• [^] # Re: Projet de traduction de la documentation samba en français

    Posté par . En réponse à la dépêche Projet de traduction de la documentation Samba en français. Évalué à 4.

    Non, je ne suis pas entièrement d'accord avec toi.

    Certe, Claude Hagège est un farouche combattant des langues-monopoles, comme l'anglais maintenant mais aussi l'espagnol ou le Français en leur temps, langues qui écrasent directement (culture, éducation, média) ou indirectement (par des moyens économique, politiques, commerciaux) les langues minoritaires, celles qui ne sont plus parlées que par une poignée d'anciens. Mais surtout, il est un vervent défenseur de ces langues minoritaires justement, dont il parle merveilleusement bien dans son livre "Halte à la mort des langues". D'après lui, le monde n'existe qu'à travers notre manière de le percevoir. Chaque langue étant l'expression d'une vision particulière du monde, la mort d'une langue, même minoritaire, est la perte d'une partie de notre monde ansi que de la culture humaine.

    Bref, tout ça pour dire qu'il est avant tout pour la sauvegarde des langues, mais pas foncièrement contre l'idée de langue commune dans la mesure où cette langue commune ne soient qu'une langue-pont, c'est-à-dire une langue qui servent de passerelle entre deux cultures différentes, non-pas une langue qui écrase les autres. Par exemple, l'anglais n'est pas une langue pont mais belle et bien une langue qui s'impose au détriment des autres; ce qu'il faut justement éviter (au moyen de traductions par exemple). La 2e caractéristique fondamentale d'une langue-pont devrait être sa flexibilité, c'est à dire qu'elle devrait être suffisament souple et expressive pour pouvoir s'adapter à la manière de penser de tout le monde (et non pas l'inverser, pour reprendre le cas de l'anglais, du Français ou de toute autre langue nationale).

    Il existe actuellement plusieurs candidates au rôle de langue-pont, dont certaines ont déjà fait leur preuve et particulièrement une qui fait son petit chemin, notament à la commission européenne. Il faut dire que les efforts et les coûts de traduction, aussi nécessaire soient-ils, sont énormes et ne tendent qu'à croitre, si l'on en juge par le nombre de pays rejoignant l'Europe et la paperasse toujours de plus en plus omniprésente.

    Bref, ça suffit pour aujourd'hui. Je pourrais conclure en disant que tant qu'une langue-pont n'est pas (encore) à l'usage, il faut s'efforcer à traduire les documents pour freiner le génocide des langues-monopoles.