Le problème c'est que si les gens que tu fréquente sont OK pour donner toute leur vie privée (et la tienne) à des entreprises profondément néfastes, tu ne les feras pas changer d'avis pour une application. Là, si je comprends, ils te disent qu'ils sont bien au courant de tous les soucis posés par les GAFAMS et signent en conscience. C'est un peu différent des gens qui ne savent pas et, quand ils l'apprennent, trouvent que c'est pas extra et cherchent comment en sortir (avec plus ou moins de facilité/difficulté). L'argument de gmail étant un bon exemple.
C'est un peu comme si tu te retrouvais en enfer et que les damnés te disaient "nan mais ça va, j'ai déjà vendu mon âme, alors je peux aussi me faire dévorer par les démons et puis balancer mes enfants dans les flammes au passage, youpi". À ce stade, je te conseillerais plutôt de tenter de te barrer de là, parce que visiblement, ça ne leur pose aucun souci de vendre tes données et ce qui est précieux pour toi à nos monstres modernes.
J'ai comme tout le monde un certain nombre de gens de mon entourage qui sont coincés avec les GAFAM (un peu, beaucoup, passionnément...). Je discute avec eux à l'occasion des problèmes que cela pose et des éventuelles alternatives. Certains, avec le temps, essaient autre choses, d'autres s'en moquent. Je sais où sont mes propres limites : je négocie ici et là dans les marges, par exemple en ayant un compte facebook pour quand c'est vraiment impossible autrement d'avoir des infos sur une entreprise locale, mais où je n'accepte personne en ami (pour mes proches : "j'ai pas facebook ni le reste"), même si dans 95% des cas j'arrive aussi à simplement me passer des infos en question. Je coupe les contacts avec ceux qui revendent mes données, ça c'est une limite ; sinon ce serait un peu comme si je continuait de prendre le thé avec un ex qui a partagé à tous ses potes des photos où je suis à poil. Il y a des choses, ça ne se fait pas.
La conséquence est évidement que oui, je loupe des infos, des rencontres, etc etc. Et parfois, ça complique sacrément la vie.
Par contre je gagne des choses que je trouve très appréciable, dont un peu de santé mentale. Pas de notifications incessantes, moins de temps scotché au tel, plus de temps dédié à "prendre le temps", parfois même à m'ennuyer (et encore, pas assez), plus d'attention au présent "ici et maintenant". Je suis clairement un ovni. Mais je crois que ce que je "manque", au final, me permet aussi de vivre autrement, et de bonnes choses.
Finalement, je finis par militer non pas pour éviter les GAFAM mais au delà de ça, éviter l'hyperconnexion permanente. Apprendre à vivre, à communiquer plus lentement, moins souvent, en y accordant un vrai "temps". De la même façon que je n'ai pas de compte actif chez les gafams, je ne suis pas sur Mastodon, du coup, ni connectée non-stop à XMPP, ni n'ai le mail sur mon ordiphone. Parce qu'au final, même si les réseaux libres prennent plus soins de nos données, ils phagocytent beaucoup de temps et d'énergie. Ok, je passe quand même trop de temps sur Linuxfr et quelques coins de ce genre ;)
Magré tout, je sais : ça ne va pas t'aider avec ton problème. Je ne minimise pas la difficulté à résister à une pression sociale : c'est réellement dur. J'ai tendance à raconter que mon tel n'est pas compatible, que je n'ai pas les moyens d'en avoir un qui pourrait (c'est à moitié vrai). Les gens finissent par se lasser, surtout quand ils ont besoin de leur shoot de dopamine permanent. Oui, on se retrouve exclus de certains cercles, ce qui laisse la possibilité d'en trouver d'autres, voir de savourer d'en avoir moins. Mais ça n'est pas évident de résister à la tentation. "Ha, juste pour X, qui est si sympa, peut-être que je pourrais..." Bah, d'un autre côté, je ne suis pas certaine que craquer dans ce genre de cas soit une bonne idée alors ça aide un peu.
Bref : bon courage. Je crains que tu aie épuisé les bons arguments, même si je suis très curieuse de voir les retours des autres. Si tu arrive à les faire changer d'avis, raconte-nous :)
# Ça ne va pas aider
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Émancipation numérique, comment convaincre ?. Évalué à 10 (+9/-0).
