• # Au bord du gouffre ? moins de 2% de parts de marché ? Quel lien ?

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien Firefox serait au bord du gouffre avec une part de marché qui baisse vers le seuil critique de 2%. Évalué à 8.

    Déjà le sujet m'interpelle : avoir moins de 2% de parts de marché et être au bord du gouffre sont deux choses décorrélées. On peut avoir des parts de marché conséquentes et être au bord du gouffre, et inversement. Les marché de niche, ça a toujours existé et c'est des pouillèmes de PDM. Mais ça veut dire "accepter d'être sur un marché de niche"

    L'article dit ceci :

    Firefox se rapproche ainsi dangereusement des 2 % de part de marché en dessous duquel certains sites Web gouvernementaux (américains et britanniques, par exemple) cessent de supporter un navigateur.

    Ce qui signifie effectivement que le seuil des 2% est critique ... aux États-Unis (et en Angleterre si je suis ce qui est dit dans l'article) mais quid du reste du monde ? Oui ok ça fait pas rêver, mais le principe des marchés de niche c'est ça justement : ne pas être partout.

    Mozilla est aujourd'hui en compétition avec Google et Apple ... n'est-ce pas juste qu'il faut accepter de perdre cette bataille et s'attaquer à une bataille qui serait adaptée aux moyens de la fondation ? (qui n'ont rien à voir avec les moyens de Google, il faut rester lucide)

    Une telle situation pourrait précipiter l'effondrement du navigateur.

    L'effondrement n'est pas lié aux 2% mais au modèle économique de la fondation qui est largement tributaire du financement qu'elle obtient ... de son principal concurrent.

    Le monde du logiciel libre n'aime pas l'idée de "faire de l'argent" mais la réalité c'est que l'argent c'est juste la représentation de la valeur que les gens donnent à ce que l'on fait et le moyen de transférer le fruit de son travail à une autre personne ou organisation.

    Trouver un modèle économique viable, c'est la base, qu'on soit une entreprise, une association, un individu (tu veux une belle maison, bah il faut en face le revenu qui permet d'avoir cette belle maison - ou alors faire des efforts sur ton temps libre pour réduire les coûts d'acquisition et d'entretien).

    Dans la communauté, le débat est très animé, la question étant de savoir comment Firefox en est arrivé à ce stade.

    La question n'est pas tellement de savoir comment on en est arrivé là - ou plutôt comment Firefox en est arrivé là mais où ça peut aller.

    La fondation appelle-t-elle à l'aide sa base d'utilisateurs convaincus ? Fait-elle le nécessaire pour que ces utilisateurs mettent la main à la pâte ?

    Comme dit par ailleurs : les utilisateurs cherchent d'abord des fonctionnalités. La protection des données en est une, la performance aussi ... mais aujourd'hui ça n'a pas l'air d'être les fonctionnalités les plus recherchées.

    Innover, c'est le principe pour rester dans la course. La fondation est largement capable d'innover - Rust vient de chez eux, il me semble. Mais aujourd'hui, je ne vois plus d'innovation dans Firefox.

    Je fais partie des utilisateurs convaincus et pourtant à chaque mise à jour Firefox ne met à ne plus fonctionner en attendant que je le redémarre. Ça me gonfle mais je suis pour le moment toujours convaincu. Mais je n'ai aucun argument pour dire à mon entourage de passer sur Firefox au lieu de Chrome ou Opéra. Le seul argument que j'ai, c'est "google c'est mal" ; mais un véritable argumentaire se base sur des aspects positifs, pas sur du négatif.

    L'article évoque un point intéressant à travers un commentaire obtenu durant l'étude de Wray :

    la seule chose qui arrête Firefox en ce moment, c'est Mozilla lui-même. C'est ridicule. Mozilla rapporte un demi-milliard de dollars par an. S'ils ne peuvent pas construire un navigateur Web largement utilisé pour cet argent, il y a quelque chose qui ne va pas

    Ça me semble lucide ...

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