« l'acétamipride élimine les insectes ravageurs en s'attaquant à leur système nerveux. »
-> Non, il élimine tous les insectes, pas juste les ravageurs.
« il agit en ciblant les récepteurs nicotiniques de l'acétylcholine dans le système nerveux de l'insecte »
-> Là aussi, il cible les systèmes nerveux de tous les êtres vivants, pas uniquement des insectes. On trouve pas mal d'études sur les ravages sur les mollusques, poissons, et rats de laboratoires.
« En clair : la clothianidine, interdite en Europe en 2018, est 2 300 fois plus toxique par ingestion que l'acétamipride, et 330 fois plus toxique par contact. »
-> Oui, et la ricine est 6000 fois plus toxique que le cyanure, est-ce suffisant pour dire que le cyanure, ça va, c'est cool ?
« l'Efsa a noté des points d'incertitude. [...] : la neurotoxicité développementale, et les propriétés de perturbation endocrinienne. »
-> Donc les bébés, c'est pas grave, ou laisse couler, on vivra avec, ou sans ? Le truc ne prouve pas sa toxicité sur les adultes, mais ya un risque sur le neurodéveloppement des fœtus, et la fertilité, bah, c’est pas grave ?
C'est tout le raisonnement derrière cette réintroduction : « après moi le déluge » je fais mon fric aujourd'hui : demain on s'en bat les blattes.
« elle applique désormais un facteur 500 de sécurité. »
-> Ok, on a salement réduit la dose considérée dangereuse, sauf que la dose répandue pour tuer les insectes, c'est un peu la même, sinon ça tue plus rien. Et quand on voit que la majorité des boîtes de thon du commerce dépassent, et parfois allègrement, le dosage maximal de mercure (dont personne ne va douter de la toxicité hein ?), sans conséquences judiciaires à ce jour, on se demande qui va vérifier le dosage dans nos assiettes, et si cette norme va être respectée d'une façon ou d'une autre.
Et on va dire « bah oui, mais bon, vous passez à côté d'un champs en plein épandage, c'est sûr », bah oui, mais bon, y'a une route...
« Selon l'Anses, il se vendait en 2020, en France, plus d'acétamipride en usage domestique qu'en usage agricole. »
-> Là, j'avoue, je suis un peu sidéré, mais la réponse n'est pas à mon sens de l'autoriser sur les exploitation, mais de l'interdire tout court.
De toute façon : n'utilisez jamais d'insecticides chez vous contre les mouches, moustiques etc, c'est idiot, laissez plutôt vivre les araignées.
« des alternatives à l'usage de l'acétamipride ont été trouvées. Mais pas pour toutes... La filière des betteraves sucrières, notamment, reste vulnérable aux attaques de pucerons »
-> La coccinelle est une alternative crédible, sérieuse, et relativement gratos, au delà d'une possible réintroduction initiale (suite à trop d'usage de pesticides), c'est immédiatement rentable par rapport à un épandage (= travail = pas gratuit) de produit payant. Normalement après la première année, tu ne touches plus à rien, et t'es tranquille, la perte résiduelle de production étant largement compensée par la non-dépense de produit phytosanitaires et de temps (et matériel) passés à pulvériser.
« Aujourd'hui, 350 producteurs fournissent en France environ 12 000 tonnes de noisettes, soit à peine un quart de la consommation domestique. Le reste est massivement importé de Turquie, et dans une moindre mesure d'Italie ou des États-Unis... Qui, tous, utilisent de l'acétamipride, et une kyrielle d'autres substances... que la France interdit. »
-> Et on en revient au dernier argument : l'autre solution est un protectionnisme pour raison de santé publique : interdire (ou taxer dans un premier temps, et forcer l'indication sur les étiquettes) l'importation de noisette traitées permettra à la filière Française de profiter de son marché devenu captif, paf.
Et c'est exactement la demande initiale, la grogne initiale des agriculteurs français : lutter contre les producteurs étrangers qui ont moins de normes n'est pas viable.
Le gouvernement choisit de réduire les normes, alors qu'il y a un super levier de protectionnisme ici, avec label de qualité, et donc marché à l'exportation.
On nivelle par le bas, là où notre seul réel levier de compétitivité (non, on ne va pas concurrencer les salaires turques, chinois, indiens, etc.) est de tirer vers le haut.
[^] # Re: Point Genius
Posté par Yth (Mastodon) . En réponse au lien Abrogation de la loi Duplomb: une pétition bat des records sur le site de l’Assemblée Nationale. Évalué à 10.
Citations de l'article :
-> Non, il élimine tous les insectes, pas juste les ravageurs.
-> Là aussi, il cible les systèmes nerveux de tous les êtres vivants, pas uniquement des insectes. On trouve pas mal d'études sur les ravages sur les mollusques, poissons, et rats de laboratoires.
-> Oui, et la ricine est 6000 fois plus toxique que le cyanure, est-ce suffisant pour dire que le cyanure, ça va, c'est cool ?
-> Donc les bébés, c'est pas grave, ou laisse couler, on vivra avec, ou sans ? Le truc ne prouve pas sa toxicité sur les adultes, mais ya un risque sur le neurodéveloppement des fœtus, et la fertilité, bah, c’est pas grave ?
C'est tout le raisonnement derrière cette réintroduction : « après moi le déluge » je fais mon fric aujourd'hui : demain on s'en bat les blattes.
-> Ok, on a salement réduit la dose considérée dangereuse, sauf que la dose répandue pour tuer les insectes, c'est un peu la même, sinon ça tue plus rien. Et quand on voit que la majorité des boîtes de thon du commerce dépassent, et parfois allègrement, le dosage maximal de mercure (dont personne ne va douter de la toxicité hein ?), sans conséquences judiciaires à ce jour, on se demande qui va vérifier le dosage dans nos assiettes, et si cette norme va être respectée d'une façon ou d'une autre.
Et on va dire « bah oui, mais bon, vous passez à côté d'un champs en plein épandage, c'est sûr », bah oui, mais bon, y'a une route...
-> Là, j'avoue, je suis un peu sidéré, mais la réponse n'est pas à mon sens de l'autoriser sur les exploitation, mais de l'interdire tout court.
De toute façon : n'utilisez jamais d'insecticides chez vous contre les mouches, moustiques etc, c'est idiot, laissez plutôt vivre les araignées.
-> La coccinelle est une alternative crédible, sérieuse, et relativement gratos, au delà d'une possible réintroduction initiale (suite à trop d'usage de pesticides), c'est immédiatement rentable par rapport à un épandage (= travail = pas gratuit) de produit payant. Normalement après la première année, tu ne touches plus à rien, et t'es tranquille, la perte résiduelle de production étant largement compensée par la non-dépense de produit phytosanitaires et de temps (et matériel) passés à pulvériser.
-> Et on en revient au dernier argument : l'autre solution est un protectionnisme pour raison de santé publique : interdire (ou taxer dans un premier temps, et forcer l'indication sur les étiquettes) l'importation de noisette traitées permettra à la filière Française de profiter de son marché devenu captif, paf.
Et c'est exactement la demande initiale, la grogne initiale des agriculteurs français : lutter contre les producteurs étrangers qui ont moins de normes n'est pas viable.
Le gouvernement choisit de réduire les normes, alors qu'il y a un super levier de protectionnisme ici, avec label de qualité, et donc marché à l'exportation.
On nivelle par le bas, là où notre seul réel levier de compétitivité (non, on ne va pas concurrencer les salaires turques, chinois, indiens, etc.) est de tirer vers le haut.