Le problème c'est que si les gens que tu fréquente sont OK pour donner toute leur vie privée (et la tienne) à des entreprises profondément néfastes, tu ne les feras pas changer d'avis pour une application. Là, si je comprends, ils te disent qu'ils sont bien au courant de tous les soucis posés par les GAFAMS et signent en conscience. C'est un peu différent des gens qui ne savent pas et, quand ils l'apprennent, trouvent que c'est pas extra et cherchent comment en sortir (avec plus ou moins de facilité/difficulté). L'argument de gmail étant un bon exemple.
C'est un peu comme si tu te retrouvais en enfer et que les damnés te disaient "nan mais ça va, j'ai déjà vendu mon âme, alors je peux aussi me faire dévorer par les démons et puis balancer mes enfants dans les flammes au passage, youpi". À ce stade, je te conseillerais plutôt de tenter de te barrer de là, parce que visiblement, ça ne leur pose aucun souci de vendre tes données et ce qui est précieux pour toi à nos monstres modernes.
J'ai comme tout le monde un certain nombre de gens de mon entourage qui sont coincés avec les GAFAM (un peu, beaucoup, passionnément...). Je discute avec eux à l'occasion des problèmes que cela pose et des éventuelles alternatives. Certains, avec le temps, essaient autre choses, d'autres s'en moquent. Je sais où sont mes propres limites : je négocie ici et là dans les marges, par exemple en ayant un compte facebook pour quand c'est vraiment impossible autrement d'avoir des infos sur une entreprise locale, mais où je n'accepte personne en ami (pour mes proches : "j'ai pas facebook ni le reste"), même si dans 95% des cas j'arrive aussi à simplement me passer des infos en question. Je coupe les contacts avec ceux qui revendent mes données, ça c'est une limite ; sinon ce serait un peu comme si je continuait de prendre le thé avec un ex qui a partagé à tous ses potes des photos où je suis à poil. Il y a des choses, ça ne se fait pas.
La conséquence est évidement que oui, je loupe des infos, des rencontres, etc etc. Et parfois, ça complique sacrément la vie.
Par contre je gagne des choses que je trouve très appréciable, dont un peu de santé mentale. Pas de notifications incessantes, moins de temps scotché au tel, plus de temps dédié à "prendre le temps", parfois même à m'ennuyer (et encore, pas assez), plus d'attention au présent "ici et maintenant". Je suis clairement un ovni. Mais je crois que ce que je "manque", au final, me permet aussi de vivre autrement, et de bonnes choses.
Finalement, je finis par militer non pas pour éviter les GAFAM mais au delà de ça, éviter l'hyperconnexion permanente. Apprendre à vivre, à communiquer plus lentement, moins souvent, en y accordant un vrai "temps". De la même façon que je n'ai pas de compte actif chez les gafams, je ne suis pas sur Mastodon, du coup, ni connectée non-stop à XMPP, ni n'ai le mail sur mon ordiphone. Parce qu'au final, même si les réseaux libres prennent plus soins de nos données, ils phagocytent beaucoup de temps et d'énergie. Ok, je passe quand même trop de temps sur Linuxfr et quelques coins de ce genre ;)
Magré tout, je sais : ça ne va pas t'aider avec ton problème. Je ne minimise pas la difficulté à résister à une pression sociale : c'est réellement dur. J'ai tendance à raconter que mon tel n'est pas compatible, que je n'ai pas les moyens d'en avoir un qui pourrait (c'est à moitié vrai). Les gens finissent par se lasser, surtout quand ils ont besoin de leur shoot de dopamine permanent. Oui, on se retrouve exclus de certains cercles, ce qui laisse la possibilité d'en trouver d'autres, voir de savourer d'en avoir moins. Mais ça n'est pas évident de résister à la tentation. "Ha, juste pour X, qui est si sympa, peut-être que je pourrais..." Bah, d'un autre côté, je ne suis pas certaine que craquer dans ce genre de cas soit une bonne idée alors ça aide un peu.
Bref : bon courage. Je crains que tu aie épuisé les bons arguments, même si je suis très curieuse de voir les retours des autres. Si tu arrive à les faire changer d'avis, raconte-nous :)