• [^] # Re: autres sources d'information

    Posté par . En réponse à la dépêche Élections européennes de juin 2024 et contenu programmatique. Évalué à 8. Dernière modification le 07 juin 2024 à 21:52.

    Bon courage pour expliquer aux gens qu'ils vont devoir vivre avec

    ont commencé à descendre et atteindront

    40% de pouvoir d'achat en moins.

    La décroissance, ce n'est ni une idéologie, ni un programme, ni même une vision, c'est ce qu'on subit déjà dès qu'on regarde un petit peu ce qui se passe.

    L'idée que la croissance est positive, ça a duré quelques décennies, et avec la croissance, on a construit des hôpitaux, des écoles, on a financé un système social et des services publics.
    Aujourd'hui, on nous parle sans cesse de 1 ou 2% de croissance, et pourtant on ferme des hôpitaux, des écoles, le service public et on réduit la couverture sociale.
    L'inflation a déjà commencé à ronger le pouvoir d'achat.

    Il reste sûrement du pognon quelque part, mais il est parti dans divers cadeaux fiscaux aux ultra-riches et au entreprises du CAC40.

    Voilà, la décroissance subie, c'est ça, et ce qu'on a aujourd'hui, c'est du pipi de chat comparé à ce qui nous attend.
    Et tout ça arrive alors qu'on a aux manettes des gens qui ne jurent que par la croissance.

    Le coût des catastrophes naturelles en France était de 6.5G€ en France en 2023, et c'est le 3ème plus haut de l'histoire. Les 2 autres, c'est 1999 et 2022. On sait que ce chiffre va augmenter dans les années à venir.
    Une catastrophe naturelle, c'est du PIB pour le nettoyage et la reconstruction. Des catastrophes naturelles qui augmentent en coût, c'est de la croissance économique! On pourra s'en féliciter dans les cabinets ministériels et les interviews à la télé.

    Une autre partie du pouvoir d'achat actuel, c'est la mondialisation. Aujourd'hui, les pauvres peuvent acheter un écran plat parce qu'il est fabriqué à l'autre bout du monde par des ouvriers bien plus pauvres qu'eux encore. Ça non plus, ça ne peut pas durer éternellement: quand on manquera de pétrole, on ne saura plus livrer à pas cher, et ces pays qui produisent voient leur niveau de vie augmenter également, ce qui fait que le coût de production augmente.

    La décroissance, on a déjà commencé à la voir, et on sait que ça ne va qu'empirer. Au lieu d'attendre de tout se prendre sur la gueule en disant "les gens ne voudront pas perdre 40% de leur pouvoir d'achat", on pourrait se demander comment ça va être gérable dans un pays où 30% de la population ne mange déjà pas 3 repas corrects par jour et 10% est à l'aide alimentaire.

    Et c'est justement là que ça se gère: on ne peut pas faire de décroissance générale pour tout le monde. Dans un monde rationné, il reste certainement encore des écarts de richesses, mais ils doivent être considérablement réduits pour que ça rentre en bas.

    Et c'est ça, qui terrifie un grand nombre de gens: ils voient bien que cette fois, ce ne sont pas les professions pénibles dont on repousse l'âge de la retraite à la limite de leur espérance de vie, les enseignants qu'on paie au lance-pierre en réduisant leurs moyens, ou les chômeurs qui vont subir une sévère diète dans le niveau de vie, ce sont les classes moyennes supérieures, aisées, et co, qui ont presque toujours été soigneusement épargnées par les gouvernements libéraux (après tout, c'est la population «idéale»: ils n'ont besoin de rien et ne font pas de vague).

    C'est dans la nature humaine de défendre ses intérêts jusqu'à l'irrationalité. Les travailleurs du pétrole sont bien plus susceptibles d'être climato-sceptiques que le reste de la population.

    Je pense qu'on a exactement la même chose ici. On s'arrime aux discours sur la croissance verte/infinie/découplage/voiture individuelle électrique ou tout autre idée qui nous permet de nous accrocher à notre mode de vie, et on suit les politiciens qui rationalisent ces positions comme ça on se sent bien et on dort bien la nuit.

    Mais la vérité, c'est que le système n'est pas tenable. Point barre. On peut toujours essayer de bricoler comme on le fait aujourd'hui pour tenter désespérément de maintenir l'illusion plus longtemps. Alors pour répondre à la raréfaction des ressources, on va parler de recyclage, de transition, d'adaptation, tout en continuant à suivre un chemin qui va dans le mur mais plus tout à fait en ligne droite vers le mur.