L'interdiction sans discussion ni explication comme méthode éducative (parce que j'espère bien qu'il s'agit d'éducation ?) me laisse toujours un peu sur le fondement.
Mais bon, sinon j'ai envie de positiver un peu l'apport des zécrans chez les gosses.
Ce matin, j'ai fait passer la certification PIX à mes élèves de 6e. Des choupis d'un collège socialement très favorisé, avec des parents impliqués en général dans leur éducation. Ils n'ont pas encore tous un smartphone en 6e mais à la louche ils sont au moins 3⁄4 d'entre eux à en avoir un. En 4e et après, c'est 100%. Ceux qui n'en n'ont pas n'en sont pas privés pour des raisons économiques mais par principe éducatif. Ce n'est pas à moi de discuter les choix des parents. C'est comme ça.
Je n'avais pas à intervenir mais j'ai pu constater la différence de compétence et de maîtrise chez les gamins : elle est stupéfiante. Ça va de ceux qui ont fini en 5 min (pas tout juste mais très vite) à ceux qui, en une heure sont arrivé à ouvrir une session, taper une clé d'accès et essayer de positionner le curseur sur un champ texte et trouver les touches sur le clavier pour répondre à la première question.
Devinez lesquels n'ont pas de smartphone ?
On peut discuter de la pertinence de mon observation. Elle n'a rien de scientifique (l'avis du PR pas plus alors bon...). C'est biaisé de partout : cela se passe sur un PC de bureau alors que le périphérique ultra-majoritaire est le smartphone ou la tablette familiale. Il y a des questions de tableurs alors qu'en 6e ils n'en ont souvent jamais vu. Mais il y a quand même une différence flagrante d'aisance et d'audace, même sur les sujets inconnus. Différence aussi sur les capacités de lecture. On ne lit pas une page web comme une page imprimée. Il y a des implicites partout mais personne ne leur a appris à lire ce genre de document.
Je prend le car interurbain pour aller au collège. Il est aussi fréquenté par les élèves. Évidemment, pendant l'attente et dans le car ils sont sur leurs téléphones. Ils jouent en général. pas tout seuls, pas en réseau : côte à côte ou face à face écran contre écran pour jouer ensemble se foutre du copain·e qui viens de perdre, se féliciter d'un bon score etc. De la même manière que s'il shootent dans une boulette de papier c'est à deux ou trois. Pas tout seul.
Bref : ils se socialisent. Et puis ils viennent me voir « M'sieur j'ai été trop fort, j'ai pété mon record »
On peut arrêter de diaboliser ces bidules et accompagner les enfants dans leur développement ?
# observation personnelle
Posté par cévhé . En réponse au journal Écrans, enfants, ados : vaut mieux tard que jamais?. Évalué à 10.
L'interdiction sans discussion ni explication comme méthode éducative (parce que j'espère bien qu'il s'agit d'éducation ?) me laisse toujours un peu sur le fondement.
Mais bon, sinon j'ai envie de positiver un peu l'apport des zécrans chez les gosses.
Ce matin, j'ai fait passer la certification PIX à mes élèves de 6e. Des choupis d'un collège socialement très favorisé, avec des parents impliqués en général dans leur éducation. Ils n'ont pas encore tous un smartphone en 6e mais à la louche ils sont au moins 3⁄4 d'entre eux à en avoir un. En 4e et après, c'est 100%. Ceux qui n'en n'ont pas n'en sont pas privés pour des raisons économiques mais par principe éducatif. Ce n'est pas à moi de discuter les choix des parents. C'est comme ça.
Je n'avais pas à intervenir mais j'ai pu constater la différence de compétence et de maîtrise chez les gamins : elle est stupéfiante. Ça va de ceux qui ont fini en 5 min (pas tout juste mais très vite) à ceux qui, en une heure sont arrivé à ouvrir une session, taper une clé d'accès et essayer de positionner le curseur sur un champ texte et trouver les touches sur le clavier pour répondre à la première question.
Devinez lesquels n'ont pas de smartphone ?
On peut discuter de la pertinence de mon observation. Elle n'a rien de scientifique (l'avis du PR pas plus alors bon...). C'est biaisé de partout : cela se passe sur un PC de bureau alors que le périphérique ultra-majoritaire est le smartphone ou la tablette familiale. Il y a des questions de tableurs alors qu'en 6e ils n'en ont souvent jamais vu. Mais il y a quand même une différence flagrante d'aisance et d'audace, même sur les sujets inconnus. Différence aussi sur les capacités de lecture. On ne lit pas une page web comme une page imprimée. Il y a des implicites partout mais personne ne leur a appris à lire ce genre de document.
Je prend le car interurbain pour aller au collège. Il est aussi fréquenté par les élèves. Évidemment, pendant l'attente et dans le car ils sont sur leurs téléphones. Ils jouent en général. pas tout seuls, pas en réseau : côte à côte ou face à face écran contre écran pour jouer ensemble se foutre du copain·e qui viens de perdre, se féliciter d'un bon score etc. De la même manière que s'il shootent dans une boulette de papier c'est à deux ou trois. Pas tout seul.
Bref : ils se socialisent. Et puis ils viennent me voir « M'sieur j'ai été trop fort, j'ai pété mon record »
On peut arrêter de diaboliser ces bidules et accompagner les enfants dans leur développement ?