• [^] # Re: Boarf

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien Nathalie Azoulai : "Les codeurs informatiques ont un pouvoir d'écriture comparable aux scribes (...). Évalué à 4.

    Je n'ai jamais pensé ni écrit cela ici ou ailleurs

    Tu as pourtant écrit (le gras est de moi) :

    Ce n'est pas le cas. Si les correcteurs des copies de Bac devaient sanctionner les fautes d'orthographe et de grammaire comme cela se faisait dans le passé, bien peu d'élèves obtiendraient leur Bac. Les copies sont surnotées, cela fait partie des consignes intégrées par les profs depuis un moment.

    J’ai compris ça comme un « c’était mieux avant ». Ça n’était peut-être pas ton intention, mais il y a quand même un très fort appel au passé dans cette partie du message. Quoiqu’il en soit, ces éléments ne sont pas pertinents pour montrer que « le français va mal ». Tout ce qu’ils montrent, c’est qu’avant on était intolérants sur la forme.

    Il existe plusieurs sortes de français, dont la langue parlée et la langue écrite. Dans le monde réel, quand on bosse, quand on écrit un projet, quand on essaie de transmettre un savoir ou des idées par l'écrit, le minimum consiste à savoir maîtriser la langue sinon on se fait jeter par les interlocuteurs et décideurs que l'on est censé convaincre.

    Justement : le problème n’est pas que des gens avec des messages intéressants aient une mauvaise orthographe ou grammaire. Le problème est que l’on rejette des messages intéressants et pertinents sur le fond à cause de cette orthographe et de cette grammaire.

    La correction à apporter à notre société, c’est d’arrêter ce genre de rejets, et pas d’exiger une maitrise parfaite de l’orthographe et de la grammaire là où elle est inutile.

    D’autre part : la langue écrite ne se réduit pas à l’orthographe et à la grammaire. On pourrait utiliser une orthographe parfaitement phonétique (ou inversement, parfaitement idéographique) et supprimer l’intégralité des exceptions et aberrations grammaticales sans enlever quoi que ce soit à la richesse de l’expression écrite du français. Parce que l’orthographe, en particulier, n’est qu’une convention graphique, en réalité assez annexe à la langue. Se focaliser sur ce point, c’est ignorer tout ce qui fait la richesse de la langue et du message qu’elle véhicule : la richesse du vocabulaire, la pertinente dans sa sélection, la tournure des phrases, le rythme, l’organisation des idées, etc.

    La connaissance libre : https://zestedesavoir.com