• [^] # Re: cool

    Posté par . En réponse au journal Meta persiste à chercher du nucléaire pour ses datacenters IA.. Évalué à 10. Dernière modification le 16 décembre 2024 à 20:58.

    Aucune source d’énergie primaire ne présente aucun inconvénient. La fabrication ou le recyclage des pales d’éoliennes comme des panneaux solaires je peux parfaitement affirmer que ce n’est pas « franchement écologique ».

    Je te rejoins sur le fait que cette explosion de la consommation d’électricité, pour des besoins pas vitaux pour l’humain, voire même pas « confortables » au final... est consternante, tragique même. l’IA n’est pas un pré-requis à la vie humaine, à contrario des objets que cette consommation faramineuse d’électricité détruit : bio-diversité, climat.

    Par contre, sur le nucléaire, je crois que la peur que cette source d’énergie suscite chez beaucoup, et dont découle les fortes oppositions un peu partout, vient uniquement des caractères à la fois « impalpable » et en même temps « colossale » de la radio-activité elle-même.

    Je me trompe peut-être (et ce serait tant mieux) mais je pense que le niveau général des connaissances scientifiques de toutes les populations, prises de façon générale, fait que la combustion d’hydrocarbure ou de tout autre combustible est bien plus « tangible », et nettement moins « sorcier » que la fission de l’uranium. Or d’une part on a naturellement tendance à craindre ce qu’on ne comprend pas, et d’autre part il est évident que le sentiment de danger qu’induisent le feu et la fumée, qu’on peut généralement, tout un chacun, détecter, et donc pouvoir espérer fuir, n’a rien à voir avec le danger de la radio-activité, qui lui, pour le coup, quand il est physiquement palpable dans sa chair, avec nos sens, c’est qu’il ne constitue plus un danger, mais une fatalité : la mort est relativement proche et parfaitement inévitable à court terme.

    L’énergie nucléaire est à ce jour parmi toutes celles à notre disposition, celle qui a le rapport de ses qualités (pilotabilité, quantité produite, effets sur le climat) sur les risques qu’elle constitue (accidents nucléaires, impact sur l’environnement), le plus important, et de très très (très très très...) loin.

    Alors oui, ce n’est pas renouvelable, il faut se procurer de l’uranium, mais si celui-ci ne « tombe pas du ciel » tel que la ressource vent ou la ressource soleil, il est nettement plus équitablement répandu sur la planète que toutes les autres ressources en dehors de ces deux dernières, ressources énergétiques ou autres. Peut-être que j’exagère, le fer ou d’autres métaux le sont quand même davantage, équitablement accessible à tous les humains, mais comparé au gaz, au pétrole, ou encore au lithium, il n’y a pas photo.

    Ensuite, toujours cette rengaine de « on ne sait pas quoi faire des déchets ». C’est :

    1. Faux : on sait ce qu’il faut en faire, les enfouir dans la croûte terrestre. Ce qui en dehors de la résistance irrationnelle de certains, que je viens d’évoquer, ne pose strictement aucun problème. Quand bien même, on peut aussi, et on le fait, les vitrifier et les entreposer au cas où on puisse à l’avenir les exploiter d’une nouvelle façon. On sait parfaitement quoi faire de ces déchets, c’est s’immuniser contre l’irrationalité (propre de l’Homme avant l’humour, dont il est à mon avis un préalable...) qui pose un souci. Ça effectivement, on a bien quelques pistes, mais rien de vraiment efficace.

    2. Fallacieux : car il faut voir de quoi on parle en quantité. Si on compare avec la pollution par les plastiques (le plastique qui est fantastique, et surtout ne fait peur à personne comparé au nucléaire...), qui est littéralement partout autour de nous, et à l’intérieur même des espèces vivantes, de plus en plus, le volume que constituent ces déchets nucléaires, qui sont certes, à masse égale, nettement plus délétères que n’importe quel plastique (mais pour certains moins délétère que d’autres produits chimiques, je pense au benzène), ça n’a juste strictement rien à voir. Vouloir faire croire que l’exploitation de l’énergie nucléaire risque d’engendrer une « prolifération » quelconque est simplement malhonnête.

    Pour conclure et finir de donner mon avis puisque personne ne me l’a demandé : « sortir du nucléaire » deviendra, sans aucun doute possible, une nécessité. Une nécessité à très long terme, ne serait que du fait de son caractère non renouvelable, mais c’est sans commune mesure avec l’urgence de sortir d’abord des énergies fossiles. Or, il m’apparaît, comme à d’autres, qu’avec même la plus miraculeuses des prises de conscience sur l’absolue nécessité d’une sobriété énergétique et qui serait suivit d’effets, et avec l’énergie nucléaire sous la main, un dénouement positif au problème du bouleversement actuel de notre biotope semble de plus en plus improbable. Alors prétendre pouvoir y arriver tout en se privant du nucléaire est proprement invraisemblable, pour ne pas dire : absolument utopique.