• [^] # Re: Respecter les autres, ce serait gentil

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Le libre et le mouvement du 10 septembre. Évalué à 3.

    Ce n'est pas un hasard si la police était plus proche de la population: c'est une nécessité de l'État qui, pour garder le contrôle absolu, ne pouvait pas le faire seulement par la force mais devait aussi le faire par les concessions: donner du mou au prolétariat, c'est diminuer les risques de contestation. C'est la base de l'État social, qui a eu ses plus belles heures après la seconde guerre mondiale, et dont la politique a cessé un peu partout dans le monde dans les années 80 et le néolibéralisme: on arrête les politiques publiques et on les remplace par un individualisme maximum. La réduction des missions "sociales" de la police n'est que la continuité de cette politique, et montre bien que son rôle n'est nullement d'être présente pour tout le monde mais bien pour l'État, et que le reste est bonus. L'État n'a plus besoin de faire de social, la répression suffit à contenir la contestation et ça lui coûte moins cher, à lui comme à la bourgeoisie: il ne va pas s'en priver.

    Lorsque le ministre de l'intérieur de l'époque a revu les priorité de la police il a fait beaucoup de mal à ce métier, et rends aujourd'hui une très mauvaise image, en plus d'augmenter drastiquement les violences de part et d'autres. Et ça ce n'est pas inhérent au corps de métier, mais aux directive du ministère de l'intérieur, et surtout celle-ci

    Pas d'accord. Ce n'est pas parce que les missions de la police ont diminué, mais parce que l'État et la bourgeoisie ont été de plus en plus violentes (appauvrissement et domination générale de la population, destruction des écosystèmes, individualisme forcené, tabassage des populations). Demander à la population d'accepter gentiment cette violence, sans rien faire, est en soi d'une violence cruelle; la contestation est absolument normale. Ce à quoi la police répond par encore plus de répression. Il ne faut pas oublier que la première des violences est celle du dominant sur les dominé·es, et que toute réaction est directement liée à cette première. Si on veut que les violences diminuent il ne faut pas remettre la police au contact de la population mais bien réduire la domination de l'État et de la bourgeoisie sur le prolétariat.