Je me demande quel est l'intérêt réel de suivre les actualités génériques. J'ai cessé de suivre ça depuis des années, ça ne m'avait jamais trop passionné avant non plus et... je n'ai pas l'impression que ça manque à ma vie. Ça ne m'empêche pas d'avoir une culture générale, de m'intéresser à divers points du globe à l'occasion, mais pas parce qu'un media a décidé que telle guerre était intéressante, plutôt que telle autre. À l'occasion je traîne sur Wikipédia en porte d'entrée pour découvrir des choses "loin" dans le temps ou sur le globe. Je trouve d'ailleurs vraiment plus intéressant de découvrir les évènements une fois l'émotion du moment passé, après que diverses personnes aient interrogés et analysés les faits.
Certes, certains évènements lointains ont un impact sur ma vie. Encore que cette distance et ma façon de chercher les infos me font parfois douter des raisons avancées par la sagesse populaire. Par exemple pour l'augmentation des coûts de la vie actuellement, si j'en crois les échos des gens qui eux regardent les infos, c'est lié à tel ou tel épiphénomène (le coronavirus, puis l'Ukraine), boucs émissaires faciles laissant espérer un retour à la normale "bientôt", mais j'en fais personnellement une autre analyse et je n'ai aucun espoir dans le fait que ça s'améliore rapidement à moins de sacrés changements. Au final, avoir les actualités avec délai ne change pas vraiment ma façon d'aborder les choses, je m'adapte à ce qui me touche, je tente de changer mon bout de monde là où j'ai des possibilités d'actions et d'après des réflexions plus universitaires que réactionnelles.
Il m'arrive de regarder de temps en temps les actualités locales. Ça, ok : savoir ce qui anime les lieux où je vis, ça peut m'intéresser. Parfois. Quand j'ai envie de socialiser localement... Rien de vital non plus.
Je comprends l'intérêt de travailler la curiosité des enfants, de garder aussi cette curiosité en tant qu'adulte. Comprendre comment les choses tournent dans le monde, c'est intéressant, cela permet aussi de donner du sens à certaines choses (ou pas !). Là-dessus, pas de souci, tout ce qui peut aider à travailler ce trait de caractère me semble bon à prendre.
Mais j'ai du mal à comprendre cette injonction à connaître "l'actualité". Depuis longtemps, je suis arrivée aux constats suivants :
- connaître les malheurs actuels d'inconnus à l'autre bout du monde appuie sur mon sentiment d'impuissance (je ne peux rien faire pour de vrai), donc me fait mal, sans aucun bien pour autrui
- on ne peux pas se targuer d'omniscience, le monde est trop vaste ; en focalisant notre attention sur certains évènements, on passe forcément à côté d'autres. Pourquoi laisser les medias décider d'où mon attention doit se focaliser ? C'est d'autant plus complexe que chaque media a sa ligne éditoriale au service d'une certaine vision du monde. Ce qui est aussi le cas de toute autre forme de savoir, hein, je ne suis pas naïve. Sauf que les medias d'informations sont nombreux à se focaliser avant tout sur 1) ce qui joue sur l'émotion (et pas les plus positives) et 2) sur une vision du monde ethnocentrée (avec plus ou moins d'ouvertures suivant les éditeurs). Je préfère vraiment construire mon rapport au monde sur des éléments plus posés, moins manipulables.
- si je suis convaincue de la nécessité de s'engager (de façon plus ou moins militante) pour avoir une influence positive, je considère aussi qu'il est plus pertinent d'agir avec cohérence et de balayer en premier devant sa porte. J'ai bien assez à faire sur moi-même, sur mon mode de vie (dont certains aspects sont délétères pour le monde, je le sais, mais pas évident de changer...), avec les gens à qui je peux parler, avec qui je peux échanger. Bref, s'informer oui, mais en combattant activement toute situation d'impuissance. Si je ne peux rien faire, je laisse ça à celles et ceux qui pourront, ça ne les aidera pas que je me mette la rate au court-bouillon.
Il se peut que je loupe un élément important, pourtant vraiment je n'ai pas l'impression qu'être loin des actualités génériques soit un problème en soi. Cependant je suis intéressée d'avoir vos arguments, car c'est une réflexion sur laquelle j'ai eu peu d'occasion d'échanger ces 20 dernières années.
Et ça ne veut pas dire non plus que je renie tous les medias, mais je les choisis surtout en fonction de mes centres d'intérêts. Comme ici ! Des medias dont les actualités sont susceptibles de réellement m'intéresser et me concerner...
