1) dans un monde où tout mérite des transactions financières, c'est bizarre que les boites d'AI qui brassent des milliers de milliards aient accès à ces catalogues que les humains doivent payer
2) on sent bien que les IA risques de faire diminuer très substantiellement les revenus de l'"industrie de la culture", donc il y a une sorte de panique à essayer de soutirer un max de pognon avant les vaches maigres
3) la capacité des IA à plagier un style montre que les IA sont susceptibles de produire des choses originales soumises en théorie à des droits d'auteur. Si en 2050 tu peux demander à ta télé "Crée-moi un dessin animé de style Disney avec des animaux et des princesses", le problème n'est pas le recrachage de fragments d'oeuvres protégées (ça, c'est les gens qui ne comprennent pas comment les IA fonctionnent qui disent ça), le problème c'est que l'IA est susceptible d'intégrer et de reproduire l'originalité d'un créateur humain sans le rémunérer.
Expérience mentale d'une situation extrême : les IA deviennent assez performantes pour passer un test où il devient impossible de déterminer quelle nouvelle oeuvre vient d'une personne identifiée ou d'une IA. Par exemple, on demande à Aya Nakamura—le droit d'auteur n'a pas de critère de qualité, seulement d'originalité—et à une IA de faire une nouvelle chanson dans le style d'Aya Nakamura, on fait écouter la chanson à 1000 spécialistes de ce style de musique, et > 50% des gens se trompent sur l'origine de l'oeuvre: l'IA a en quelque sorte "cloné" les capacités créatrices d'une personne, comme si c'était une copie de son cerveau en quelque sorte. Est-ce qu'il serait naturel de considérer qu'une telle copie fonctionnelle de cerveau ne crée aucun droit d'auteur en faveur du cerveau initial? C'est pourtant bien une oeuvre de l'esprit, au sens juridique du terme, puisqu'elle reflète la personnalité et l'originalité de son auteur. Le fait de "déporter" cet esprit (enfin, une copie fonctionnelle de cet esprit) dans une machine ne semble pas réellement importante dans la manière dont la loi est rédigée. Ça me semble au moins nécessiter une reflexion.
[^] # Re: Quid du code?
Posté par arnaudus . En réponse au lien Proposition de loi relative à l'instauration d'une présomption d'exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d'intelligence artificielle. Évalué à 5.
Sur le principe, c'est "évidemment oui", mais
1) dans un monde où tout mérite des transactions financières, c'est bizarre que les boites d'AI qui brassent des milliers de milliards aient accès à ces catalogues que les humains doivent payer
2) on sent bien que les IA risques de faire diminuer très substantiellement les revenus de l'"industrie de la culture", donc il y a une sorte de panique à essayer de soutirer un max de pognon avant les vaches maigres
3) la capacité des IA à plagier un style montre que les IA sont susceptibles de produire des choses originales soumises en théorie à des droits d'auteur. Si en 2050 tu peux demander à ta télé "Crée-moi un dessin animé de style Disney avec des animaux et des princesses", le problème n'est pas le recrachage de fragments d'oeuvres protégées (ça, c'est les gens qui ne comprennent pas comment les IA fonctionnent qui disent ça), le problème c'est que l'IA est susceptible d'intégrer et de reproduire l'originalité d'un créateur humain sans le rémunérer.
Expérience mentale d'une situation extrême : les IA deviennent assez performantes pour passer un test où il devient impossible de déterminer quelle nouvelle oeuvre vient d'une personne identifiée ou d'une IA. Par exemple, on demande à Aya Nakamura—le droit d'auteur n'a pas de critère de qualité, seulement d'originalité—et à une IA de faire une nouvelle chanson dans le style d'Aya Nakamura, on fait écouter la chanson à 1000 spécialistes de ce style de musique, et > 50% des gens se trompent sur l'origine de l'oeuvre: l'IA a en quelque sorte "cloné" les capacités créatrices d'une personne, comme si c'était une copie de son cerveau en quelque sorte. Est-ce qu'il serait naturel de considérer qu'une telle copie fonctionnelle de cerveau ne crée aucun droit d'auteur en faveur du cerveau initial? C'est pourtant bien une oeuvre de l'esprit, au sens juridique du terme, puisqu'elle reflète la personnalité et l'originalité de son auteur. Le fait de "déporter" cet esprit (enfin, une copie fonctionnelle de cet esprit) dans une machine ne semble pas réellement importante dans la manière dont la loi est rédigée. Ça me semble au moins nécessiter une reflexion.