Considérant que des communicants de BP ont promu l'empreinte carbone pour détourner l'attention des responsabilités de BP
J'ai pas regardé en détail les sources (pas le temps, et il y a des liens morts), mais quand je lis ce genre d'article j'ai l'impression qu'il a été écrit par des gens qui pensent que les industries pétrolières existent en-dehors du système économique et que leurs clients se situent sur une autre planète.
Si les industries pétrolières pompent du carbone du sol, c'est parce qu'on en met dans nos voitures et nos motos, c'est parce que c'est utilisé par les machines excavatrices et les usines qui fabriquent les trucs que nous achetons, c'est parce que c'est utilisé par les engrais, les pesticides, les tracteurs, les moissonneuses qui font pousser les trucs que nous mangeons, c'est parce que ça alimente les camions et les bateaux qui forment la chaîne logistique de tous ces trucs avant qu'ils arrivent dans nos placards ou nos assiettes.
Évidemment que ces industries font de la propagande et c'est très grave, puisqu'elles amplifient le phénomène à coup de marketing, mais j'ai aussi l'impression que dans la tête de certaines personnes, les pollueurs ce ne sont que les propriétaires d'usines dont la fumée est bien visible au-dessus des cheminées, et qu'il suffirait de détruire tout ça pour que le problème se résolve de lui-même sans que ça ne change grand-chose à nos vies.
Je ne sais pas quel est l'intérêt de BP dans la popularisation du bilan carbone, mais ce qui est sûr, c'est que si les clients de BP, directs et indirects, décident de tous passer à 2tCO2eq/personne/an, les finances de BP vont le sentir passer.
Néanmoins, là-dessus, je n'ai pas beaucoup creusé, mais je n'ai pas vraiment trouvé si l'application que tu donnais (objectif global de 2tCO2eq/hab/an avec mise en pratique à l'échelon national de façon souveraine) était quelque chose d'arrêté (ratifié en COP ?), ou à l'état de projet.
Déjà 2 tonnes c'est une approximation, tout comme les 10 tonnes de bilan carbone du français moyen. Et si tu calcules ton bilan carbone personnel, ce sera aussi une approximation.
L'objectif à atteindre, c'est peut-être 1,5 tonnes ou 2,5 tonnes. L'idée n'est pas d'avoir un énoncé précis avec une injonction "Soyez tous à exactement 2,00 tCO2eq/an à la fin de l'exercice, je ramasse les copies en 2050 !", mais d'avoir un ordre de grandeur de l'effort à fournir pour avoir une idée de à quel point il impactera nos vies.
Alors oui, une division par 5 ça peut être décourageant. Voire tétanisant. Mais de toute façon on n'aura pas le choix : avec ou sans dérèglement climatique (et préférablement sans), les énergies fossiles ne sont pas infinies. Le pic du pétrole conventionnel a été atteint en 2008 selon l'AIE, le pic du pétrole toutes catégories confondues a probablement été passé en 2019, les pics du gaz et du charbon sont estimés selon le Shift Project aux alentours de 2030 et 2050, respectivement. On anticipera ou on subira. Pour l'instant on subit.
Mais néanmoins résumer tout cet effort à seulement des responsabilités individuelles me semble bancal, or c'est un peu le problème du budget carbone individuel qui n'indique pas assez clairement qu'il dépend aussi pas mal de facteurs indépendants de ta volonté (à part si tu vis en ermite dans une grotte) -cf ma réflexion sur la relocalisation de la production de Dacia.
Je me suis mal exprimé alors, ce n'est pas ce que je voulais dire. Dans cette histoire il y a une part d'individuel et une part de collectif.
Quand on fait son bilan carbone via un outil comme https://nosgestesclimat.fr/ on le voit bien : certains trucs sont faciles à changer au niveau individuel pour beaucoup d'entre nous (réduire sa conso de viande, remplacer la voiture par de la mobilité douce...), d'autres impossibles (comme l'impact carbone des services publics, divisé équitablement entre chaque français, bim : 1,2 tCO2eq pour tout le monde), et puis des trucs intermédiaires, qui peuvent être changés au niveau individuel, mais très difficilement (comme passer au zéro déchet, ou écrire un firmware libre pour son appareil électronique pour pouvoir continuer à l'utiliser quand le constructeur ne veut plus mettre à jour le logiciel).
Et même dans les trucs qui sont faciles à faire, il y a des aspects sociétaux qui feront qu'on aura du mal à effectuer les changements nécessaires à l'échelle du pays juste par volonté individuelle. Beaucoup de gens sont prêts à abandonner un peu de confort matériel dans l'absolu, mais si le voisin continue à en profiter, alors ils ont l'impression de se priver et d'être perdants. Et là on se retrouve un peu face à un problème de poule et d'œuf : il faut des leaders et des politiciens pour incarner le changement et convaincre tout le monde de se serrer la ceinture en même temps sans qu'il y ait de jaloux, mais comme on est en démocratie, les politiciens n'imposeront aucun effort tant que ceux qui les élisent ne seront pas prêt à le faire.
Le calculateur de bilan carbone, à mon avis, c'est un point de départ pour bootstraper le truc. Ça permet de se saisir du problème en se faisait une idée approximative de comment on contribue aux émissions de GES, et qu'est-ce qui dans notre vie quotidienne y contribue et à hauteur de combien. Ensuite on peut tester des trucs : ne plus manger de viande pendant 2 semaines, aller au boulot en vélo 1 jour sur 2 pendant 1 mois, acheter de l'électronique d'occasion plutôt que du neuf cette année...et pour chacune de ces tentatives, tenter d'évaluer le ratio (combien de kgCO2eq je gagne)/(à quel point ça me rend plus malheureux). Si on avait tous en tête une idée un peu précise de la hiérarchie des efforts qu'on est prêts à fournir ce serait à mon avis un bon point de départ pour se mettre d'accord sur ce qu'il faut faire au niveau collectif.
