Je vais répondre un peu en vrac ici, parce que les discussions se croisent et se dédoublent, ça serait vraiment le bazar sinon.
Un peu de vocabulaire
Liens Wiktionnaire, qui est un bon dictionnaire d’usage, ce qui est utile ici.
« fascisme » est bien défini, et ne se limite pas au sens historique du fascisme italien. « facho » est un apocope de « fasciste » désigne donc les sympathisants des théories fascistes telle que définies précédemment. Ça n’est pas une question de point de vue, et tenter de faire croire le contraire est une technique habituelle de l’extrême-droite (diluer pour dénigrer et faire perdre le sens). Ceux qui font plusieurs posts en ce sens : on vous voit, et on sait ce que vous faites.
Le « nazisme » est lui aussi très bien défini ; et non, le « socialisme » du terme « national-socialisme » n’a rien à voir avec le socialisme politique au sens actuel, comme déjà expliqué ici.
Ces notions sont vues en France au collège (classe de troisième) et au lycée (classe de première ou terminale selon les spécialités). Ce sont ces définitions qui sont à utiliser dans ma proposition, et pas un vague « est facho qui la modération / n’importe qui déclare facho ». Je trouve sincèrement effrayant qu’il y ait eu des débats là-dessus.
(Je ne connais pas assez le franquisme pour savoir s’il peut être qualifié de fascisme, mais je suis certain que c’est un régime de dictature, donc intolérant).
Les intolérances racistes, religieuses, d’extrême-gauche, contre les minorités sexuelles, les éventuels extrémistes écologistes ou l’extrême-centre (c’est un vrai truc politique), etc. sont bien évidemment incluses dans les « autres intolérants » dont je parle dans le post d’origine. Un bon indice, c’est de considérer que si l’attaque porte sur ce qu’est une personne et non ce qu’elle fait, alors le propos est intolérable (attention, la réciproque est fausse : des attaques sur les faits peuvent être intolérables aussi).
Concernant la censure, je suis l’usage courant qui veut que le terme s’applique aux particuliers et aux plateformes privées (notamment avec la censure interne à un groupe de presse concernant ses actionnaires ou l’auto-censure), bien que le terme ne s’applique à l’origine qu’aux actions gouvernementales.
Sur le racisme, mettez-vous un peu d’accord sur les termes dans vos débats. En France métropolitaine, il peut y avoir des actes racistes anti-blanc, par contre il n’y pas de racisme systémique anti-blanc ; et la différence est fondamentale. Renseignez-vous, des concernée.e.s expliquent ça infiniment mieux que moi.
Il y a les notes / le karma pour montrer aux intolérants qu’ils ne sont pas tolérés ici
Ça ne fonctionne pas et je le dis depuis juin 2023 – mon avis n’a pas changé sur ce point. En particulier, elles n’empêchent pas les intolérants de propager leurs messages de haine et d’ouvrir la fenêtre d’Overton, ce qui est le point clé de ma réflexion d’origine. Ces notes n’ont jamais arrêté quiconque de répandre son fiel. Ce système n’empêche pas non plus le bruit généré par les réactions à ces messages intolérants – la croyance que la communauté va s’auto-modérer et ne pas réponse a déjà été évoquée et ne fonctionne pas, en particulier parce que ces messages sont là précisément pour provoquer une réaction. Ça fait des années que c’est théorisé, utilisé et prouvé par des intolérants professionnels, imaginer l’inverse est d’une profonde naïveté.
Si on devait les conserver, personnellement je réduirais la prime massive à l’ancienneté, ou bien ferait sauter la limite d’impact des messages à +10/-10 qui fait qu’un compte un peu âgé peut se permettre de raconter des horreurs pendant très longtemps avant d’être réellement impacté par le karma. Par exemple, mes 9159 points de karma me permettraient d’écrire 915 messages haineux tous notés -10 avant de voir mon karma ramené à 0. C’est beaucoup trop.
Je permettrais aussi de corriger un vote.
Ça sert à rien de bannir les gens, ils vont revenir
Oui. C’est pas une raison pour refuser de les bannir. C’est le lot de la modération de n’importe quelle plateforme.
