• [^] # Re: Ce résumé est franchement mauvais

    Posté par . En réponse à la dépêche On passe 575 millions d’heures par an à cliquer sur les bandeaux cookies en Europe !. Évalué à 2. Dernière modification le 03 décembre 2024 à 14:10.

    Non. L'intelligence ça a toujours été défini par la capacité d'un agent (vivant ou non) à réagir à une situation nouvelle à partir d'un apprentissage.

    De ce point de vue, tu aurais raison. On dit d'une corneille qu'elle est intelligente parce qu'elle sait utiliser un fil de fer pour pêcher de la nourriture au fond d'une bouteille, ou d'un chien qu'il est intelligent parce qu'il est capable de comprendre assez vite qu'il a droit à une caresse quand il va chercher les pantoufles de son seigneur et maître et un coup de pied au cul quand il prend un steak sur la table (alors que, de mémoire d'animal, la nourriture a toujours été faite pour être mangée).

    Mais si on parle de l'intelligence humaine, alors les critères changent. Que dirais-tu d'un humain qui ferait ce que le chien fait, et pas plus ? Que c'est un crétin, ou un attardé, non ?

    Or c'est là que se fait la confusion, si on classait l'intelligence artificielle comme catégorie séparée, comme on le fait pour l'intelligence animale en relation â l'intelligence humaine, ça serait satisfaisant, mais ce qu'on cherche à nous vendre (et je veux bien dire "vendre"), c'est que l'IA est comparable, ou le sera dans peu de temps, à l'intelligence humaine. Et cette confusion est loin d'être innocente, et je la refuse.

    La machine n'a absolument pas les capacités pour atteindre les mêmes ressources que l'intelligence humaine, une machine ne pourra jamais se comparer avec Einstein ou les théoriciens de la physique quantique ; quand tu lis Jung tu vois bien que tu n'as pas affaire à une machine (et je ne parle pas de la forme, que chatGPT est capable de reproduire, mais du contenu). Bon, tu vas me rétorquer que là, on ne parle plus d'intelligence mais de génie, mais le principe est le même, car ce qu'il manquera TOUJOURS à la machine, c'est l'intuition. Même le sentiment, bien qu'il puisse être simulé, ne pourra jamais s'intégrer au raisonnement d'une machine. Et même simulé — comme réaction de la machine —, ça sera un processus logique, ce qui n'est pas le cas chez l'humain. Or ce sont des composantes essentielles de l'intelligence. Comme la mémoire, d'ailleurs, mais même là, une différence s'applique. Bien que la mémoire de la machine est infiniment plus étendue que celle d'un humain en particulier, le processus de sélection de l'élément important dans ce qui est mémorisé se fait de manière totalement différente chez l'humain et chez la machine. Là encore il y a un élément d'intuition totalement absent chez la machine, qui elle, va mouliner jusqu'à trouver les éléments dont elle a besoin (processus logique).

    Poincaré, ce mathématicien génial, a fait toute une théorie sur l'intuition dans les maths, il disait en substance qu'une découverte se faisait par intuition, tout le travail mathématique consistait à en construire ensuite la preuve.

    Ce qui fait de l'IA une intelligence inhumaine, et je pèse mes mots.

    Ce que tu fais c'est avoir une position de principe. C'est un marqueur socio-politique. Un peu comme dire "dumb-phone" ou "fesse de bouc". Ça n'est pas argumenté par la langue, c'est uniquement une manière de montrer ton rejet.

    C'est effectivement "une manière de montrer [mon] rejet", et ça n'est effectivement pas argumenté par un simple terme, mais ça peut provoquer des réactions (rien que dans ce fil, ça en a provoqué trois), et des amis me demandent parfois pourquoi je dis ça : ça interpelle et montre qu'il y a une autre conception que celle qui est officiellement actée (au même titre que quand je dis whatnaze, je m'élève contre le quasi-monopole de cette cochonnerie, ou qu'avec "spyphone" je tente à remettre sur le devant de la scène son usage le plus nocif)

    Pour le coup c'est un peu dommage parce que l'argument n'est pas pertinent (ce n'est même pas une question de point de vue) et semble plus donner d'informations sur toi que sur ton sujet avec un argument typiquement réactionnaire qui fait penser au Figaro.

    Quel argument ? Un mot n'est pas un argument et l'a jamais été, mais il peut appeler une argumentation. Quant à la comparaison avec les vues d'un réactionnaire figarolien, je te ne remercie pas pour l'insinuation (même si c'est simplement l'argument que tu qualifies de réactionnaire) : être contre un pseudo-progrès n'est pas obligatoirement être réactionnaire, surtout quand on sait que ce soi-disant progrès accélère à la fois la débilitation du raisonnement humain et l'accélération de la dégradation des conditions basiques de vie sur terre (bonjour les nombreuses centrales nucléaires prévues pour alimenter ce soi-disant progrès, les déchets radioactifs, l'augmentation de la température globale, l'accélération du pillage minier, etc., y afférent). Bien sûr, avant que tu ne me le rétorques, il y a des côtés bienfaisant dans cette avancée, par exemple en médecine ou en prévision des catastrophes, mais le compte n'y est pas, et de loin.

    Tu veux donc dire que les écolos qui entrevoient la catastrophe imminente sont des réactionnaire francesoiriens, que ceux qui prônent la réduction de la part des transports aériens ou routiers sont des réactionnaires minutiens ? Que refuser l'industrialisation toujours plus grande de la production de nourriture ou de semences est être tourné vers le passé ? Que les professeurs qui s'inquiètent de la substitution des recherches scolaires par du baratin de LLM sont des vieux croûtons nostalgiques de la IIIe république ?