• [^] # Re: Inédit pour les métiers qualifiés

    Posté par . En réponse au journal Coder avec l'IA : le déclin du plaisir. Évalué à 3.

    Sauf que ce n'est pas du une "vraie" démocratisation

    Bof, je ne vois pas trop où tu veux en venir. Quand on dit que la bagnole a rendu les gens libres de se déplacer, ils sont dépendants d'un objet propriétaire qu'ils achètent à une industrie. Quand les traitements de texte ont permis à tout le monde de taper leur CV ou n'importe quoi sans recours à un(e) dactylo, les traitements de texte étaient des logiciels propriétaires.

    Et de fait, j'ai du mal à voir ce que changerait fondamentalement une IA libre. Il est impensable qu'une IA libre du niveau des gros LLM du marché puisse être mise à disposition gratuitement, les ressources nécessaires ne sont pas compatibles avec l'informatique personnelle, et les serveurs nécessaires à faire tourner un tel service nécessitent de lourds investissements. Bizarrement, du fait du dumping actuel (certes, temporaire et maisain), tout le monde peut accéder à ces ressources, mêmes ceux qui n'en auraient probablement pas les moyens. Donc je ne vois pas trop le rapport entre le libre et la démocratisation.

    Sans être un technophile béat, il me semble assez raisonnable que des améliorations et optimisations vont venir dans les années qui viennent, et qui pourraient baisser de manière substantielle le coût d'entrée de ces technologies, et les rendre compatibles avec une distribution sous forme de logiciels libres. J'ai du mal à imaginer un recul de l'accès à ces technos à cause du coût. Il est aussi possible que payer un abonnement mensuel modeste, du même ordre de grandeur que le téléphone portable, puisse devenir la norme.

    mais pas des compétences.

    Si la compétence revient à maitriser les prompts, alors ces compétences vont se démocratiser. La plupart des développeurs C n'ont pas de compétences en assembleur, et pourtant ils le vivent bien. Et la plupart des développeurs dans les langages de haut niveau n'ont pas de compéhension fine de la manière dont la machine fonctionne, mais ils vivent avec, ça ne les empêche pas d'exploiter les possibilités offertes par le langage. Donc ces fameuses compétences d'une élite sans lesquelles tu ne peux pas vraiment comprendre ce que tu fais, on en a tous entendu parler, et on sait bien que c'est du flan. Les utilisateurs de LLM dépendront des "vrais" codeurs de la même manière que les devs C++ dépendent de ceux qui écrivent les compilateurs; et ceux qui écrivent les compilateurs dépendent de ceux qui gravent les puces, et ceux qui gravent les puces dépendent des chercheurs en physique, etc. Cette forme de dépendance où on exploite des outils qu'on ne saurait pas construire nous-mêmes, elle n'est pas nouvelle, et elle est inévitable dans un monde complexe.

    La nouveauté de l'IA, c'est qu'elle peut potentiellement se passer de la couche d'en-dessous. Il est tout à fait imaginable qu'une IA soit capable de coder une IA, et donc de se passer des créateurs des outils logiciels qu'elle utilise. C'est même parfaitement théorisé, c'est lié à la singularité technologique, et le jour où on atteint ça on ne sait pas comment ça va se passer. C'est peut-être d'ailleurs comme ça qu'on pourrait arriver à faire tourner ces modèles sur des petits smartphones, si c'est possible bien sûr.