Ton argumentation se tient bien en logique pure, et je te remercie pour l'apport d'une vision différente sur le nucléaire. Le hic c'est qu'on n'est pas dans une problématique Nucléaire |ou exclusif| Fossile, mais qu'il y a de nombreux autres paramètres qui nous mènent à la catastrophe.
Déjà, un des aspects cachés de la production d'énergie, c'est l'extraction minière, qui est hautement prédatrice et est rarement considérée dans le bilan du rapport final électricité/pollution du mode de production de l'énergie.
Ensuite, les centrales nucléaires ne seront pas fabriquée pour remplacer les sources présentes, mais pour s'y ajouter, les besoins énergétiques étant toujours croissants. C'est d'ailleurs exactement le sujet de ce thread, puisque ces centrales seront construites pour pouvoir énergiser les IA qui menacent d'être omniprésentes, alors que tout le monde sait qu'elles sont des montres énergivores. D'ailleurs, le mythique zéro carbone ne veut pas dire pollution moindre.
Enfin, aucun gouvernement, aucun sommet des COPains ou autres ne considère le cœur du problème — jamais — qui est :
1) Les humains occupent de plus en plus de territoire, l'urbanisation est galopante dans l'ensemble du monde
2) L'espace déjà occupé s'anthropise (si j'ose ce néologisme) de plus en plus (transformation des espaces verts en culture, transformation des forêts en plantations de bois, ce qui est loin d'être la même chose, en France c'est une transformation rapide)
3) Le sacro-saint principe de croissance économique n'est remis en cause par aucun État, et pour cause, alors que sans décroissance pas de solution.
Je parlais de l'exploitation minière. C'est une activité hyper-polluante, énergivore au plus haut degré, avec des risques de catastrophes écologiques majeures (ruptures de digues de déchets, lesquels sont extrêmement toxiques et inviabilisent de larges portions de territoires pendant des siècles, sans parler du bilan en pertes humaines, et de tels accidents sont loin d'être rares), accumulation de déchets toxiques en collines, etc. Les mines utilisent des techniques d'automatisation poussées et donc provoquent un besoin accru en métaux rares (l'exploitation minière elle-même implique plus d'exploitation minière). Leur besoin en eau est astronomique et provoque l'assèchement des nappes phréatiques dans les régions où l'eau est comptée (Maroc, Andalousie, ...)
Toute production d'énergie s'appuie sur l'extraction minière (fossile et nucléaire, c'est évident, mais aussi solaire (métaux rares), éolienne (cuivre, métaux rares, ciment). L'hydrolique, peut-être moins (ciment), mais ses conséquences écologiques sont connues, et de toute façon on arrive déjà à saturation.
J'en ai parlé plus haut, mais je conseille vraiment le bouquin de Célia Izoard, La ruée minière au XXIe siècle (Enquête sur les métaux à l'ère de la transition), il est bien documenté et donne froid dans le dos. Il tort le cou à la légende de la transition écologique et du zéro carbone, le problème est bien plus profond.
Tant qu'il n'y aura pas volonté de décroissance économique violente, de renoncement radical aux activités les plus énergivores (tourisme, bonne partie de l'informatique avec retour au low-tech), renoncement aux orgies lumineuses (la portion nocturne de la Terre vue de l'espace fait franchement peur) etc, on ne sera pas sortis de l'auberge, et la polémique nucléaire contre fossile sera anecdotique.
Malheureusement, comme un tel mouvement va à l'encontre du crédo économique, de la création de richesse (pour une très petite portion de l'humanité), de la croissance incontrôlée des monstres économiques que sont les grosses boîtes qui dominent le marché mondial (informatique, armes, voitures, avions, énergie, télécoms, etc.), un tel mouvement n'a pratiquement aucune chance de voir le jour. Ceux qui contrôlent le mouvement de l'argent n'y ont aucun intérêt, bien au contraire (je ne parle pas d'individus mais d'un ensemble économique, d'un mouvement qui meut la société). À mon avis, on l'a inéluctablement dans le baba, à moins d'une pression populaire extrêmement forte, dont pour l'instant je ne vois qu'une faible trace.
Je ne dis pas qu'il ne faut rien faire individuellement, mais qu'il ne faut pas s'illusionner en pensant qu'un détail ou l'autre pourra résoudre la situation catastrophique vers laquelle on court à haute vitesse. La solution n'est pas technologique mais porte sur un choix et une philosophie de société.
