Oui, tu as raison. Cela dit, la finance et la modélisation financière est au cœur du fonctionnement des systèmes économique, ce n'est pas du tout anecdotique.
Mais néanmoins, c'est aussi pourquoi Bouchaud rappelle l'importance de l'interdisciplinarité en économie. Je peux te donner un exemple par rapport à la démographie, tel que je le comprend.
Nos sociétés développées amorcent une phase de vieillissement démographique. Et cela à un impact majeur sur l'économie. Hors la démographie d'une société échappe à la science strictement économique. C'est du domaine plus large des sciences sociales. Si les économistes ont un rôle à jouer pour déterminer l'impact du vieillissement sur l'économie, ils n'ont pas d'outils purement économique pour l'expliquer.
Le fait de poser comme hypothèse la rationalité des agents économiques, par exemple, c'est aussi une façon pour certain de négliger tout ça dans leur modèles, considérant que les acteurs n'agissent économiquement que de façon optimale, ce qui est relativement facile à modéliser.
On retrouve alors l'idée au centre du néolibéralisme que le marché n'a pas besoin qu'on le pilote, qu'il est capable de se piloter tout seul, c'est à dire de trouver son optimum grâce à sa fameuse main invisible. En découle les politique publique qui vont avec, et qui, étant basé sur une hypothèse qui est fausse, font énormément de dégâts.
Pour en revenir à la démographie, je suis tombé récemment sur un billet d'expert du FMI qui explique justement la problématique que pose le vieillissement démographique :
Les deux experts qui l'ont rédigé ne sont pas que économistes :
DAVID E. BLOOM est titulaire de la chaire Clarence James Gamble et enseigne l’économie et la démographie à l’École de santé publique T.H. Chan de l’Université Harvard.
LEO ZUCKER est assistant de recherche à l’École de santé publique T.H. Chan de l’Université Harvard.
Ils insistent sur l'impact économique du vieillissement d'une population, en présente le risque, et parlent de solutions, comme le fait d'avoir des politiques de santé publique orienté vers le vieillissement en bonne santé, par exemple en favorisant l'activité physique. Ils parlent aussi de faire appel à l'immigration (point sur lequel je leur souhaite bon courage cela dit ...)
Ce n'est qu'un exemple avec la démographie, mais l'écologie aussi aujourd'hui revêt une importance de plus en plus importante vis à vis des politiques économiques.
Du point de vue strictement économique, c'est à dire au delà de ce probléme de l'interdisciplinarité, Bouchaud fait parti d'une branche de l'économie qu'on appelle éconophysique. Mais cette branche de l'économie a pour objectif de produire des modèles économiques plus réaliste, et si ces modèles sont utiles, il n'ont pas de valeur prescriptive concernant les choix que peut faire une société. Ils peuvent juste permettre d'avoir une meilleure visibilité sur les conséquences de ces choix avec une modélisation plus juste. par exemple, dixit wikipédia :
Enfin la dernière partie est une critique de la théorie développée par Friedrich Hayek basée selon eux sur une mauvaise compréhension de la théorie de l'information. Ces auteurs démontrent dans le cadre de la théorie algorithmique de l'information que l'argument principal de Hayek se retourne contre lui. Si l'efficacité d'une économie repose sur l'utilisation d'informations distribuées sur un grand nombre d'agents, alors une planification est possible et est plus efficace.
(au sujet de Classical Econophysics )
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.
[^] # Re: De considérer les politiciens comme ignorants
Posté par Big Pete . En réponse au lien [HS] « Tout sur l’économie, ou presque : Pour comprendre vraiment ce qui cloche dans le système ». Évalué à 6. Dernière modification le 23 mars 2024 à 09:06.
Oui, tu as raison. Cela dit, la finance et la modélisation financière est au cœur du fonctionnement des systèmes économique, ce n'est pas du tout anecdotique.
Mais néanmoins, c'est aussi pourquoi Bouchaud rappelle l'importance de l'interdisciplinarité en économie. Je peux te donner un exemple par rapport à la démographie, tel que je le comprend.
Nos sociétés développées amorcent une phase de vieillissement démographique. Et cela à un impact majeur sur l'économie. Hors la démographie d'une société échappe à la science strictement économique. C'est du domaine plus large des sciences sociales. Si les économistes ont un rôle à jouer pour déterminer l'impact du vieillissement sur l'économie, ils n'ont pas d'outils purement économique pour l'expliquer.
Le fait de poser comme hypothèse la rationalité des agents économiques, par exemple, c'est aussi une façon pour certain de négliger tout ça dans leur modèles, considérant que les acteurs n'agissent économiquement que de façon optimale, ce qui est relativement facile à modéliser.
On retrouve alors l'idée au centre du néolibéralisme que le marché n'a pas besoin qu'on le pilote, qu'il est capable de se piloter tout seul, c'est à dire de trouver son optimum grâce à sa fameuse main invisible. En découle les politique publique qui vont avec, et qui, étant basé sur une hypothèse qui est fausse, font énormément de dégâts.
Pour en revenir à la démographie, je suis tombé récemment sur un billet d'expert du FMI qui explique justement la problématique que pose le vieillissement démographique :
Le vieillissement, véritable bombe démographique
Les deux experts qui l'ont rédigé ne sont pas que économistes :
Ils insistent sur l'impact économique du vieillissement d'une population, en présente le risque, et parlent de solutions, comme le fait d'avoir des politiques de santé publique orienté vers le vieillissement en bonne santé, par exemple en favorisant l'activité physique. Ils parlent aussi de faire appel à l'immigration (point sur lequel je leur souhaite bon courage cela dit ...)
Ce n'est qu'un exemple avec la démographie, mais l'écologie aussi aujourd'hui revêt une importance de plus en plus importante vis à vis des politiques économiques.
Du point de vue strictement économique, c'est à dire au delà de ce probléme de l'interdisciplinarité, Bouchaud fait parti d'une branche de l'économie qu'on appelle éconophysique. Mais cette branche de l'économie a pour objectif de produire des modèles économiques plus réaliste, et si ces modèles sont utiles, il n'ont pas de valeur prescriptive concernant les choix que peut faire une société. Ils peuvent juste permettre d'avoir une meilleure visibilité sur les conséquences de ces choix avec une modélisation plus juste. par exemple, dixit wikipédia :
(au sujet de Classical Econophysics )
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.