Bannir les gens va les faire enrager / les rendre malheureux
Relisez la définition qui impliquent que ces gens soient considérés problématiques (première section de ce message) et posez-vous ces questions :
Est-ce que le malheur chez eux provoqué par leur bannissement est supérieur au malheur qu’il provoquent chez toutes les personnes qui se retrouvent à lire leurs horreurs ?
Est-ce que vous en avez réellement quelque chose à foutre que ce genre de personne soit malheureuse ?
J’ai peur de me faire sucrer mon compte sans raison
Quoi que je pense de la modération de ce site, si y’a bien une chose sur laquelle je lui fais confiance, c’est quelle ne va pas virer les gens sans raison et parce qu’un.e modérateurice est de mauvaise humeur (en fait, mon principal grief serait plutôt le problème inverse).
Ça implique qu’il y a une technique très simple pour conserver son compte : ne pas se comporter comme un connard.
C’est illégal de censurer sur une plateforme privée des propos qui ne sont pas explicitement illégaux
C’est faux. Ou alors il faut retrouver le texte de loi, et vite monter une entreprise et se faire des couilles en or en attaquant virtuellement toutes les plateformes hébergées en France, car elles ont des limites d’expression plus restrictives que la loi.
La plateforme décide des règles qu’elle fait appliquer, tant que ces règles elles-mêmes ne sont pas illégales.
Sur l’interdiction de la politique sur LinuxFR
Ça n’a jamais été le sujet ; de toutes façons le logiciel libre est un sujet éminemment politique.
L’exemple du Discord Canard PC était donné pour montrer qu’on peut faire appliquer une règle très restrictive sans difficulté spécifique. Ça n’était pas exemple de règle à appliquer ici.
D’autre part, la théorie qui veut que « le libre soit de gauche » est aussi complètement fausse ; en particulier il y a une forte présence de libertariens dans le milieu. Et il y a des gens à l’extrême-droite aussi, sans réfléchir j’ai deux noms d’anciens du site qui ont brillé dans ce créneau.
Si on bannis les intolérants, on ne pourra plus débattre avec eux (et leur prouver qu’ils ont tord)
Oui, c’est le but. L’idée c’est bien : on ne débat pas avec les intolérants.
De toutes façons ils ne sont pas là pour débattre, mais pour imposer leurs idées, ce qui n’a absolument rien à voir. De plus : la loi de Brandolini.
De plus, je cherche encore un exemple de débat sur Internet où un intolérant (un vrai, cf définitions en haut) serait revenu sur ses positions suite à un argumentaire exposé sur Internet.
Par exemple, dans cette discussion, je vois plusieurs fois la théorie que « le fascisme est mal défini », plusieurs bonnes explications de pourquoi c’est faux, à la fin personne n’a changé d’avis et les défenseurs ont perdu beaucoup plus de temps que ceux qui ont posé cette théorie fumeuse.
La question de faire descendre le niveau général d’intolérance dans la société est une vraie question qui nécessite de vraies réponses politiques (très éloignées du débat public, hélas, tous partis confondus), mais certainement pas le droit à n’importe qui d’étaler sa haine n’importe où.
Y’a un risque de censure à cause de ce que je pense
Non, parce que personne ne sait ce que tu pense, mis à part toi.
Par contre, si tu exprimes des horreurs, oui, l’idée c’est bien qu’il y ait des conséquences. Mais c’est l’expression qui est sanctionnée, pas la pensée.
Il ne faut considérer que le message et pas son contexte pour savoir s’il est problématique
Non, un message ne se comprends que dans son contexte, et en tenant compte de qui est son émetteur et de son historique. C’est la base de l’analyse d’un média (au sens large, message sur un forum compris).
Les gens peuvent changer d’avis, mais ils sont généralement très clairs dans ce cas, et capables d’expliquer ce changement par eux-mêmes.
Message personnel aux gens qui ont peur de ne plus pouvoir être intolérants ici et donc montent au créneau
Merci. Vous me prouvez que lancer de débat de façon public était nécessaire et utile (oui, on vous voit, vous n’êtes pas discrets).
# Synthèse, une semaine après
Posté par SpaceFox (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Les "fachos", fascistes, nazis et autres intolérants sont-ils tolérés sur linuxfr.org ?. Évalué à 10. Dernière modification le 03 mars 2026 à 00:16.
Sommaire
Je vais répondre un peu en vrac ici, parce que les discussions se croisent et se dédoublent, ça serait vraiment le bazar sinon.
Un peu de vocabulaire
Liens Wiktionnaire, qui est un bon dictionnaire d’usage, ce qui est utile ici.
« fascisme » est bien défini, et ne se limite pas au sens historique du fascisme italien. « facho » est un apocope de « fasciste » désigne donc les sympathisants des théories fascistes telle que définies précédemment. Ça n’est pas une question de point de vue, et tenter de faire croire le contraire est une technique habituelle de l’extrême-droite (diluer pour dénigrer et faire perdre le sens). Ceux qui font plusieurs posts en ce sens : on vous voit, et on sait ce que vous faites.
Le « nazisme » est lui aussi très bien défini ; et non, le « socialisme » du terme « national-socialisme » n’a rien à voir avec le socialisme politique au sens actuel, comme déjà expliqué ici.
Ces notions sont vues en France au collège (classe de troisième) et au lycée (classe de première ou terminale selon les spécialités). Ce sont ces définitions qui sont à utiliser dans ma proposition, et pas un vague « est facho qui la modération / n’importe qui déclare facho ». Je trouve sincèrement effrayant qu’il y ait eu des débats là-dessus.
(Je ne connais pas assez le franquisme pour savoir s’il peut être qualifié de fascisme, mais je suis certain que c’est un régime de dictature, donc intolérant).
Les intolérances racistes, religieuses, d’extrême-gauche, contre les minorités sexuelles, les éventuels extrémistes écologistes ou l’extrême-centre (c’est un vrai truc politique), etc. sont bien évidemment incluses dans les « autres intolérants » dont je parle dans le post d’origine. Un bon indice, c’est de considérer que si l’attaque porte sur ce qu’est une personne et non ce qu’elle fait, alors le propos est intolérable (attention, la réciproque est fausse : des attaques sur les faits peuvent être intolérables aussi).
Concernant la censure, je suis l’usage courant qui veut que le terme s’applique aux particuliers et aux plateformes privées (notamment avec la censure interne à un groupe de presse concernant ses actionnaires ou l’auto-censure), bien que le terme ne s’applique à l’origine qu’aux actions gouvernementales.
Sur le racisme, mettez-vous un peu d’accord sur les termes dans vos débats. En France métropolitaine, il peut y avoir des actes racistes anti-blanc, par contre il n’y pas de racisme systémique anti-blanc ; et la différence est fondamentale. Renseignez-vous, des concernée.e.s expliquent ça infiniment mieux que moi.
Il y a les notes / le karma pour montrer aux intolérants qu’ils ne sont pas tolérés ici
Ça ne fonctionne pas et je le dis depuis juin 2023 – mon avis n’a pas changé sur ce point. En particulier, elles n’empêchent pas les intolérants de propager leurs messages de haine et d’ouvrir la fenêtre d’Overton, ce qui est le point clé de ma réflexion d’origine. Ces notes n’ont jamais arrêté quiconque de répandre son fiel. Ce système n’empêche pas non plus le bruit généré par les réactions à ces messages intolérants – la croyance que la communauté va s’auto-modérer et ne pas réponse a déjà été évoquée et ne fonctionne pas, en particulier parce que ces messages sont là précisément pour provoquer une réaction. Ça fait des années que c’est théorisé, utilisé et prouvé par des intolérants professionnels, imaginer l’inverse est d’une profonde naïveté.
Si on devait les conserver, personnellement je réduirais la prime massive à l’ancienneté, ou bien ferait sauter la limite d’impact des messages à +10/-10 qui fait qu’un compte un peu âgé peut se permettre de raconter des horreurs pendant très longtemps avant d’être réellement impacté par le karma. Par exemple, mes 9159 points de karma me permettraient d’écrire 915 messages haineux tous notés -10 avant de voir mon karma ramené à 0. C’est beaucoup trop.
Je permettrais aussi de corriger un vote.
Ça sert à rien de bannir les gens, ils vont revenir
Oui. C’est pas une raison pour refuser de les bannir. C’est le lot de la modération de n’importe quelle plateforme.
Bannir les gens va les faire enrager / les rendre malheureux
Relisez la définition qui impliquent que ces gens soient considérés problématiques (première section de ce message) et posez-vous ces questions :
J’ai peur de me faire sucrer mon compte sans raison
Quoi que je pense de la modération de ce site, si y’a bien une chose sur laquelle je lui fais confiance, c’est quelle ne va pas virer les gens sans raison et parce qu’un.e modérateurice est de mauvaise humeur (en fait, mon principal grief serait plutôt le problème inverse).
Ça implique qu’il y a une technique très simple pour conserver son compte : ne pas se comporter comme un connard.
C’est illégal de censurer sur une plateforme privée des propos qui ne sont pas explicitement illégaux
C’est faux. Ou alors il faut retrouver le texte de loi, et vite monter une entreprise et se faire des couilles en or en attaquant virtuellement toutes les plateformes hébergées en France, car elles ont des limites d’expression plus restrictives que la loi.
La plateforme décide des règles qu’elle fait appliquer, tant que ces règles elles-mêmes ne sont pas illégales.
Sur l’interdiction de la politique sur LinuxFR
Ça n’a jamais été le sujet ; de toutes façons le logiciel libre est un sujet éminemment politique.
L’exemple du Discord Canard PC était donné pour montrer qu’on peut faire appliquer une règle très restrictive sans difficulté spécifique. Ça n’était pas exemple de règle à appliquer ici.
D’autre part, la théorie qui veut que « le libre soit de gauche » est aussi complètement fausse ; en particulier il y a une forte présence de libertariens dans le milieu. Et il y a des gens à l’extrême-droite aussi, sans réfléchir j’ai deux noms d’anciens du site qui ont brillé dans ce créneau.
Si on bannis les intolérants, on ne pourra plus débattre avec eux (et leur prouver qu’ils ont tord)
Oui, c’est le but. L’idée c’est bien : on ne débat pas avec les intolérants.
De toutes façons ils ne sont pas là pour débattre, mais pour imposer leurs idées, ce qui n’a absolument rien à voir. De plus : la loi de Brandolini.
De plus, je cherche encore un exemple de débat sur Internet où un intolérant (un vrai, cf définitions en haut) serait revenu sur ses positions suite à un argumentaire exposé sur Internet.
Par exemple, dans cette discussion, je vois plusieurs fois la théorie que « le fascisme est mal défini », plusieurs bonnes explications de pourquoi c’est faux, à la fin personne n’a changé d’avis et les défenseurs ont perdu beaucoup plus de temps que ceux qui ont posé cette théorie fumeuse.
La question de faire descendre le niveau général d’intolérance dans la société est une vraie question qui nécessite de vraies réponses politiques (très éloignées du débat public, hélas, tous partis confondus), mais certainement pas le droit à n’importe qui d’étaler sa haine n’importe où.
Y’a un risque de censure à cause de ce que je pense
Non, parce que personne ne sait ce que tu pense, mis à part toi.
Par contre, si tu exprimes des horreurs, oui, l’idée c’est bien qu’il y ait des conséquences. Mais c’est l’expression qui est sanctionnée, pas la pensée.
Il ne faut considérer que le message et pas son contexte pour savoir s’il est problématique
Non, un message ne se comprends que dans son contexte, et en tenant compte de qui est son émetteur et de son historique. C’est la base de l’analyse d’un média (au sens large, message sur un forum compris).
Les gens peuvent changer d’avis, mais ils sont généralement très clairs dans ce cas, et capables d’expliquer ce changement par eux-mêmes.
Message personnel aux gens qui ont peur de ne plus pouvoir être intolérants ici et donc montent au créneau
Merci. Vous me prouvez que lancer de débat de façon public était nécessaire et utile (oui, on vous voit, vous n’êtes pas discrets).
La connaissance libre : https://zestedesavoir.com