[^] # Re: cool
Posté par sebas . En réponse au journal Meta persiste à chercher du nucléaire pour ses datacenters IA.. Évalué à 8. Dernière modification le 17 décembre 2024 à 12:26.
Ton argumentation se tient bien en logique pure, et je te remercie pour l'apport d'une vision différente sur le nucléaire. Le hic c'est qu'on n'est pas dans une problématique Nucléaire |ou exclusif| Fossile, mais qu'il y a de nombreux autres paramètres qui nous mènent à la catastrophe.
Déjà, un des aspects cachés de la production d'énergie, c'est l'extraction minière, qui est hautement prédatrice et est rarement considérée dans le bilan du rapport final électricité/pollution du mode de production de l'énergie.
Ensuite, les centrales nucléaires ne seront pas fabriquée pour remplacer les sources présentes, mais pour s'y ajouter, les besoins énergétiques étant toujours croissants. C'est d'ailleurs exactement le sujet de ce thread, puisque ces centrales seront construites pour pouvoir énergiser les IA qui menacent d'être omniprésentes, alors que tout le monde sait qu'elles sont des montres énergivores. D'ailleurs, le mythique zéro carbone ne veut pas dire pollution moindre.
Enfin, aucun gouvernement, aucun sommet des COPains ou autres ne considère le cœur du problème — jamais — qui est :
1) Les humains occupent de plus en plus de territoire, l'urbanisation est galopante dans l'ensemble du monde
2) L'espace déjà occupé s'anthropise (si j'ose ce néologisme) de plus en plus (transformation des espaces verts en culture, transformation des forêts en plantations de bois, ce qui est loin d'être la même chose, en France c'est une transformation rapide)
3) Le sacro-saint principe de croissance économique n'est remis en cause par aucun État, et pour cause, alors que sans décroissance pas de solution.
Je parlais de l'exploitation minière. C'est une activité hyper-polluante, énergivore au plus haut degré, avec des risques de catastrophes écologiques majeures (ruptures de digues de déchets, lesquels sont extrêmement toxiques et inviabilisent de larges portions de territoires pendant des siècles, sans parler du bilan en pertes humaines, et de tels accidents sont loin d'être rares), accumulation de déchets toxiques en collines, etc. Les mines utilisent des techniques d'automatisation poussées et donc provoquent un besoin accru en métaux rares (l'exploitation minière elle-même implique plus d'exploitation minière). Leur besoin en eau est astronomique et provoque l'assèchement des nappes phréatiques dans les régions où l'eau est comptée (Maroc, Andalousie, ...)
Toute production d'énergie s'appuie sur l'extraction minière (fossile et nucléaire, c'est évident, mais aussi solaire (métaux rares), éolienne (cuivre, métaux rares, ciment). L'hydrolique, peut-être moins (ciment), mais ses conséquences écologiques sont connues, et de toute façon on arrive déjà à saturation.
J'en ai parlé plus haut, mais je conseille vraiment le bouquin de Célia Izoard, La ruée minière au XXIe siècle (Enquête sur les métaux à l'ère de la transition), il est bien documenté et donne froid dans le dos. Il tort le cou à la légende de la transition écologique et du zéro carbone, le problème est bien plus profond.
Tant qu'il n'y aura pas volonté de décroissance économique violente, de renoncement radical aux activités les plus énergivores (tourisme, bonne partie de l'informatique avec retour au low-tech), renoncement aux orgies lumineuses (la portion nocturne de la Terre vue de l'espace fait franchement peur) etc, on ne sera pas sortis de l'auberge, et la polémique nucléaire contre fossile sera anecdotique.
Malheureusement, comme un tel mouvement va à l'encontre du crédo économique, de la création de richesse (pour une très petite portion de l'humanité), de la croissance incontrôlée des monstres économiques que sont les grosses boîtes qui dominent le marché mondial (informatique, armes, voitures, avions, énergie, télécoms, etc.), un tel mouvement n'a pratiquement aucune chance de voir le jour. Ceux qui contrôlent le mouvement de l'argent n'y ont aucun intérêt, bien au contraire (je ne parle pas d'individus mais d'un ensemble économique, d'un mouvement qui meut la société). À mon avis, on l'a inéluctablement dans le baba, à moins d'une pression populaire extrêmement forte, dont pour l'instant je ne vois qu'une faible trace.
Je ne dis pas qu'il ne faut rien faire individuellement, mais qu'il ne faut pas s'illusionner en pensant qu'un détail ou l'autre pourra résoudre la situation catastrophique vers laquelle on court à haute vitesse. La solution n'est pas technologique mais porte sur un choix et une philosophie de société.