• [^] # Re: Argument du vrai écossais?

    Posté par . En réponse au lien En finir avec Doctolib. Évalué à 10.

    Donc oui, je suis du genre à construire sur une zone classée "inondable" parce que je suis du genre à regarder les faits et les facteurs quantitatifs et d'éviter d'avoir peur de mon ombre!

    "Mais qui aurait pu prévoir que l'eau irait jamais plus haut que la dernière inondation alors que les climatologues l'annoncent depuis 30ans et que ça arrive déjà un peu partout depuis des années maintenant?? On pouvait pas savoir!"

    Si Snowden le dit...

    "Mais qui aurait pu prévoir que la NSA ferait exactement ce qu'un ancien agent avait dénoncé, avec une documentation complète à l'appui dont la NSA même n'a jamais remis en cause l'authenticité??"

    Un risque, c'est quantitatif. La question n'est pas de l'ignorer ou non, c'est de le quantifier correctement. L'idée d'une revente des données par l'hébergeur du cloud sans le consentement de son client me semble extrêmement faible, voire inexistant. Construire un argumentaire dessus est donc particulièrement douteux. Il y a des risques bien plus substantiels à considérer, non? C'est bien ça le problème, c'est de ne pas combattre des moulins à vent pendant que des risques bien réels existent.

    Non, un risque, pour ceux qui n'ont déjà eu à en quantifier, ce n'est jamais juste la probabilité d'une occurrence. Un risque, ça se calcule en pesant la probabilité de l'occurrence, la sévérité des dégats si l'évènement redouté arrive, et le temps nécessaire à la détection et à la prise de mesures de confinements.

    Là si tu es convaincu que l'usage illicite des données, c'est pas grave, ET on le saurait immédiatement, ET on peut rappatrier les données en claquant des doigts, alors le risque serait effectivement quantifié à faible.

    Et même pour l'occurrence, c'est vrai qu'il n'y a aucun inctitatif:

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Doctolib

    Doctolib a choisi de ne jamais publier ses données comptables. Cependant pour 2022, les données ont fuité : Doctolib a réalisé un chiffre d'affaires de 217 millions d'euros pour une perte comptable de 168 millions d'euros31.

    Pour ceux qui vivent dans la vraie vie, le risque est plutot dans le rouge vif.

    Un argument que je trouve bien plus important est celui de la souveraineté.

    Ben non, c'est pas un argument, puisque tu défends l'idée d'héberger les données chez une entreprise tenue par la loi américaine de donner un accès illimité à ces données aux autorités américaines sur demande sans en informer les propriétaires. Ne parle pas de souveraineté, c'est pas crédible.

    Si les relations internationales se tendent entre l'Europe et les US, les données ou le débit de connexion pourraient servir de monnaie d'échange ou de base à un chantage, et c'est absurde de prendre un tel risque. Pour des données de cette nature, il semble naturel que le client puisse avoir les moyens juridiques d'accéder physiquement aux disques durs.

    Ah ben si les disques durs sont physiquement en Europe, on est sauvé alors! Aucune chance qu'un gars comme Trump et son administration ne pondent des lois pour donner des injonctions à Amazon sur un coup de colère. Après tout, s'ils décident de siphonner ou limiter l'accès aux données par les clients, ils vont faire quoi, les clients? Se rouler par terre en criant très fort? Aller chercher les disques pour les mettre... où au juste?

    Ils feront juste un discours en commençant par "mais qui aurait pu prévoir..."