Tout d'abord, merci aux commentateurs précédent. Comme le titre comportait des initiales maudites (LLM, AI...) et semblait tourner autour de ça, je n'aurais jamais lu sans leurs interventions. Si les LLM sont bien le point de départ de cette réflexion, le sujet de fond serait plutôt l'éthique, la technologie, ses usages. Et le texte comporte nombre d'idées et d'exemples loin d'être inintéressants. En particulier, il expose des arguments non dénués de fondements qui s'opposent au concept de neutralité morale de la technologie. Ce faisant, il échoue cependant à interroger un certain nombre d'a priori moraux, et notamment une perception très billgatienne1 de la propriété intellectuelle : le droit absolu d'un auteur ou d'un ayant-droit à décider de ce qui est fait de ses œuvres par autrui est même une pierre d'angle principale de ce texte. Et c'est là que les choses achoppent pour moi. Cette conception parfaitement antagoniste à l'un des droit humains les plus fondamentaux — la liberté de pensée — est un pur produit de dérives élitistes de nos sociétés. Dès le départ elle était présente et combattu par les grands esprits :
« L’auteur donne le livre, la société l’accepte ou ne l’accepte pas. Le livre est fait par l’auteur, le sort du livre est fait par la société. L’héritier ne fait pas le livre ; il ne peut avoir les droits de l’auteur. L’héritier ne fait pas le succès ; il ne peut avoir le droit de la société [...] Avant la publication, l’auteur a un droit incontestable et illimité [...] Mais dès que l’œuvre est publiée l’auteur n’en est plus le maître. C’est alors l’autre personnage qui s’en empare, appelez-le du nom que vous voudrez : esprit humain, domaine public, société. C’est ce personnage-là qui dit : Je suis là, je prends cette œuvre, j’en fais ce que je crois devoir en faire, moi esprit humain ; je la possède, elle est à moi désormais. » V. Hugo
Mais elle fini par s'insinuer dans tous les esprits, au point de pourrir la réflexion que je commente dès la racine. Dommage, car nombre d'éléments du texte sont forts pertinents et ouvrent à d'intéressantes interrogations.
qu'on s'entende bien, je ne sous-entend nullement que l'auteur serait un violeur, un assassin, ou pire qu'un nazi en écrivant ça. ↩
# Pas trop d'accord
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . En réponse au lien Acting ethically in an imperfect world (ou : est-ce idiot de boycotter les LLM ?). Évalué à 7.
Tout d'abord, merci aux commentateurs précédent. Comme le titre comportait des initiales maudites (LLM, AI...) et semblait tourner autour de ça, je n'aurais jamais lu sans leurs interventions. Si les LLM sont bien le point de départ de cette réflexion, le sujet de fond serait plutôt l'éthique, la technologie, ses usages. Et le texte comporte nombre d'idées et d'exemples loin d'être inintéressants. En particulier, il expose des arguments non dénués de fondements qui s'opposent au concept de neutralité morale de la technologie. Ce faisant, il échoue cependant à interroger un certain nombre d'a priori moraux, et notamment une perception très billgatienne1 de la propriété intellectuelle : le droit absolu d'un auteur ou d'un ayant-droit à décider de ce qui est fait de ses œuvres par autrui est même une pierre d'angle principale de ce texte. Et c'est là que les choses achoppent pour moi. Cette conception parfaitement antagoniste à l'un des droit humains les plus fondamentaux — la liberté de pensée — est un pur produit de dérives élitistes de nos sociétés. Dès le départ elle était présente et combattu par les grands esprits :
Mais elle fini par s'insinuer dans tous les esprits, au point de pourrir la réflexion que je commente dès la racine. Dommage, car nombre d'éléments du texte sont forts pertinents et ouvrent à d'intéressantes interrogations.
qu'on s'entende bien, je ne sous-entend nullement que l'auteur serait un violeur, un assassin, ou pire qu'un nazi en écrivant ça. ↩
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace