Monter une imprimerie ça coûtait très cher (ça a mis Gutenberg sur la paille) et le plomb des caractères n'est pas très bon pour la santé. En outre, en France, tout du moins, aux débuts de l'imprimerie, c'était assujetti aux universités dont les conditions pouvaient être plutôt léonines et les imprimeurs pouvaient risquer leur vie
Certes mais c’était quand même de plusieurs ordres de grandeur moins onéreux que la méthode qui avait cours jusqu’ici. Méthode n’ayant en pratique pas évoluée depuis des millénaires. En quelques milliers d’années on avait certes amélioré l’encre, et surtout le support, mais que l’on ait encore à tracer chaque lettre à la main, donnait quand même à ’objet « livre » un statut, un prestige dont je pense qu’il nous ait impossible à imaginer aujourd’hui.
Ça fait plus de vingt ans que je vais volontiers un lien entre l’avènement de l’imprimerie au 16e siècle et celle de l’Internet au 20e. J’entends peu de gens faire ce parallèle entre ces deux « inventions », alors que selon moi, autant leur nature que leur ampleur est comparable. Je crois qu’on peu parler « explosion informationnelle » dans les deux cas : d’ampleur quasi identique relativement aux époques auxquelles elles ont eu lieu. Pratiquent « du jour au lendemain » (car qu’est une poignée de décennies rapportée à toute l’histoire contemporaine ?^
Des tas de gensn dont beaucoup n’étaient même pas conscients de l’existence de toute cette connaissance, se sont retrouvés aspergés, recouverts, saturés voir noyés par ce flow d’information.
L’invention de l’imprimerie est à mon avis la cause première du schisme chrétien. Les "indulgences" qu’on met systématiquement en avant comme élément déclencheur n’ont certainement pas été aussi décisif.
Ce chiffre de la dizaine repose sur une évaluation pifométrique rigoureuse même si regrette bien sûr de ne pouvoir fournir une méta-expertise suffisamment lumineuse sur la productivité imprimeresque dans sa période proto-artisanale. Mais avec « une dizaine » je suis sans aucun doute sur une incertitude de ± 100 avec un nombre de page moyen « plutôt sûr ». Des chiffres solides, comme je prends soin de toujours fournir pour une somme modique.
[^] # Re: .
Posté par Marotte ⛧ . En réponse au journal Devinette dominicale. Évalué à 7.
Certes mais c’était quand même de plusieurs ordres de grandeur moins onéreux que la méthode qui avait cours jusqu’ici. Méthode n’ayant en pratique pas évoluée depuis des millénaires. En quelques milliers d’années on avait certes amélioré l’encre, et surtout le support, mais que l’on ait encore à tracer chaque lettre à la main, donnait quand même à ’objet « livre » un statut, un prestige dont je pense qu’il nous ait impossible à imaginer aujourd’hui.
Bien sûr que ce ne fût pas à proprement parler une démocratisation de la production de matière littéraire, une diffusion universelle de tous les savoirs. Mais tout de même. Avec l’imprimerie une personne analphabète, pour peu qu’on lui ai préparé les matrices, ou bien qu’elle soit seulement capable de mettre elle-même « les petits bidules au bon endroit sur le machin ©® », en suivant un modèle, pouvait en une nuit de travail produire grosso modo une dizaine* d’exemplaires d’un livre, Là où auparavant un « copiste » devait passer plusieurs jours pour un réaliser un seul exemplaire, en produisant un effort nettement plus laborieux.
Ça fait plus de vingt ans que je vais volontiers un lien entre l’avènement de l’imprimerie au 16e siècle et celle de l’Internet au 20e. J’entends peu de gens faire ce parallèle entre ces deux « inventions », alors que selon moi, autant leur nature que leur ampleur est comparable. Je crois qu’on peu parler « explosion informationnelle » dans les deux cas : d’ampleur quasi identique relativement aux époques auxquelles elles ont eu lieu. Pratiquent « du jour au lendemain » (car qu’est une poignée de décennies rapportée à toute l’histoire contemporaine ?^
Des tas de gensn dont beaucoup n’étaient même pas conscients de l’existence de toute cette connaissance, se sont retrouvés aspergés, recouverts, saturés voir noyés par ce flow d’information.
L’invention de l’imprimerie est à mon avis la cause première du schisme chrétien. Les "indulgences" qu’on met systématiquement en avant comme élément déclencheur n’ont certainement pas été aussi décisif.