Je pense qu'effectivement le nombre d'exemple où des marchés ont été perdus juste parce que ce n'est pas facile de se battre dans une langue qui n'est pas sa langue maternelle. J'avais vu qq part que les asiatiques (chinois ? japonais ?) voulaient toujours avoir recours à des traducteurs même s'ils comprenaient l'anglais, pour ne pas se retrouver en position d'infériorité par rapport aux anglophones.
Et n'importe quel patron (commercial, chercheur,...) non anglophone, même s'il parle couramment l'anglais partira avec un handicap.
J'ai vu personnellement des chercheurs brillants qui végètent à un niveau national qui ne devrait pas être le leur. Cherchez la cause... Et pourtant ils parlent très bien anglais, écrivent tous leurs articles en anglais, et font leurs conférences en anglais... Mais c'est dans les discussions après (au restaurant) qu'ils ne sont pas bons. Et finalement c'est ça qui compte le plus... Personnellement, j'ai assisté à d'innombrables conférences en anglais sur des sujets très techniques (que j'aurais déjà eu du mal à ingurgiter en français). L'anglais m'a encore compliqué la tâche... Et un étudiant anglophone à côté de moi aurait pu en profiter goulument...
Bien sûr le problème est caché et quasiment inavouable. Il n'est pas de bon ton d'avouer ce qui pourrait paraître comme une faiblesse en anglais. Alors on fait comme si de rien n'était...
Alors quelle est la solution ?
> La prédominance de l'anglais n'est qu'actuelle et n'est pas gravée dans le marbre. Chacun reste libre d'utiliser sa langue.
Je ne suis pas d'accord malheureusement... On est obligé de s'y mettre. Il y a encore un siècle ou deux, ces choses-là pouvaient encore changer. Et le français était plus utilisé partout. Maintenant c'est différent. On vit dans un monde où les communications se font à l'échelle planétaire. La loi du plus fort conduit toujours à l'extinction des plus faibles. Je vois mal comment la suprématie américaine dans tous les domaines pourrait changer. La plupart des pays européens préfèrent s'incliner plutôt que s'allier pour faire face. Des langues comme le danois sont en train de mourir (même les séries tv et des jeux tv sont en anglais là-bas...) Le français même est figé. Les académiciens ont beau nous inventer "cédérom" 5 ans après que CDROM soit entré dans la langue, ça ne sert pas à grand-chose. La langue ne progresse plus que par assimilation de mots anglais. Finalement, quand tout le monde parlera anglais, les problèmes cités plus haut n'existeront plus et ce sera peut-être un moindre mal.
En attendant, la seule solution pour permettre de rester compétitifs et de ne pas se faire bouffer tous crus, c'est d'encourager au maximum les efforts de traduction. Si les traducteurs automatiques deviennent un jour au point, on aura fait un pas énorme. Traduire le noyau est une bonne initiative. Pas seulement parce que cela peut permettre à des gens qui connaissent mal l'anglais de comprendre un peu mieux. Aussi parce que ceux qui parlent anglais doivent avoir le choix de penser dans leur langue, et de mieux comprendre les concepts. Et ce travail n'est pas du temps perdu pour les traducteurs qui vont apprendre des tas de choses intéressantes.
[^] # Re: Projet relancé chez traduc.org : traduction du noyau Linux.
Posté par V . En réponse à la dépêche Projet relancé chez traduc.org : traduction du noyau Linux.. Évalué à 6.
Et n'importe quel patron (commercial, chercheur,...) non anglophone, même s'il parle couramment l'anglais partira avec un handicap.
J'ai vu personnellement des chercheurs brillants qui végètent à un niveau national qui ne devrait pas être le leur. Cherchez la cause... Et pourtant ils parlent très bien anglais, écrivent tous leurs articles en anglais, et font leurs conférences en anglais... Mais c'est dans les discussions après (au restaurant) qu'ils ne sont pas bons. Et finalement c'est ça qui compte le plus... Personnellement, j'ai assisté à d'innombrables conférences en anglais sur des sujets très techniques (que j'aurais déjà eu du mal à ingurgiter en français). L'anglais m'a encore compliqué la tâche... Et un étudiant anglophone à côté de moi aurait pu en profiter goulument...
Bien sûr le problème est caché et quasiment inavouable. Il n'est pas de bon ton d'avouer ce qui pourrait paraître comme une faiblesse en anglais. Alors on fait comme si de rien n'était...
Alors quelle est la solution ?
> La prédominance de l'anglais n'est qu'actuelle et n'est pas gravée dans le marbre. Chacun reste libre d'utiliser sa langue.
Je ne suis pas d'accord malheureusement... On est obligé de s'y mettre. Il y a encore un siècle ou deux, ces choses-là pouvaient encore changer. Et le français était plus utilisé partout. Maintenant c'est différent. On vit dans un monde où les communications se font à l'échelle planétaire. La loi du plus fort conduit toujours à l'extinction des plus faibles. Je vois mal comment la suprématie américaine dans tous les domaines pourrait changer. La plupart des pays européens préfèrent s'incliner plutôt que s'allier pour faire face. Des langues comme le danois sont en train de mourir (même les séries tv et des jeux tv sont en anglais là-bas...) Le français même est figé. Les académiciens ont beau nous inventer "cédérom" 5 ans après que CDROM soit entré dans la langue, ça ne sert pas à grand-chose. La langue ne progresse plus que par assimilation de mots anglais. Finalement, quand tout le monde parlera anglais, les problèmes cités plus haut n'existeront plus et ce sera peut-être un moindre mal.
En attendant, la seule solution pour permettre de rester compétitifs et de ne pas se faire bouffer tous crus, c'est d'encourager au maximum les efforts de traduction. Si les traducteurs automatiques deviennent un jour au point, on aura fait un pas énorme. Traduire le noyau est une bonne initiative. Pas seulement parce que cela peut permettre à des gens qui connaissent mal l'anglais de comprendre un peu mieux. Aussi parce que ceux qui parlent anglais doivent avoir le choix de penser dans leur langue, et de mieux comprendre les concepts. Et ce travail n'est pas du temps perdu pour les traducteurs qui vont apprendre des tas de choses intéressantes.