• # Quelques commentaires

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Libre est Queer. Évalué à 8.

    Les licences libres ne pourraient pas exister hors du cadre du système capitaliste - tout simplement parce que, hors de ce cadre, les licences tout court n'existeraient probablement pas : elles n'auraient pas lieu d'être. C'est l'une des raisons pour lesquelles je ne suis pas fan des « licences anticapitalistes ». Pour une autre raison, voir un peu plus loin.

    Je serais un peu plus nuancé sur ce sujet. Je ne sais pas si on peut dire que les sociétés pré- ou non-industrielles ne sont pas capitalistes ; ça dépend déjà en partie de comment on définit le capitalisme : accumulation du capital ou aliénation du capital. Mais dans la société non-industrielle au sein de laquelle j'ai vécu et avec laquelle je travaille (ici https://www.openstreetmap.org/#map=14/-16.41591/167.77419), je vois des formes d’appropriation et d’aliénation via la propriété privée ou linéaire du foncier et des biens culturels. Ces sociétés pratiquent également la limitation des pratiques culturelles via l'appropriation de l'autorat et de la production des œuvres de l'esprit. Par exemple, le droit de conter certaines histoires ou de pratiquer certains motifs peut être possédé par des linéages précis. Et ces histoires, qu’un étranger classerait comme mythe, légende ou conte, sont perçues localement comme l'Histoire. Et ça a des conséquences très fortes. Travaillant à un dictionnaire culturel avec les vieux d'un village là-bas, je n'ai pas pu documenter certains sujets car les explications liées à ceux-ci sont privées et les vieux concernés ne souhaitaient pas les divulguer publiquement. Et je sais que ça a attristé de nombreux membres de cette communauté, car pour ces derniers, c'est vécu comme une partie de leur identité qui est possédée par des vieux et protégée par un tabou/droit linéaire.

    Bref, je ne sais pas si le droit d’auteur est lié au capitalisme, car peut-être que l'on peut considérer ces personnes capitalistes d'une certaine manière, mais clairement, ce n'est pas une invention nécessairement liée au capitalisme industriel.

    De manière générale, je n’aime pas trop les gros concepts fourre-tout comme capitalisme, patriarcat, fascisme, car finalement, on y met tout et n'importe quoi, aussi bien comme cause que comme effet. Finalement, je trouve que ces concepts, surtout qu'ils sont souvent simplement acceptés comme tels, n’aident pas à expliquer quoi que ce soit et qu’on ferait mieux de s’en passer pour mieux discuter.

    Et pour débattre un peu : de mon côté, si je vois plein de problèmes et de limites aux différentes formes d'IA, mais actuellement, je dois avouer que ça m’aide énormément à résoudre des problèmes que je n’arrivais pas à résoudre auparavant. Ça m’énerve un peu les gens qui réduisent l'IA à une hype, car je trouve ça tellement utile pour coder, surtout probablement en tant que mauvais codeur.