• [^] # Re: Peut-on améliorer quelque chose que l'on ne mesure pas ?

    Posté par . En réponse au journal ZFE, merdouilles ,et firefox. Évalué à 6.

    tu regardes le principal indicateur qui blâme plutôt le chauffage que la voiture

    Je regarde les indicateurs qui ont un impact direct sur la santé et sur le comportement quotidien à adopter en fonction de la pollution. Tout comme pour la météo qui a un impact direct sur les vêtements choisis et le comportement (quand il pleut ou neige, on évite certaines activités).

    Pour rappel, à partir du niveau 100, les personnes fragiles doivent limiter les activités physiques extérieures, à partir de 150, c'est tout le monde qui doit limiter les activités (ex: ne pas faire de footing).

    Ces indicateurs sont repris par les bulletins à destination de la population sur la qualité de l'air. Tu as une vidéo explicative sur la page d'un bulletin récent qui explique pourquoi les PM1, PM2.5 et PM10 sont surveillés.

    Ton lien vers l'UE indique d'ailleurs:

    PM2,5, le plus nocif de tous les polluants atmosphériques

    De plus, les données PM1, PM2.5 et PM10 sont accessibles en temps réel, sur n'importe quelle station. Je ne l'ai pas précisé, mais chaque polluant a son index, et l'AQI correspond à la valeur maximale.

    Sur l'historique, il y a le type de polluant. Prenons la station de Grenoble de mon message précédent, elle supporte 3 polluants: PM2.5, P10, et O3, avec un historique depuis 2014, très bien pour suivre l'évolution. Si je regarde l'O3: ce n'est que l'été. Donc soit les voitures ne roulent pas l'hiver, soit ce n'est pas lié aux voitures (pollution très dépendante des conditions climatiques, page 6 de ton rapport gouvernemental, fin du second paragraphe). De plus, il y a très peu de journées en orange ou de rouge.

    Pour le NO2, prenons la deuxième station d'Avignon de mon message précédent (au moins on ne pourra pas dire que j'ai choisi des stations spécialement pour te répondre). Celle-ci supporte NO2, un bel historique depuis 2016, parfait pour l'analyse. Pour ceux qui ne veulent pas aller voir: tout est vert. Le problème du NO2 semble plus être dans les lieux clos, comme des garages/parking.

    Dans l'immédiat, je ne vois pas de station avec du SO3 mesuré. Mais tout comme c'est écrit dans le titre: on ne peut pas amélioré ce qui n'est pas mesuré. Ce que je veux dire par là, c'est que l'on ne peut pas dire que l'on va réduire la pollution par des mesures contraignantes sans faire un état des lieux clairs de la pollution actuelle de la ville concernée, et sans se fixer un objectif clair. L'objectif "zéro pollution" de ton lien de l'UE est un exemple d'objectif, même si il n'est pas clair, et manque de chiffres.

    Ceci dit, les stations citoyennes ne mesurent pas NO2, O3 et SO2, car cela fait des capteurs en plus, qui doivent coûter cher. Et d'après les stations officielles, cela a peu d'intérêt de mesurer ce type de pollution pour un citoyen car la qualité semble déjà bonne.

    Je pense que les polluants les plus important ont été choisi (Rappel de ton lien: "PM2,5, le plus nocif de tous les polluants atmosphériques") et ce n'est qu'une coïncidence si c'est le chauffage au bois qui génère le plus de ce type de particule (rappel de mon passage sur www.isere.gouv.fr: 64% de la pollution contre 18% pour le transport).

    Content de voir que dans ton rapport gouvernemental, page 16, il y a 68% des PM2.5 qui revient au résidentiel/tertiaire. Et si je reviens sur le sujet des ZFE-m, c'est en général le centre ville, avec très peu d'industrie (exit le SO2) et très peu d'agriculture (exit le NH3).

    Sur la page 22, on peut lire que seule la concentration en PM10 et PM2.5 sont réglementés. Cela explique pourquoi les stations citoyennes dont je parlais plus haut surveillent ces polluants. Ce n'est pas moi qui me focalisent sur ces particules car ça m'arrange.

    Notons que le chauffage au fioul et au gaz émettent aussi des particules fines, et participent de fait à la pollution de l'air en hiver.

    Tu as tout à fait raison. Dans le PDF Air Parif de mon message précédent, page 21, en pourcentage pour le secteur résidentiel uniquement, le bois est responsable de 86% des émissions de PM2.5... (le truc le plus dangereux pour la santé). En fin de la page d'avant, page 20, c'est les PM10, à 85%. Bref, oui, le chauffage au bois est largement majoritairement responsable de la pollution de l'air l'hiver, loin devant le gaz et les produits pétroliers.

    Mais encore une fois, c'est dommage que ce soit aux particuliers de faire les recherches. L'imposition de mesure restrictive comme les ZFE-m aurait du faire l'objet d'un état des lieux clairs de l'air de la ville/zone concernée, et non comme cela a été fait: "il faut réduire" comme si c'était évident. Les mesures montrent l'inverse, mais ils jouent sur cette fausse évidence.

    Avant toute mise en place de ZFE-m, il aurait fallu au moins 10, si ce n'est 50 stations de mesure officielles qui couvrent la zone à surveiller et qui surveillent tous les types pollution (PM1, PM2.5, PM10, O3, NO2, SO3), avec les données public accessible en temps réel, et faire un état des lieux au bout d'un an. En expliquant aux habitants, voici le problème, voici les conséquences du problèmes, et voici la solution (la ZFE-m) et voici l'objectif à atteindre.

    Pour moi, la ZFE-m, c'est plutôt voici ce que l'on aimerait faire (renouveler le parc de voiture), trouvons une justification. Quelle pollution, quelle méthode de calcul (moyenne annuelle ? nombre de jours pollués ?) et quel seuil a poussé la décision des ZFE-m, j'aimerai bien le savoir. Est-ce le seuil fantaisiste "zéro pollution" de l'UE ? Mais alors, pourquoi commencer par les voitures et non le chauffage ?

    Surtout qu'avant de changer de mode de chauffage, idéalement il faut aussi isoler les maisons pour réduire leur besoin, ce qui prend du temps et coûte aussi.
    Inciter les gens à prendre un autre moyen de transport ou à changer leur véhicule est en vérité bien plus simple pour tout le monde.

    Avant de changer de chauffage, il faudrait déjà arrêter d'inciter le chauffage au bois. Commencer par arrêter de dire que le bois est écologique serait une bonne chose, en interdisant complètement cette appellation (ex: "bûche écologique", "bois de chauffage écologique", etc).

    Arrêter de subventionner le chauffage au bois (sauf si c'est pour remplacer un feu de bois à foyer ouvert, et encore, et sauf si hors des villes). Et du coup, arrêter de mettre en avant cette prime sur les sites (sur le prix, "aides financières").

    Arrêter de faire des conneries sur le marché de l'électricité, revenir au coût de production, pour rendre compétitif les pompes à chaleur et le chauffage électrique. Ah, on me dit dans l'oreillette que cela ne va pas dans l'intérêt de certaines personnes... Surtout si on augmente le nombre de voiture électrique, ce serait bien pour ces personnes que l'électricité reste chère.


    Sinon, il y a-t-il eu des curieux ? Êtes-vous allé voir d'autres pays ? Des pays sans nucléaire par exemple ? Il faut choisir une ville et pas un village rural:

    L'Europe devrait surtout s'occuper de ces problèmes là qui semblent plus urgent. Mais sortons de l'Europe pour voir la crème de la crème en Chine: