Il faut quand même garder à l'esprit qu'on est en train de vivre un changement de paradigme impotant sur la place du numérique dans l'éducation; on passe assez brutalement (une dizaine d'années peut-être) de l'idée d'initier très tôt les enfants à un outil qui deviendra incontournable dans la vie, à l'idée de bannir totalement les trucs électroniques de l'école de la République. Ça ne peut pas se faire d'une manière cohérente et rationnelle. Tu rajoutes à ça que c'est la fonction publique, déja que le capitaine du paquebot donne des coups de barre à gauche et à droite tout le temps, qu'il n'y a pas d'essence dans le moteur, que le GPS est en panne, que les rameurs n'ont pas tous les mêmes instructions, qu'ils doivent regarder BFM TV le soir pour savoir ce qu'ils doivent faire le lendemain, bah voila, c'est pas clair.
Sur le fond, moi je crois à la bonne foi naïve de décideurs incompétents qui pensaient qu'équiper les élèves de gadgets verrouillés avec les outils de Google et Microsoft pré-installés allaient les transformer en citoyens actifs et réduire la fracture numérique. On patauge aussi énormément parce qu'on n'a pas de recul, et qu'en plus on est hyper-influencés par des préjugés plus ou moins idéologiques sur ce qui est censé marcher ou pas, sur les compétences dont on aura besoin dans le futur, sur si un enfant geek qui apprend à hacker la CIA à 10 ans c'est mieux ou pas qu'un enfant qui passe son temps dehors à jouer au foot...
Est-ce que c'est utile de consacrer deux années à apprendre les tables de multiplication alors qu'il est hautement improbable de se situer à moins de 50cm d'une calculatrice dans les 70 ans qui viennent? Est-ce que c'est utile d'apprendre à maitriser l'orthographe? De faire une heure de sport par jour? À un moment, on ne sait même plus vraiment quels sont les objectifs, et sur quoi on se base pour justifier de consacrer des millieurs d'heures d'école à apprendre à faire soi-même des choses que des machines peuvent faire. Paradoxalement, c'est quand même les gens qui ont connu l'époque réputée extraordinaire du certificat d'études et des dictées où les fautes de grammaire retiraient 4 poins qui ont besoin d'assistance pour mettre la télé ou retirer de l'argent à un distributeur automatique.
Au final, on patauge et on expérimente. On voit de plus en plus que l'utilisation des réseaux sociaux semble dangereuse pour les adolescents. Il semble également que l'utilisation ludique d'appareils électroniques ne prépare pas vraiment à l'utilisation constructive de ces mêmes appareils dans un cadre professionnel. Il apparait que l'outil numérique à l'école ne semble pas trouver sa place dans les approches pédagogiques. Est-ce que c'est un problème général, un problème lié à l'immaturité de l'esprit des enfants, un problème de logiciels inadaptés, de pratiques douteuses des géants du numérique? Et tant qu'on ne sait pas trop, on fait quoi?
[^] # Re: Réactionnaire
Posté par arnaudus . En réponse au lien « Impact catastrophique » : le gouvernement explore le bannissement des smartphones des collèges. Évalué à 10.
Il faut quand même garder à l'esprit qu'on est en train de vivre un changement de paradigme impotant sur la place du numérique dans l'éducation; on passe assez brutalement (une dizaine d'années peut-être) de l'idée d'initier très tôt les enfants à un outil qui deviendra incontournable dans la vie, à l'idée de bannir totalement les trucs électroniques de l'école de la République. Ça ne peut pas se faire d'une manière cohérente et rationnelle. Tu rajoutes à ça que c'est la fonction publique, déja que le capitaine du paquebot donne des coups de barre à gauche et à droite tout le temps, qu'il n'y a pas d'essence dans le moteur, que le GPS est en panne, que les rameurs n'ont pas tous les mêmes instructions, qu'ils doivent regarder BFM TV le soir pour savoir ce qu'ils doivent faire le lendemain, bah voila, c'est pas clair.
Sur le fond, moi je crois à la bonne foi naïve de décideurs incompétents qui pensaient qu'équiper les élèves de gadgets verrouillés avec les outils de Google et Microsoft pré-installés allaient les transformer en citoyens actifs et réduire la fracture numérique. On patauge aussi énormément parce qu'on n'a pas de recul, et qu'en plus on est hyper-influencés par des préjugés plus ou moins idéologiques sur ce qui est censé marcher ou pas, sur les compétences dont on aura besoin dans le futur, sur si un enfant geek qui apprend à hacker la CIA à 10 ans c'est mieux ou pas qu'un enfant qui passe son temps dehors à jouer au foot...
Est-ce que c'est utile de consacrer deux années à apprendre les tables de multiplication alors qu'il est hautement improbable de se situer à moins de 50cm d'une calculatrice dans les 70 ans qui viennent? Est-ce que c'est utile d'apprendre à maitriser l'orthographe? De faire une heure de sport par jour? À un moment, on ne sait même plus vraiment quels sont les objectifs, et sur quoi on se base pour justifier de consacrer des millieurs d'heures d'école à apprendre à faire soi-même des choses que des machines peuvent faire. Paradoxalement, c'est quand même les gens qui ont connu l'époque réputée extraordinaire du certificat d'études et des dictées où les fautes de grammaire retiraient 4 poins qui ont besoin d'assistance pour mettre la télé ou retirer de l'argent à un distributeur automatique.
Au final, on patauge et on expérimente. On voit de plus en plus que l'utilisation des réseaux sociaux semble dangereuse pour les adolescents. Il semble également que l'utilisation ludique d'appareils électroniques ne prépare pas vraiment à l'utilisation constructive de ces mêmes appareils dans un cadre professionnel. Il apparait que l'outil numérique à l'école ne semble pas trouver sa place dans les approches pédagogiques. Est-ce que c'est un problème général, un problème lié à l'immaturité de l'esprit des enfants, un problème de logiciels inadaptés, de pratiques douteuses des géants du numérique? Et tant qu'on ne sait pas trop, on fait quoi?