• # On aime ce avec quoi on est matraqué

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal IA, fais-moi écouter ce que j'aime ?. Évalué à 10.

    Merci pour le partages de ressources intéressantes.

    Un des trucs qui me chagrine avec les algorithmes de recommandation de contenu, c'est que je suis pas sûr que ce pour quoi c'est optimisé soit aligné avec ce que j'attends d'eux. J'ai l'impression que s'il existait un algo de recommandation de bouffe, il me dirait "vous avez ingurgité 3 paquets de M&M's aujourd'hui, vous allez adorer bouffer des Chocobons maintenant" - certes il a pas complètement tort, mais est-ce bien ce que je veux vraiment qu'on me le recommande ? (variante: "vous avez fait 5 fix d'héroïne aujourd'hui, essayez le crack maintenant")

    L'idée de faire tourner localement ce type d'algorithme est excitante. En dehors des aspects "vie privée", on peut imaginer changer la fonction objectif pour se détourner des logiques marchande, consumériste, addictive, etc. Il reste bien sûr à définir comment calculer cette fonction objectif, vaste projet. Ceci dit, je ne suis pas convaincu par l'idée de baser mes recommandations musicales sur la similarité entre morceaux. On a tendance à "trouver bien" les trucs qu'on est habitué à entendre. C'est le principe du matraquage radiophonique des tubes, et ça marche beaucoup mieux sur nous qu'on aimerait, par orgueil, le croire. Sortir de sa zone de confort demande un effort, on aime rarement quelque chose d'inhabituel à la première écoute; mais c'est comme ça qu'on élargit ses horizons musicaux.

    J'ai pas de réponse ou de solution à mes divagations, mais je sais qu'au final, pour la recommandation de contenus culturels, je reste à distance des algorithmes, et j'ai l'impression que rien ne vaut la recommandation par des vraies gens qui suent et puent, dans la vraie vie ou sur les internets.