• [^] # Re: Il y a des baffes qui se perdent...

    Posté par . En réponse au lien Quand l'algorithmique devient fasciste. Évalué à 6.

    et que le nom tronqué ne corresponde pas au nom qui est inscrit dans la base de données

    On peut imaginer plein de trucs, mais pour les actes de la vie courante tout le monde simplifie. Par exemple, les prénoms supplémentaires ne figurent que sur les pièces d'identité, pas sur les autres papiers, même officiels, ni sur la carte vitale, si sur les bulletins de salaire... Si tu t'appelles "Rodriguez da Silva da Montana van Houten ben Amir Weissel", c'est évident que tu vas raccourcir pour la vie de tous les jours.

    En fait, pour l'avoir expérimenté avec des collègues étrangers, c'est difficile d'anticiper où vont être les problèmes. Ces histoires de noms (trop courts, trop longs, distinction nom/prénom pas claire, etc) sont en général bien gérés par les services concernés, parce que ça arrive tout le temps. Il y a des règles strictes, et quand tu les connais, tu les appliques, et c'est tout con. Par exemple, il est possible de ne pas avoir de nom de famille, mais la norme Européenne est de dupliquer le prénom; ça marche très bien. Par contre, l'horreur, c'est la translittération des états-civils, parce que toutes les langues ont des règles de translittération différentes, et en plus parfois c'est un peu au pif (Zhang / Chang / Tchang / Jhang...). Tu as intérêt à refiler une copie de ton passeport et tous tes documents d'un coup au même traducteur, parce que l'administration ne laissera pas passer.

    De toutes manières, là n'était pas la question. La question n'était pas liée aux problèmes administratifs que pouvaient causer des formulaires mal fichus, mais de la "violence" ressentie quand on appliquait une consigne (on met les 25 premiers caractères). Pourtant, ça marchera certainement. L'idée qu'un être humain sur un vrai formulaire aurait pu écrire à côté des cases semble assez risible, puisque l'agent qui va ensuite entrer les infos dans la base va évidemment tronquer. Après, tu peux jouer toute ta vie à "Zézette épouse X" en remplissant tes formulaires, mais si tu n'arrives pas à gérer émotionnellement une consigne administrative logique et simple, tu vie va devenir assez compliquée.

    La violence du sentiment d'impuissance, d'être bloqué, sans solution et sans rien à faire

    Certes, mais tu sais bien que ça n'est pas lié ni aux formulaires, ni aux personnes. Pour les démarches administratives, il y a toujours un lien pour avoir accès à un conseiller humain. Pour les processus moins officiels et informatisés, on a tous été confrontés à ça, et on trouve une solution débile (on met des points, des espaces, des tirets, des adresses bidon...). Et pour les démarches circulaires (il faut le papier bleu pour obtenir la carte rouge, mais il faut montrer la carte rouge pour avoir le papier bleu), ça n'est pas l'informatisation qui a créé ça. Pire en fait, le crois bien justement que l'informatisation a probablement permis de limiter ces cas, puisqu'à chaque fois il faut gérer manuellement la situation, ce qui engendre des surcoûts.

    Un exemple typique de l'enfer de l'"humain", c'est la validité des justificatifs de domicile. Dans chaque mairie, dans chaque administration, tu as une personne qui a ses propres critères. Et c'est pas anormal : il n'existe aucune liste de ce qui peut constituer un justificatif de domicile valable. Si tu avais un système informatique, tu aurais au moins une liste, elle serait ce qu'elle serait, mais tu n'es pas face à l'arbitraire. Quand tu fais renouveler ta carte d'identité, l'arbitraire s'appelle Germaine, secrétaire de mairie, à qui l'État a confié la tâche saugrenue de juger par elle-même ce qui constitue un justificatif de domicile. Bah bon courage :-)