Pour l'instant on ne voit pas vraiment la différence: on lève des fonds, la boite n'a aucun revenu...
Disons que la différence est peut-être qu'il est certainement plus difficile de merdifier une application développée par une entreprise à mission, parce que la mission est inscrite dans les statuts. C'est une histoire de rapport de force entre la direction de la boîte et les investisseurs. En tout cas, il est peu probable que la merdification fasse aujourd'hui partie du plan.
Ceci dit, j'imagine qu'il n'y a pas 50 sources de revenus: publicité, abonnement contre services ou priorisation, et revente des données des utilisateurs. Il faudrait éplucher les statuts de la boite pour comprendre ce qui est compatible ou non avec la mission.
Et j'ai déjà entendu "s'ils merdent, on changera d'instance, c'est décentralisé".
Mouais, j'ai pas trop entendu ça, ça semble assez improbable. Vu le coût d'un serveur Mastodon, qui est pourtant construit pour être décentralisé (peut-être mal construit, mais ça n'est pas le problème), dupliquer Bluesky demande des moyens de multinationales.
Ce qui semble plus probable, c'est une décentralisation "amicale". J'imagine que Bluesky peut accepter de servir de passerelle vers des instances indépendantes.
Est arrivé ça:
Là, je trouve que ton argument est très politique. Quelles sont tes attentes pour un réseau social? La vision d'un internet non-géographique, hors de portée des lois, est une vision très libertarienne. Il se trouve que dans certains pays, le pouvoir en place est douteux, et que des lois liberticides peuvent limiter la liberté d'expression, mais je trouve ça assez étrange de mettre la décision de respecter une décision de justice dans les mains de la modération d'une entreprise. Pour prendre un exemple plus concret, l'interdiction du négationnisme en France est considérée comme une violation grave de la liberté d'expression en Amérique du Nord; est-ce que ça justifierait que les réseaux sociaux hébergés aux US refusent de bloquer les posts négationnistes pour les utilisateurs français? Je trouve que la limite entre la collaboration avec les régimes répressifs et le respect des lois et des cultures locales est très floue, et je me garderais bien de choisir un camp. Au mieux, on pourrait s'attendre que ces entreprises ne fournissent pas le service dans certains pays s'ils pensent que les lois ne sont pas compatibles avec la culture de l'entreprise.
[^] # Re: Merdification
Posté par arnaudus . En réponse au journal Traduction : Vous ne pouvez combattre l'enshittification. Évalué à 4. Dernière modification le 08 août 2025 à 10:11.
Disons que la différence est peut-être qu'il est certainement plus difficile de merdifier une application développée par une entreprise à mission, parce que la mission est inscrite dans les statuts. C'est une histoire de rapport de force entre la direction de la boîte et les investisseurs. En tout cas, il est peu probable que la merdification fasse aujourd'hui partie du plan.
Ceci dit, j'imagine qu'il n'y a pas 50 sources de revenus: publicité, abonnement contre services ou priorisation, et revente des données des utilisateurs. Il faudrait éplucher les statuts de la boite pour comprendre ce qui est compatible ou non avec la mission.
Mouais, j'ai pas trop entendu ça, ça semble assez improbable. Vu le coût d'un serveur Mastodon, qui est pourtant construit pour être décentralisé (peut-être mal construit, mais ça n'est pas le problème), dupliquer Bluesky demande des moyens de multinationales.
Ce qui semble plus probable, c'est une décentralisation "amicale". J'imagine que Bluesky peut accepter de servir de passerelle vers des instances indépendantes.
Là, je trouve que ton argument est très politique. Quelles sont tes attentes pour un réseau social? La vision d'un internet non-géographique, hors de portée des lois, est une vision très libertarienne. Il se trouve que dans certains pays, le pouvoir en place est douteux, et que des lois liberticides peuvent limiter la liberté d'expression, mais je trouve ça assez étrange de mettre la décision de respecter une décision de justice dans les mains de la modération d'une entreprise. Pour prendre un exemple plus concret, l'interdiction du négationnisme en France est considérée comme une violation grave de la liberté d'expression en Amérique du Nord; est-ce que ça justifierait que les réseaux sociaux hébergés aux US refusent de bloquer les posts négationnistes pour les utilisateurs français? Je trouve que la limite entre la collaboration avec les régimes répressifs et le respect des lois et des cultures locales est très floue, et je me garderais bien de choisir un camp. Au mieux, on pourrait s'attendre que ces entreprises ne fournissent pas le service dans certains pays s'ils pensent que les lois ne sont pas compatibles avec la culture de l'entreprise.