• [^] # Re: Donald Trump et son parti marchent dans les pas des fascistes mussoliniens et hitlériens

    Posté par . En réponse au lien Projet insensé de l'administration Trump de refuser l’accès aux contraceptifs et de les détruire. Évalué à 7.

    tu as des exemples concrets ? pour moi, ce n'est plus le même coût de marché dont on parle (du client final) : c'est celui de la bourse de l'énergie dans ce cas, qui correspond aux échanges inter-frontaliers.

    Même pas eu besoin des échanges inter-frontaliers.

    Rappelons comment fonctionne l'ARENH (simplifié pas mal, et pas spécialemen pour toi, à qui je réponds, vu que tu as l'air de connaître un peu, mais pour d'autres lecteurs qui se sentiraient un peu perdus):

    • Pour lancer la concurrence, EDF doit vendre de l'électricité issue de sa production nucléaire à coûts réglementés (les 42€ mentionnés).
    • Le coût du "marché" est fixé par le coût de la production la plus chère en route à un instant donné (ex: si on fait 75% de nuc, 24% avec des panneaux solaires, et 1% avec une centrale au gaz, 100% de l'électricité à ce moment est facturée au prix du gaz, parce que c'est la ressource la plus chère). L'idée derrière était de donner de bonnes marges aux "fournisseurs" pour qu'ils développent leur propre production. Mais on a oublié de rendre ça contraignant, donc ils ont juste pris le pognon et n'ont que très peu construit. Qui aurait pu prévoir??). C'est là que je zappe sur une partie complexe mais importante: il y a des marchés instantanées, des marchés avec termes plus ou moins lointain, etc.
    • Les fournisseurs ont donc acheté des pans de prod nucléaire à EDF, autant que les quota leur permettaient.

    Et maintenant un grand moment de capitalisme:

    • Arrive la crise du gaz. Pas grave me diriez-vous? Sauf que si: les fournisseurs ne veulent pas acheter de la prod à prix d'or à l'avance si le prix est susceptible de s'effondrer à nouveau n'importe quand!
    • Problème: tout le marché ne peut se faire en instantanée, ils doivent pouvoir garantir qu'ils ont acheté assez pour les besoins de leurs clients.
    • Après avoir rogné sur ce qu'ils avaient d'avant, ils décident de bazarder leurs clients! Non-renouvellement de contrats ou nouveaux tarifs totalement délirants pour s'assurer que les clients se cassent.
    • Les clients retournent naturellement chez EDF (la filiale "fournisseur") dont les prix sont encore encadrés, et qui n'a pas le droit de refuser de client.
    • Ah mais EDF n'a plus assez d'électricité nucléaire en son nom, vu qu'elle a été légalement obligée de la vendre aux fournisseurs...
    • Et bien EDF n'a plus qu'à racheter cette électricité nucléaire de ces fournisseurs... au prix du marché, bien entendu: grâce à la crise du gaz, les fournisseurs se refont encore des couilles en or! Elle est pas belle, la vie?

    Les "fournisseurs" (ça s'appelle comme ça même si rappelons que nombre d'entre eux ne produisent rien ou très peu) ont acheté de l'électricité produite par EDF en masse.

    La mise en place du bouclier énergétique est symptomatique qu'il y a une couille dans le pâté ;-)

    Et on rappellera ici aussi le principe du bouclier tarifaire:
    L'État fixe un prix plafond pour l'électricité. Ouf, les consommateurs sont sauvés.
    L'État paie ensuite la différence entre la facture au tarif plafond et la facture telle qu'elle aurait dû être.

    Quoi? Et bien oui: sous vos yeux ébahis, l'État a utilisé l'argent public pour payer des entreprises qui ne produisent rien mais étaient bien contentes de se gaver sur le dos de la crise du gaz, et ça aurait été injuste qu'elles ne puissent pas profiter de cette crise pour se gaver comme jamais n'est-ce pas?

    Oui, l'État a bien décidé d'utiliser l'argent public pour grassement subventionner des profiteurs en échange d'absolument rien.

    Ah, évidemment la leçon a été retenue: l'ARENH a été amendée au niveau européen (je n'ai pas regardé ce qui change). Amendé, pas supprimé et remplacé. On ne fait pas une révolution dans un système qui fonctionne si bien...