Il ne faut pas se faire aveugler par les attendus des gens qui ont écrit cet article, parce que ces attendus sont très idéologiques: la licence n'étant pas une filière professionnalisante, je ne vois pas comment la maitrise des outils permettant l'insertion dans le monde du travail pourrait être un critère valide pour estimer le niveau des étudiants.
Par contre, le problème de fond existe:
* Les smartphones et tablettes sont très différents des outils informatiques du monde professionnel, il est illusoire d'espérer un transfert de compétence entre les deux mondes
* Les employeur n'envisagent même plus de consacrer ne serait-ce que quelques jours à former de nouveaux employés aux outils informatiques de l'entreprise; connaitre ces outils, même s'ils sont propriétaires, est considéré comme faisant partie de la formation initiale
* Il y a une influence majeure du milieu social, puisqu'apparemment la maitrise des outils informatiques fait partie des "soft skills": ils sont essentiels à l'insertion professionnelle mais ne sont pas enseignés. C'est un peu pareil pour l'anglais, il y a des étudiants qui sont "magiquement" bilingues, et c'est souvent un critère majeur pour l'employabilité.
On demande l'impossible à l'enseignement supérieur. Les étudiants arrivent de plus en plus massivement dans les filières supérieures, avec un niveau moyen en baisse continue (choisissez vos raisons préférées pour l'expliquer), la dotation publique par étudiant baisse tous les ans, et les exigences d'employabilité ne font qu'augmenter, avec des délais de réactivité totalement insensés (comment former correctement des étudiants de licence aux LLM alors que les LLM n'existaient même pas quand ils ont commencé leur cursus?). Actuellement, les étudiants consacrent une partie très substantielle de leur temps à des apprentissages parallèles (projets professionnels, préparation à la recherche d'emploi, stages—très très prisés les stages, puisque pendant ce temps on n'a pas besoin de payer des enseignants --, langues, informatique, management...), ce qui dépeuple forcément les enseignements fondamentaux de la discipline. Il n'y a pas de solution à cette équation.
# Idéologie
Posté par arnaudus . En réponse au lien 1 étudiant sur 2 en fin de Licence ne maîtrise pas encore les compétences numériques nécessaires. Évalué à 9.
Il ne faut pas se faire aveugler par les attendus des gens qui ont écrit cet article, parce que ces attendus sont très idéologiques: la licence n'étant pas une filière professionnalisante, je ne vois pas comment la maitrise des outils permettant l'insertion dans le monde du travail pourrait être un critère valide pour estimer le niveau des étudiants.
Par contre, le problème de fond existe:
* Les smartphones et tablettes sont très différents des outils informatiques du monde professionnel, il est illusoire d'espérer un transfert de compétence entre les deux mondes
* Les employeur n'envisagent même plus de consacrer ne serait-ce que quelques jours à former de nouveaux employés aux outils informatiques de l'entreprise; connaitre ces outils, même s'ils sont propriétaires, est considéré comme faisant partie de la formation initiale
* Il y a une influence majeure du milieu social, puisqu'apparemment la maitrise des outils informatiques fait partie des "soft skills": ils sont essentiels à l'insertion professionnelle mais ne sont pas enseignés. C'est un peu pareil pour l'anglais, il y a des étudiants qui sont "magiquement" bilingues, et c'est souvent un critère majeur pour l'employabilité.
On demande l'impossible à l'enseignement supérieur. Les étudiants arrivent de plus en plus massivement dans les filières supérieures, avec un niveau moyen en baisse continue (choisissez vos raisons préférées pour l'expliquer), la dotation publique par étudiant baisse tous les ans, et les exigences d'employabilité ne font qu'augmenter, avec des délais de réactivité totalement insensés (comment former correctement des étudiants de licence aux LLM alors que les LLM n'existaient même pas quand ils ont commencé leur cursus?). Actuellement, les étudiants consacrent une partie très substantielle de leur temps à des apprentissages parallèles (projets professionnels, préparation à la recherche d'emploi, stages—très très prisés les stages, puisque pendant ce temps on n'a pas besoin de payer des enseignants --, langues, informatique, management...), ce qui dépeuple forcément les enseignements fondamentaux de la discipline. Il n'y a pas de solution à cette équation.