• [^] # Re: Rien de nouveau sous le soleil

    Posté par . En réponse au journal Eric S. Raymond sur la peur (des développeurs) de l'IA. Évalué à 4. Dernière modification le 28 février 2026 à 10:46.

    J'ai pris ma retraite en 2004, durant mes quelque 39 ans de carrière, la phrase "la programmation, c'est fini, elle va être automatisée" sorte de façon récurrente. Et moi, durant tout ce temps, je gagnais très bien ma vie en programmant. Soyons honnête, la partie analyse du problème posé, les méthodes numériques ou les algorithmes à appliquer, occupaient plus de temps que le codage proprement dit.

    C’est aussi l’argument d’ESR.

    Et je ne comprend pas cet argument. Qui, exactement (des noms !) ont dit "la programmation va être automatisée" ? Le seul exemple que j’aie en tête (de ma carrière certes plus courte que ça ma pas toute jeune non plus) c’est la mouvance no-code, que pas grand monde hors sphère pipotrice LinkedIn n’a pris au sérieux.

    L’IA, aujourd’hui, produit du code utilisé dans des vrais projets déployés en production. Oui, on est d’accord que les IA actuelles ne sont pas encore au point d’entièrement remplacer le développeur compétent. Mais commne le dit Karpathy : "The majority of the ruff ruff is people who look at the current point and people who look at the current slope". La tendance à l’amélioration rapide et significative des capacités de l’IA est claire, et il serait surprenant que ça s’arrête demain comme par hasard.

    Mon expérience : aujourd’hui en tant que dev senior je note qu’il est plus efficace de donner une tâche à Codex (et en le supervisant ensuite) qu’en donnant la même tâche à un dev junior (et en le supervisant ensuite). Pour le dire moins poliment : l’IA est déjà, aujourd’hui, capable d’automatiser la part "programmation" d’un dev ayant 3 ans d’expérience (école de programmation incluse) — ce qui aurait encore été du domaine de la science fiction en 2024. Ça inclut maintenant des « juniors » qui ont 2-3 ans d’expérience sur le projet sur lequel ils bossent. L’IA de février de 2026 est capable de prendre en charge (de manière supervisée toujours) des tâches que je n’aurai déléguées ni à un junior ni à une IA de juin 2025.

    À quel moment je suis censé observer ça et me dire « l’IA ne me remplacera jamais moi » ? En quoi serait-ce une inférence raisonnable ?