Tu as l'impression que je défends la violence des automobilistes ?
Ça n’est pas une impression. Mettre l’inconduite des cyclistes sur le même plan que celle des automobilistes contribue, que ce soit ton intention ou non, à minimiser et banaliser la deuxième et ses effets factuels, pourtant incomparablement plus lourds. Sans aucun doute.
tu ne comprends pas ce que je dis. Je vais l'exprimer plus simplement :
- Les cyclistes trouvent que les automobilistes sont cons car ils ne les respectent pas.
- Les piétons trouvent que les cyclistes sont cons car ils ne les respectent pas.
Merci, mais ce qui est très clair, c’est que tu oublies un 3e item : piétons et cyclistes se font blesser, voire tuer — et pas seulement manquer de respect — par des automobilistes (qui, accessoirement, se tuent aussi entre eux, « cons » ou pas).
À force de tous se comporter comme des connards (et oui, désolé, les cyclistes aussi), bah ça semble assez évident que ça tourne mal à un moment ou à un autre.
Cette vision attribue clairement une part de la responsabilité de ce qui leur arrive aux victimes de la violence routière. C’est au moins discutable. En l’espèce, et dans le cas du soupçon de meurtre dont il est question dans le journal, ça peut paraître déplacé.
Foin des caricatures. Il ne s’agit pas de décerner la médaille du « con », et encore moins de dire « ex aequo ». La violence routière est, je le maintiens, à en juger par son résultat objectif, factuel — le nombre de morts et de blessés — essentiellement le fait des automobilistes et de la place, dans tous les sens du terme, que collectivement nous cédons à la circulation automobile.
C'est une construction sociale, à laquelle concourent en vrac — mais dans un bel ensemble — politiques publiques, lobbyistes, élus, parents, constructeurs, publicitaires, médias, forces de l'ordre, institutions judiciaires, citoyens lambda... C'est aussi une particularité nationale. En France, l'espace public appartient aux automobilistes. Ses autres usagers sont des intrus, qui gênent le trafic (automobile), et prennent toujours trop de place (cf. ici). Il faut avoir vu, dans une ville de Flandres belge ou néerlandaise, la circulation à l’heure ou les enfants se rendent à l’école, pour le réaliser pleinement.
Il ne s'agit peut-être pas de faire en sorte que « la peur change de camp ». Mais il s'agit sans aucun doute, collectivement, de redessiner le partage de l'espace public. Il est certain que ça ne va pas plaire à tout le monde, en particulier à bon nombre d'automobilistes.
[^] # Re: aggressivité
Posté par symp . En réponse au journal Rassemblement pour Paul dans toutes les villes de France. Évalué à 6.
Ça n’est pas une impression. Mettre l’inconduite des cyclistes sur le même plan que celle des automobilistes contribue, que ce soit ton intention ou non, à minimiser et banaliser la deuxième et ses effets factuels, pourtant incomparablement plus lourds. Sans aucun doute.
Merci, mais ce qui est très clair, c’est que tu oublies un 3e item : piétons et cyclistes se font blesser, voire tuer — et pas seulement manquer de respect — par des automobilistes (qui, accessoirement, se tuent aussi entre eux, « cons » ou pas).
Cette vision attribue clairement une part de la responsabilité de ce qui leur arrive aux victimes de la violence routière. C’est au moins discutable. En l’espèce, et dans le cas du soupçon de meurtre dont il est question dans le journal, ça peut paraître déplacé.
Foin des caricatures. Il ne s’agit pas de décerner la médaille du « con », et encore moins de dire « ex aequo ». La violence routière est, je le maintiens, à en juger par son résultat objectif, factuel — le nombre de morts et de blessés — essentiellement le fait des automobilistes et de la place, dans tous les sens du terme, que collectivement nous cédons à la circulation automobile.
C'est une construction sociale, à laquelle concourent en vrac — mais dans un bel ensemble — politiques publiques, lobbyistes, élus, parents, constructeurs, publicitaires, médias, forces de l'ordre, institutions judiciaires, citoyens lambda... C'est aussi une particularité nationale. En France, l'espace public appartient aux automobilistes. Ses autres usagers sont des intrus, qui gênent le trafic (automobile), et prennent toujours trop de place (cf. ici). Il faut avoir vu, dans une ville de Flandres belge ou néerlandaise, la circulation à l’heure ou les enfants se rendent à l’école, pour le réaliser pleinement.
Il ne s'agit peut-être pas de faire en sorte que « la peur change de camp ». Mais il s'agit sans aucun doute, collectivement, de redessiner le partage de l'espace public. Il est certain que ça ne va pas plaire à tout le monde, en particulier à bon nombre d'automobilistes.