• # XEN et migration à chaud

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche La virtualisation pour les nuls et autres enjeux autour des datacenters. Évalué à 5.

    Bonjour et merci pour ce long article qui présente un certain état de l'art de la virtualisation informatique.

    Je souhaite compléter en citant comme hyperviseur de niveau 1 XEN. C'est un hyperviseur qui s'installe sur le matériel physique car orienté à l'origine pour la paravirtualisation, et qui se gère depuis une machine virtuelle invitée privilégié, le "domaine 0".
    XEN est un peu en perte de vitesse, mais c'était la base technique d'Amazon AWS, et on le retrouve encore dans son offre bas de gamme dans le type T2.

    Concernant la migration à chaud présentée comme un avantage, il faut bien être conscient que de la théorie à la pratique il y a un écart, voir un fossé. En effet selon les applications utilisées sur la machine virtuelle et la charge des traitements ça peut effectivement être "magique" ou bien catastrophique. Le principe est que la mémoire de la machine virtuelle sur l'hyperviseur source est recopiée sur hyperviseur cible. Si les disques ne sont pas en réseau (SAN ou NAS) ils doivent aussi être transférés. Tout ça prend du temps, donc des resynchronisations régulières sont effectuées jusqu'à arriver à un état très proche entre les deux machines virtuelles. À ce moment l'hyperviseur source fige la machine d'origine, envoie les dernières données en écart, et l'hyperviseur cible démarre aussi vite qu'il le peut la nouvelle instance.
    On voit vite les limites : Si les processeurs physiques sont différents (instructions étendues différentes par exemple) ça peut coincer. Il y a aussi le lien réseau pas assez capacitaire pour le transfert des données de mémoire et/ou de disque et atteindre le point de syncro, ou également les logiciels intolérants aux micro sauts dans le temps de l'horloge. D'expérience, un serveur Web simple encaisse très bien, mais des bases de données type IBM DB2 d'il y a quelques années supportent beaucoup moins.
    VMware semble se débrouiller assez bien, mais c'est un hyperviseur type 2, et les fournisseurs de cloud aussi à priori. Mais il vaut mieux éviter de tenter le diable. D'ailleurs souvent les fournisseurs de cloud imposent l'arrêt des machines lorsqu'on souhaite changer le type de serveur et de processeur dans leur offre, ce qui dans les faits est un changement d'hyperviseur.