• # Réponse à l'exercice du vendredi

    Posté par . En réponse au lien Les « IA bros » ne comprennent rien à la création – une erreur indépendante de l’état actuel des IA. Évalué à 3.

    Ben oui je me réponds, mais en même temps j'essaie d'éclairer le post initial de SpaceFox sur la rentabilité et la vision artistique (je vais faire court et non-exaustif, donc imparfait ... ) :

    Les deux peintures sont de Goya et représentent la prairie de Saint-Isidore du côté de Madrid un jour de fête / procession.

    Elles ont été peintes à deux périodes différentes :

    La première à une époque où ça marchait bien pour Goya au niveau financier et au niveau de la reconnaissance, avec beaucoup de clients et beaucoup de commandes.
    Oui, peindre à l'époque ça coûte cher, et peindre veut dire se faire financer par des commandes de gens riches (nobles, bourgeois,ecclésiastiques) avec pour le peintre un statut d'exécutant dont une parie du "capital" artistique tient à sa maîtrise d'exécution et de l'attendu social de ses commanditaires.

    La deuxième vient bien après après la révolution Française et surtout après la guerre d'indépendance espagnole. Goya est reconnu, riche et surtout son statut lui permet de sortir de ses travaux de commande (il en fait encore, il faut manger et garder son statut).

    Goya himself :

    "... je me suis rendu compte qu'en général il n'y a pas, avec les commandes, de place pour le caprice et l'invention."


    Résumé très, très, très rapide :
    Le lien rentabilité / production artistique dans un contexte marchand tient d'un rapport de domination qui ne peut être brisé que si l'artiste est reconnu, ou (sinon) choisit de crever de faim.

    Le paradigme a bien sur changé de nos jours (diffusion, technique, cercles artistiques, auto-financement, etc..), mais revenir aux fondamentaux de la relation rentabilité/art fait toujours du bien.

    Si vous voulez creuser plus profond sur le sujet je vous conseille ce bouquin :

    Ceci n'est pas qu'un tableau Essai sur l’art, la domination, la magie et le sacré

    Pour le reste je vous laisse juges de la qualité esthétique de ces deux tableaux.