• [^] # Re: pas Ponzi

    Posté par . En réponse au journal Pourquoi le rêve du bitcoin est fini.. Évalué à 4.

    J'ai l'impression que tu souhaites avancer que les emprunts bancaires ont une sorte de problème fondamental, mais je n'arrive pas à suivre ton propos. Si jamais j'ai compris de travers ce que tu souhaitais dire, je m'en excuse d'avance.

    Les emprunts bancaires fonctionnent exactement comme ça... c'est d'ailleurs tout l'objet de critiques du système capitaliste.

    Certaines critiques du capitalisme se focalisent sur le principe des emprunts bancaires, peut-être, je ne suis pas certain d'avoir été confronté à ce type de propos. L'immense majorité des critiques historiques et actuelles du capitalisme critiquent... le capitalisme lui même (la question des moyens de productions, la place de la concurrence, le rapport entre profit et travail, la distribution des richesses, la force de la propriété privée, etc.).

    En effet c'est connu. La banque à 10 euros, elle peut te prêter 100 euros mais tu devra rembourser 110 euros qui plus est da s un délai limité. Si quelqu'un n'emprunte pas (ou que l'on imprimé pas de la monaie) tu ne pourra jamais rembourser. La monnaie est donc un système pyramidale qui s'écroule s'il ne grossit pas...

    Je ne suis pas certain de comprendre ce que tu veux critiquer par là. Lorsque j'emprunte 100€ à une banque pour acheter un bien (mettons euh... un stylo très cher), une transaction s'opère (je simplifie à fond) :

    • La banque "crée" 100€
    • Je "gagne" un stylo
    • Le vendeur du stylo gagne 100€
    • Si je n'arrive pas à rembourser les 100€ à la banque, elle "gagne" le stylo

    Il y a donc un trou quelque part, la banque ayant créé de l'argent me permettant d'acquérir un stylo. La banque attend donc remboursement, d'un argent qui sera "détruit" lors du remboursement. Une forme d'argent temporaire. Si un remboursement n'arrive pas, il y alors une saisie d'effectuée par la banque, afin de procéder à une vente qui comblera le trou.

    Alors oui, il y a un système d’intérêt qui fait que la banque fait un profit sur cette transaction. On peut critiquer ce profit (qui a la forme assez classique d'un service payant), ou les positions dominantes qu'ont les banques dans ces possibilités de transaction (d'ou par exemple les législations sur les taux, pour tenter de contrebalancer ça, etc.).

    En conséquence, mécaniquement, plus il y a d'activité économique (et de transactions, d'emprunts, etc.), plus il y a d'argent en circulation. Et moins il y a d'activité économique, moins il y a d'argent en circulation. Mais c'est absolument logique : l'argent est une convention dont l'objet même est la transaction. Si l'objet disparaît, la convention n'a plus de raison d'être. Ça n'est pas un souci en soit.

    Sur ce point précis, on peut rejoindre une critique du capitalisme assez courante, c'est la dépendance de celui-ci à la croissance, et que tout frein à cette croissance provoque tout un tas de problèmes sociaux dramatiques (ça ne veut pour autant pas dire que ça serait forcément tout rose avec un autre système économique). Mais la problématique de l'emprunt dans ce cadre est au mieux un élément mineur du tout.

    Je sais que wikipedia n'est pas la somme du savoir objectif, mais on y trouve sur la page concernant le capitalisme une liste succincte des critiques de ce système :

    Le capitalisme est l'objet de nombreuses controverses. Ces controverses peuvent porter :

    • sur l’accumulation du capital en elle-même ;
    • sur la propriété du capital ;
    • sur la distribution des revenus parfois vue comme injuste et léonine ;
    • sur le comportement des propriétaires du capital ;
    • sur les conséquences humaines, sociales, écologiques et économiques d'un système dont la logique de fonctionnement est la croissance du capital ;
    • sur l'impérialisme ;
    • sur le fétichisme de la marchandise et de la monnaie ;
    • sur le brouillement des frontières entre plaisirs et bonheur ;
    • sur les catégories mêmes du capitalisme, en tant que formes sociales : le travail en lui-même, la valeur, la marchandise (fétichisme de la marchandise), l'argent et aussi l'état. C'est une critique radicale et catégorielle du travail et de la valeur, qui n'a plus rien à voir avec l'ensemble des marxismes. Cette critique est portée par l'« École de Krisis », par Moishe Postone, Robert Kurz ou Anselm Jappe. Robert Kurz et Roswitha Scholz, membres de la « Critique de la valeur-dissociation », rajoutent également le « patriarcat » en tant qu'une autre catégorie de base du mode de production capitaliste moderne. Le capitalisme est donc ici perçu comme un système patriarcal androcentrique producteur de marchandise et de plus-value.

    N'y est pas mentionnée la problématique des emprunts bancaires. Problématique je n'arrive d'ailleurs pas réellement à saisir.