• [^] # Re: Décisions de l'ARCOM (durées de diffusions et dates)

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal France 2 et France 3 ne diffusent pas les clips de campagnes des européennes et favorisent LREM / RN. Évalué à 4.

    Les règles diffèrent des élections présidentielles : pas d'égalité entre les candidat.e.s mais un principe "d'équité" (sic)

    Mais un principe d’égalité, ça voudrait aussi dire faire un débat à 38 listes. Sur 2h de débat, chaque liste aurait 3 minutes de parole, et je pense que c'est assez difficilement tenable en pratique. Je comprends que la solution actuelle ne soit pas terrible, mais on va pas se mentir, avec 38 listes, les petits partis sont inaudibles de toute façon, surtout quand c'est des partis "spécialisés" (comme le parti pour l'esperanto, par exemple).

    Et bon, les petits partis, il y a aussi des complotistes comme "France libre" (Francise Lalanne), "L'Europe ça suffit !" (Florian Philippot), "Liste Asselineau-Frexit, pour le pouvoir d'achat et pour la paix" (François Asselineau). On peut redonner du karma à nos complotistes locaux au nom de l'égalité pour montrer l'exemple.

    De plus, d'un point de vue politique, avoir des membres au parlement n'est qu'une alternative parmi tant d'autres dans un mouvement social. Quand je regarde des changements majeurs survenu en Europe, ça semble passer plus souvent par autre chose que le Parlement Européen et des partis spécialisés.

    Par exemple, si je prends l'historique des droits LGBT depuis ~30 ans, mois de juin oblige, et c'est un sujet que je connais bien , ça s'est fait via divers moyens comme l'obtention de fond de l'Europe suite au passage du traité d'Amsterdam ce qui a entraîné une professionnalisation de l'ILGA Europe. Il y a eu une stratégie de passage devant les tribunaux (il y a toute une littérature sur le sujet, et c'est pas trop dur de se procurer les PDFs cough). Je pense qu'on peut aussi compter tout ce qui tourne autour de l'usage du cinéma et de la création pour raconter une histoire qui va faire changer d'avis la population (pareil, y a toute une littérature sur la question des représentations).

    Par contre, ce qui n'existe pas, c'est un parti spécialisé sur le sujet (même si il y a un groupe de travail dédié au parlement).

    Et avec l'actualité récente, on peut me regarder l'impact d'avoir quelques personnes acquises à ta cause dans une assemblée, ici le Sénat en France. J'ai regardé mardi soir le vote au Sénat sur la loi interdisant les traitements médicaux réversibles pour mineurs trans. Il y a eu des interventions émouvantes (Mélanie Vogel pour ne citer qu'elle), et des interventions hors sol (Stéphane Ravier pour ne citer que lui, sans doute en pétard vu son inéligibilité annoncée le lendemain), mais au final, les sénateurs ont voté suivant les directives de leur parti, et donc LR, majoritaire, a voté comme d'hab contre les droits LGBT (cf les votes contre sur les thérapies de conversions, les votes contre l'ouverture de la PMA, les manifs en 2013 contre la loi Taubira, l'opposition au PACS, etc).

    On peut voir qu'avoir eu des personnes plus ou moins concernées dans l'hémicycle (cf le discours de Yan Chantrel, qui reprends le témoignage de son neveu, celui de Mélanie Vogel qui parle aussi de sa famille), n'a pas changé fondamentalement grand chose.

    Par contre, ce qui peut changer des choses, c'est d'avoir eu des soutiens comme les manifs poussées par divers syndicats (CGT, Solidaires) et assoces, mais aussi d'avoir entamé un dialogue avec les autorités (ce qui donne des choses comme ce site fait avec l'APHP), d'avoir des réseaux transnationaux comme TGEU.

    Pour en revenir au domaine du libre, des libertés numériques ou autre chose vaguement dans la tendance de ce que défend le PP, il n'y a pas l'air d'avoir le même niveau d'organisation, loin de la.

    Et je pense que ce qui est en cause, c'est en partie l'éthique libriste de "si ça te plaît pas, tu as que à forker".

    Les inspirations libertariennes du mouvement du libre font que par exemple, je suis sur que pas grand monde va se souvenir du nom de l'orga européenne qui lutte contre les brevets logiciels (réponse, la FFII). J'ai participé aux manifs contre à Strasbourg, et j'ai mis 20 minutes avant de me souvenir de son existence, et j'étais même surpris de voir qu'elle existe encore.

    Sauf erreur de ma part, on a quasiment pas d'organisation autour du libre à l’échelle de l'Europe (en tout cas pas au niveau de l'ILGA, du TGEU ou autres comme détaillé plus tôt), et quand il y a des tentatives, ça se finit en fork, comme par exemple la FSF Europe et la FSF France qui n'avait pas l'air de bosser trop ensemble (et la FSFE, contrairement à son nom, n'est ni vraiment transnational, ni vraiment la FSF). Et même au niveau national, quand il y a des fédérations et des processus démocratiques de discussions, une partie des gens préfèrent partir que d'accepter que des gens ont des avis différents (cf le collectif CHATONS et la charte l'année dernière). Mais c'est aussi parce qu'il est facile de quitter un collectif quand le collectif en question n'apporte rien de substantiel vu que par application de la philosophie sous-jacente, tu es indépendant des autres.

    Donc ouais, c'est pas gagné. C'est sur que quand un mouvement est historiquement incapable de s'organiser pour vraiment bosser ensemble (cad pour obtenir des choses qu'on ne peut pas avoir de façon isolé), les choses qui sont censés n'être qu'un détail devienne plus importantes d'un coup.