# Quel est l'intérêt réel des actualités ?
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Accès des enfants à l'information.. Évalué à 10.
Je me demande quel est l'intérêt réel de suivre les actualités génériques. J'ai cessé de suivre ça depuis des années, ça ne m'avait jamais trop passionné avant non plus et... je n'ai pas l'impression que ça manque à ma vie. Ça ne m'empêche pas d'avoir une culture générale, de m'intéresser à divers points du globe à l'occasion, mais pas parce qu'un media a décidé que telle guerre était intéressante, plutôt que telle autre. À l'occasion je traîne sur Wikipédia en porte d'entrée pour découvrir des choses "loin" dans le temps ou sur le globe. Je trouve d'ailleurs vraiment plus intéressant de découvrir les évènements une fois l'émotion du moment passé, après que diverses personnes aient interrogés et analysés les faits.
Certes, certains évènements lointains ont un impact sur ma vie. Encore que cette distance et ma façon de chercher les infos me font parfois douter des raisons avancées par la sagesse populaire. Par exemple pour l'augmentation des coûts de la vie actuellement, si j'en crois les échos des gens qui eux regardent les infos, c'est lié à tel ou tel épiphénomène (le coronavirus, puis l'Ukraine), boucs émissaires faciles laissant espérer un retour à la normale "bientôt", mais j'en fais personnellement une autre analyse et je n'ai aucun espoir dans le fait que ça s'améliore rapidement à moins de sacrés changements. Au final, avoir les actualités avec délai ne change pas vraiment ma façon d'aborder les choses, je m'adapte à ce qui me touche, je tente de changer mon bout de monde là où j'ai des possibilités d'actions et d'après des réflexions plus universitaires que réactionnelles.
Il m'arrive de regarder de temps en temps les actualités locales. Ça, ok : savoir ce qui anime les lieux où je vis, ça peut m'intéresser. Parfois. Quand j'ai envie de socialiser localement... Rien de vital non plus.
Je comprends l'intérêt de travailler la curiosité des enfants, de garder aussi cette curiosité en tant qu'adulte. Comprendre comment les choses tournent dans le monde, c'est intéressant, cela permet aussi de donner du sens à certaines choses (ou pas !). Là-dessus, pas de souci, tout ce qui peut aider à travailler ce trait de caractère me semble bon à prendre.
Mais j'ai du mal à comprendre cette injonction à connaître "l'actualité". Depuis longtemps, je suis arrivée aux constats suivants :
- connaître les malheurs actuels d'inconnus à l'autre bout du monde appuie sur mon sentiment d'impuissance (je ne peux rien faire pour de vrai), donc me fait mal, sans aucun bien pour autrui
- on ne peux pas se targuer d'omniscience, le monde est trop vaste ; en focalisant notre attention sur certains évènements, on passe forcément à côté d'autres. Pourquoi laisser les medias décider d'où mon attention doit se focaliser ? C'est d'autant plus complexe que chaque media a sa ligne éditoriale au service d'une certaine vision du monde. Ce qui est aussi le cas de toute autre forme de savoir, hein, je ne suis pas naïve. Sauf que les medias d'informations sont nombreux à se focaliser avant tout sur 1) ce qui joue sur l'émotion (et pas les plus positives) et 2) sur une vision du monde ethnocentrée (avec plus ou moins d'ouvertures suivant les éditeurs). Je préfère vraiment construire mon rapport au monde sur des éléments plus posés, moins manipulables.
- si je suis convaincue de la nécessité de s'engager (de façon plus ou moins militante) pour avoir une influence positive, je considère aussi qu'il est plus pertinent d'agir avec cohérence et de balayer en premier devant sa porte. J'ai bien assez à faire sur moi-même, sur mon mode de vie (dont certains aspects sont délétères pour le monde, je le sais, mais pas évident de changer...), avec les gens à qui je peux parler, avec qui je peux échanger. Bref, s'informer oui, mais en combattant activement toute situation d'impuissance. Si je ne peux rien faire, je laisse ça à celles et ceux qui pourront, ça ne les aidera pas que je me mette la rate au court-bouillon.
Il se peut que je loupe un élément important, pourtant vraiment je n'ai pas l'impression qu'être loin des actualités génériques soit un problème en soi. Cependant je suis intéressée d'avoir vos arguments, car c'est une réflexion sur laquelle j'ai eu peu d'occasion d'échanger ces 20 dernières années.
Et ça ne veut pas dire non plus que je renie tous les medias, mais je les choisis surtout en fonction de mes centres d'intérêts. Comme ici ! Des medias dont les actualités sont susceptibles de réellement m'intéresser et me concerner...