proches. Une carte postale en vacances, ou le plaisir de retrouver des gens qui ne venaient que durant les vacances. C'est ce que j'appelle des relations au "temps long". Il suffisait de ne plus fréquenter les mêmes lieux pour perdre contact, mais cela n'empêchait pas le plaisir des retrouvailles quand on se revoyait.
Et durant quelques millénaires, l'humanité a fonctionné comme ça et ça couvrait pas mal de besoins sociaux.
Je ne vais pas cracher dans la soupe : internet et les communications facilitées m'ont enfin permis de trouver les gens avec qui j'avais réellement envie d'échanger ; le malheur d'être geek et anormale, donc facilement ostracisée ou forcée à porter un masque inconfortable, est devenue la joie de trouver des gens aussi bizarre que moi un peu partout dans le monde. Ceci dit, si j'adore discuter avec des gens de logiciel libre, de créatures tentaculaires et de philosophie, j'ai toujours autant d'ennui à savoir qui a mangé quoi à midi et quand est-ce que le petit dernier a perdu sa dent. Or, sur les groupes et réseaux sociaux, même les geeks partagent ça. Bon sang, si je veux savoir ce que quelqu'un mange, je mange avec lui... j'ai pas besoin d'avoir 50 notifications à tous les repas.
Et donc, en évitant l'hyperconnexion, je perds principalement ça : un bruit énorme qui ne m'intéresse pas. Quand j'en ai besoin (je suis humaine), je sors mon chien, et je discute avec les gens croisés dans la rue. Ça me fait prendre l'air, j'ai les micro-expressions, et grand bonus, quand j'apprend que mon voisin est à l'hopital, je peux faire quelque chose de concret pour lui (alors que les amis à l'autre bout du pays, je suis juste face à mon impuissance).
Donc : oui : je n'ai pas le bruit de 99% de la population. Mais je m'en passe assez bien. J'ai de quoi me nourrir avec des conversations et des projets construits, par contre (et là internet est utile, et des sites comme linuxfr).
Et j'ai toujours ces relations "à l'ancienne" avec les gens de mon patelin et ma famille proche ; c'est très largement suffisant.
Mais non ça n'est pas satisfaisant, ça a une petite couleur de capitulation...
Là-dessus, je dirais que... c'est peut-être pas si grave. Faire quelques compromis, suivant où on place ses curseurs, montre qu'on n'a pas sombré dans un purisme qui finit par être sectaire (et pénible). Je te conseille juste, si tu cède à ça pour ce groupe, de ne pas forcément dire à tous tes proches que "ça y est" tu as whatsapp. Parce qu'on se fait vite déborder, et on finit par utiliser au quotidien ce qui devait n'être que ponctuel.
Et pour voir ça du bon côté : c'est en essayant une solution proprio comme ça que tu va trouver de vrais arguments contre. Je peste parfois beaucoup sur les logiciels libres (mal foutus, pas ergonomiques, pas jolis, etc), et puis quand je teste les alternatives proprio, soudain je me rends compte qu'en réalité on a plein de trucs géniaux, dans nos logiciels bricolés. Je suis encore totalement traumatisée de mon dernier passage sur gmail ! Je ne sais même pas comment les gens supportent ça au quotidien... Alors que Snappymail est juste génial.
[^] # Re: Ça ne va pas aider
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Émancipation numérique, comment convaincre ?. Évalué à 6 (+4/-0).
Dans ce cas, il y a de l'espoir, même si peut-être pas à court terme. En partageant les anecdotes des conséquences sur l'exposition de la vie privée, en discutant tranquillement de tout ceci à l'occasion (sans braquer, sans harceler, en écoutant les besoins et limites réelles), les gens finissent généralement par accepter d'essayer d'autres choses. Si ce n'est sur Whatsapp, peut-être sur d'autres trucs. Mais c'est long, généralement en terme d'années. C'est compliqué d'abandonner le confort d'un truc qu'on connait, même quand on sait que c'est pour le mieux. Donc, ça ne résoud pas non plus le problème immédiat, mais ce n'est pas perdu.
Ça, c'est un truc hyper-intéressant.
Quand j'étais gamine, la communication à distance était difficile (oui, je suis vieille). Donc on pouvait passer des mois, voir plus, sans nouvelles d'amis pourtant proches. Une carte postale en vacances, ou le plaisir de retrouver des gens qui ne venaient que durant les vacances. C'est ce que j'appelle des relations au "temps long". Il suffisait de ne plus fréquenter les mêmes lieux pour perdre contact, mais cela n'empêchait pas le plaisir des retrouvailles quand on se revoyait.
Et durant quelques millénaires, l'humanité a fonctionné comme ça et ça couvrait pas mal de besoins sociaux.
Je ne vais pas cracher dans la soupe : internet et les communications facilitées m'ont enfin permis de trouver les gens avec qui j'avais réellement envie d'échanger ; le malheur d'être geek et anormale, donc facilement ostracisée ou forcée à porter un masque inconfortable, est devenue la joie de trouver des gens aussi bizarre que moi un peu partout dans le monde. Ceci dit, si j'adore discuter avec des gens de logiciel libre, de créatures tentaculaires et de philosophie, j'ai toujours autant d'ennui à savoir qui a mangé quoi à midi et quand est-ce que le petit dernier a perdu sa dent. Or, sur les groupes et réseaux sociaux, même les geeks partagent ça. Bon sang, si je veux savoir ce que quelqu'un mange, je mange avec lui... j'ai pas besoin d'avoir 50 notifications à tous les repas.
Et donc, en évitant l'hyperconnexion, je perds principalement ça : un bruit énorme qui ne m'intéresse pas. Quand j'en ai besoin (je suis humaine), je sors mon chien, et je discute avec les gens croisés dans la rue. Ça me fait prendre l'air, j'ai les micro-expressions, et grand bonus, quand j'apprend que mon voisin est à l'hopital, je peux faire quelque chose de concret pour lui (alors que les amis à l'autre bout du pays, je suis juste face à mon impuissance).
Donc : oui : je n'ai pas le bruit de 99% de la population. Mais je m'en passe assez bien. J'ai de quoi me nourrir avec des conversations et des projets construits, par contre (et là internet est utile, et des sites comme linuxfr).
Et j'ai toujours ces relations "à l'ancienne" avec les gens de mon patelin et ma famille proche ; c'est très largement suffisant.
Là-dessus, je dirais que... c'est peut-être pas si grave. Faire quelques compromis, suivant où on place ses curseurs, montre qu'on n'a pas sombré dans un purisme qui finit par être sectaire (et pénible). Je te conseille juste, si tu cède à ça pour ce groupe, de ne pas forcément dire à tous tes proches que "ça y est" tu as whatsapp. Parce qu'on se fait vite déborder, et on finit par utiliser au quotidien ce qui devait n'être que ponctuel.
Et pour voir ça du bon côté : c'est en essayant une solution proprio comme ça que tu va trouver de vrais arguments contre. Je peste parfois beaucoup sur les logiciels libres (mal foutus, pas ergonomiques, pas jolis, etc), et puis quand je teste les alternatives proprio, soudain je me rends compte qu'en réalité on a plein de trucs géniaux, dans nos logiciels bricolés. Je suis encore totalement traumatisée de mon dernier passage sur gmail ! Je ne sais même pas comment les gens supportent ça au quotidien... Alors que Snappymail est juste génial.