[^] # Re: Évolution de l'aviation
Posté par eingousef . En réponse au journal L'aviation a-t-elle un avenir ?. Évalué à 6. Dernière modification le 11 janvier 2024 à 00:12.
J'ai pas regardé en détail les sources (pas le temps, et il y a des liens morts), mais quand je lis ce genre d'article j'ai l'impression qu'il a été écrit par des gens qui pensent que les industries pétrolières existent en-dehors du système économique et que leurs clients se situent sur une autre planète.
Si les industries pétrolières pompent du carbone du sol, c'est parce qu'on en met dans nos voitures et nos motos, c'est parce que c'est utilisé par les machines excavatrices et les usines qui fabriquent les trucs que nous achetons, c'est parce que c'est utilisé par les engrais, les pesticides, les tracteurs, les moissonneuses qui font pousser les trucs que nous mangeons, c'est parce que ça alimente les camions et les bateaux qui forment la chaîne logistique de tous ces trucs avant qu'ils arrivent dans nos placards ou nos assiettes.
Évidemment que ces industries font de la propagande et c'est très grave, puisqu'elles amplifient le phénomène à coup de marketing, mais j'ai aussi l'impression que dans la tête de certaines personnes, les pollueurs ce ne sont que les propriétaires d'usines dont la fumée est bien visible au-dessus des cheminées, et qu'il suffirait de détruire tout ça pour que le problème se résolve de lui-même sans que ça ne change grand-chose à nos vies.
Je ne sais pas quel est l'intérêt de BP dans la popularisation du bilan carbone, mais ce qui est sûr, c'est que si les clients de BP, directs et indirects, décident de tous passer à 2tCO2eq/personne/an, les finances de BP vont le sentir passer.
Déjà 2 tonnes c'est une approximation, tout comme les 10 tonnes de bilan carbone du français moyen. Et si tu calcules ton bilan carbone personnel, ce sera aussi une approximation.
L'objectif à atteindre, c'est peut-être 1,5 tonnes ou 2,5 tonnes. L'idée n'est pas d'avoir un énoncé précis avec une injonction "Soyez tous à exactement 2,00 tCO2eq/an à la fin de l'exercice, je ramasse les copies en 2050 !", mais d'avoir un ordre de grandeur de l'effort à fournir pour avoir une idée de à quel point il impactera nos vies.
Alors oui, une division par 5 ça peut être décourageant. Voire tétanisant. Mais de toute façon on n'aura pas le choix : avec ou sans dérèglement climatique (et préférablement sans), les énergies fossiles ne sont pas infinies. Le pic du pétrole conventionnel a été atteint en 2008 selon l'AIE, le pic du pétrole toutes catégories confondues a probablement été passé en 2019, les pics du gaz et du charbon sont estimés selon le Shift Project aux alentours de 2030 et 2050, respectivement. On anticipera ou on subira. Pour l'instant on subit.
Je me suis mal exprimé alors, ce n'est pas ce que je voulais dire. Dans cette histoire il y a une part d'individuel et une part de collectif.
Quand on fait son bilan carbone via un outil comme https://nosgestesclimat.fr/ on le voit bien : certains trucs sont faciles à changer au niveau individuel pour beaucoup d'entre nous (réduire sa conso de viande, remplacer la voiture par de la mobilité douce...), d'autres impossibles (comme l'impact carbone des services publics, divisé équitablement entre chaque français, bim : 1,2 tCO2eq pour tout le monde), et puis des trucs intermédiaires, qui peuvent être changés au niveau individuel, mais très difficilement (comme passer au zéro déchet, ou écrire un firmware libre pour son appareil électronique pour pouvoir continuer à l'utiliser quand le constructeur ne veut plus mettre à jour le logiciel).
Et même dans les trucs qui sont faciles à faire, il y a des aspects sociétaux qui feront qu'on aura du mal à effectuer les changements nécessaires à l'échelle du pays juste par volonté individuelle. Beaucoup de gens sont prêts à abandonner un peu de confort matériel dans l'absolu, mais si le voisin continue à en profiter, alors ils ont l'impression de se priver et d'être perdants. Et là on se retrouve un peu face à un problème de poule et d'œuf : il faut des leaders et des politiciens pour incarner le changement et convaincre tout le monde de se serrer la ceinture en même temps sans qu'il y ait de jaloux, mais comme on est en démocratie, les politiciens n'imposeront aucun effort tant que ceux qui les élisent ne seront pas prêt à le faire.
Le calculateur de bilan carbone, à mon avis, c'est un point de départ pour bootstraper le truc. Ça permet de se saisir du problème en se faisait une idée approximative de comment on contribue aux émissions de GES, et qu'est-ce qui dans notre vie quotidienne y contribue et à hauteur de combien. Ensuite on peut tester des trucs : ne plus manger de viande pendant 2 semaines, aller au boulot en vélo 1 jour sur 2 pendant 1 mois, acheter de l'électronique d'occasion plutôt que du neuf cette année...et pour chacune de ces tentatives, tenter d'évaluer le ratio (combien de kgCO2eq je gagne)/(à quel point ça me rend plus malheureux). Si on avait tous en tête une idée un peu précise de la hiérarchie des efforts qu'on est prêts à fournir ce serait à mon avis un bon point de départ pour se mettre d'accord sur ce qu'il faut faire au niveau collectif.
*splash!*