• [^] # Re: Inédit pour les métiers qualifiés

    Posté par . En réponse au journal Coder avec l'IA : le déclin du plaisir. Évalué à 5.

    Or, c'est faux. L'IA ne fait que régurgiter ce qu'on lui a donné à manger, en version étiolée/modifiée. Mais en raisonnement créatif pur, c'est le néant.

    Ça n'est pas évident à suivre parce que ça évolue à une vitesse vertigineuse, mais le fonctionnement d'une IA récente n'a plus grand chose à voir avec les chatbots d'il y a 3 ans. C'est toujours un peu basé sur le même principe, mais il y a des surcouches très complexes qui font que non, les IA ne sont pas du tout des machines à recracher. Il y a eu ces derniers mois des progrès qualitatifs sur les benchmarks sophistiqués (construits sur des problèmes originaux qui ne sont pas dans les données d'entrainement), et il semble que les experts trouvent de plus en plus dur de trouver des tâches où l'humain est supérieur. Donc oui, la recherche en IA progresse, non, les IA ne sont plus des machines à régurgiter.

    Sur le côté créatif, même les premières versions de chatGPT ont montré leur capacité à créer : de la musique, du texte, des images, des objets 3D, etc. Je trouve que la question ne se pose même pas, ces logiciels peuvent créer des "oeuvres" de manière bien plus efficace qu'un humain moyen (bien sûr, ça n'est pas du Zola, mais encore une fois le critère d'une IA n'est pas de surpasser le meilleur humain dans tous les domaines!).

    Je suis surpris qu'une IA n'ait pas encore résolu un problème de maths

    Cette année, l'IA de Google a résolu 5 problèmes sur 6 des "International Math Olympiades", ce qui la classe dans les 30 premiers (c'est une compétition hyper-balaise). Les IA spécialisées ont le niveau des tous meilleurs mathématiciens du monde.

    perroquets stochastiques

    Le déni ne te mènera nulle part.

    Il faut juste décorréler le buzz et les annonces autour de l'économie, des $$,ドル des problèmes écologiques liés à l'IA, et les performances réelles. On peut trouver que l'IA est trop chère, qu'elle n'a pas de business model, qu'on lui confie des tâches qu'elle n'est pas capable d'assumer, que les problèmes légaux écologiques et sociétaux posés sont énormes, etc. Tout le monde est d'accord avec ça. Mais tout ça ne justifie absolument pas de dénigrer les performances de ces modèles, et la vitesse à laquelle leurs performances évoluent. On peut se plaindre de la manière dont les gens les utilisent, mais pas de leur capacité à repousser quasiment tous les jours les limites de la complexité des tâches qu'on pensait pour très longtemps hors de portée d'un ordinateur. Utiliser des sobriquets comme "perroquet stochastique", c'est juste admettre qu'en fait tu ne sais absolument pas de quoi ces logiciels sont capables, ce qui fait que le choc sera encore plus grand quand tu les verras s'immiscer dans ta vie.